À Cornavin, un condensateur alerte sur la crise de l’eau

Réchauffement climatiqueLe manque d’eau coûte 500 milliards à la planète, prévient l’ONU qui réunit le Forum de l'eau à Brasilia cette semaine. A Genève l'ONG Water Inception attire l'attention du public depuis jeudi.

Le condensateur atmosphérique d’Aquaer en version 15'000 litres quotidiens.

Le condensateur atmosphérique d’Aquaer en version 15'000 litres quotidiens. Image: DR

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De la taille d’un climatiseur industriel, la machine sera exposée samedi dans la grande halle de la gare Cornavin par l’ONG Water Inception. «En ce 22 mars, Journée internationale de l’eau, cet appareil vient rappeler que des centaines de millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, et que beaucoup – en majorité des femmes – marchent en moyenne six heures par jour pour en ramener à leurs proches», explique Nhat Vuong, le Nyonnais à l’origine de cette initiative.

Son premier projet? L’installation dans un camp de réfugiés syriens établi au Liban, près de Tripoli, d’un condensateur à vapeur d’eau similaire, fabriqué par Aquaer, société de l’inventeur espagnol Enrique Veiga. Water Inception lance une campagne de financement participatif sur Internet, afin de tenter de réunir les 50 000 euros nécessaires à l’achat et l’installation de cette machine et des quatorze panneaux solaires qui l’alimentent.

«L’objectif est de fournir des solutions contre la crise de l’eau aux plus vulnérables – réfugiés ou victimes de séismes»

«Au-delà de cet effort de sensibilisation, l’objectif est de fournir des solutions contre la crise de l’eau aux populations qui sont les plus vulnérables – réfugiés ou victimes de séismes», explique celui qui est né dans un camp de boat people, avant d’atterrir en Suisse avec ses parents, à l’âge de 2 mois. «Ce condensateur, qui permet d’exploiter la faible humidité de l’air ambiant, reste l’un des équipements les plus autonomes, même si d’autres solutions, moins coûteuses – filtre, désalinisateur – sont mobilisables», détaille l’ONG, qui travaille également avec le fabricant saint-gallois Trunz Water Systems.

Lors de l’ouverture du Forum international de l’eau, qui se tient toute la semaine à Brasília, les Nations Unies ont dévoilé un rapport inquiétant selon lequel près de la moitié de l’humanité vit dans des zones où l’eau peut manquer une fois par an. Ce sommet se tient alors qu’une métropole comme Le Cap tente toujours de repousser la date du «day zero» – le jour où plus rien ne sortira des robinets, initialement annoncé pour mars – en imposant à ses habitants de se limiter à 50 litres par jour. Des restrictions drastiques qui permettent, pour l’instant, de retarder la catastrophe.

Il y a deux ans, le précédent Rapport mondial sur les ressources en eau évaluait à 500 milliards de dollars le coût économique de l’insécurité en matière d’approvisionnement. En prenant en compte les dégâts sur l’environnement, la facture pourrait atteindre 1% du PIB (produit intérieur brut) mondial.

Dans leur dernier bilan, les Nations Unies mettent l’accent, pour la gestion de l’eau, sur les solutions «basées sur la nature», de l’utilisation de toilettes sèches à la remise en état d’écosystèmes naturels. Un espoir: tout n’est pas une question d’argent en plus, mais de «réorientation et d’utilisation plus efficace des financements existants», environ 10 milliards de dollars devant être consacrés aux infrastructures des ressources en eau entre 2013 et 2030. (TDG)

Créé: 23.03.2018, 09h38

Le condensateur atmosphérique financé par Water Inception pour un camp de réfugiés, avec son fondateur, Nhat Vuong. (Image: DR)

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