Une pharma genevoise se développe sur ses acquis

SantéIntégrée dans le groupe zurichois Vifor, OM Pharma vend avec succès quatre médicaments créés entre 1959 et 1987.

Ses médicaments sont notamment destinés au traitement des infections urinaires ou de l’appareil respiratoire. (Photo d'illustration)

Ses médicaments sont notamment destinés au traitement des infections urinaires ou de l’appareil respiratoire. (Photo d'illustration) Image: Keystone

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Cette entreprise est nichée dans une des nombreuses zones industrielles de Meyrin. Depuis son rachat par le géant bernois Galenica, en 2009, OM Pharma fait aujourd’hui partie du groupe Vifor Pharma, l’entité pharmaceutique séparée du numéro un de la distribution de médicaments.


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Galenica et Vifor suivent désormais leur propre chemin. Quant à OM Pharma, elle a ouvert hier ses portes à la presse afin de présenter ses activités et divulguer quelques chiffres. A l’exemple de ses revenus, qui ont progressé de 21 millions de francs, à 170 millions, entre 2014 et 2016. Ses médicaments sont notamment destinés au traitement des infections urinaires ou de l’appareil respiratoire (lire ci-contre).

Cette marche de sénateur a été possible grâce à la vente de quatre médicaments commercialisés entre 1959 et 1987. Quatre. Pas un de plus. Et aucun des responsables de cette entreprise ne s’est hasardé hier à annoncer des investissements dans d’autres produits. «Plutôt que de porter l’accent sur la recherche de nouvelles molécules, nous avons décidé de nous concentrer sur la manière de mieux vendre nos propres médicaments», a résumé Christian Pasquali, chef de la recherche préclinique.

Le secret de cette recette? OM Pharma garde précieusement ses souches bactériennes développées il y a plusieurs dizaines d’années. Et le prix qu’un concurrent devrait payer pour mettre sur le marché des copies serait trop élevé pour qu’il espère rentabiliser rapidement ses investissements, a assuré Matthias Schenk, directeur du marketing. En d’autres termes, ce «coût d’entrée» protège OM Pharma de l’appétit d’éventuels rivaux.

En revanche, a souligné Matthias Schenk, «nous avons fait le choix stratégique de nous développer dans les marchés émergents». Sur 10 francs, OM Pharma en retire déjà 6 grâce aux ventes à des patients chinois, russes, indiens ou brésiliens. Mais la pénétration du marché chinois n’est pas aussi simple. «Nous avons dû investir dans une nouvelle ligne d’emballage afin de satisfaire les exigences des autorités chinoises», a indiqué Julien Storaï, directeur du site de Meyrin. Craignant les contrefaçons sur les médicaments, les Chinois ont envoyé aux Genevois des codes-barres très longs qui doivent ensuite être portés sur les boîtes de gélules.

La chaîne d’emballage est en soi un bijou technologique allant de la bactérie à la pilule en passant par la mise en alvéoles, les tests d’étanchéité, la découpe, l’ajout des notices dans les boîtes ainsi que l’étiquetage final.

Mais ce qui fait la fierté des dirigeants d’OM Pharma, c’est la nouvelle unité de lyophilisation, qui fonctionne depuis 2015 et sera finalisée l’an prochain pour obéir aux nouvelles réglementations, très sévères dans l’industrie pharmaceutique. Dans cette salle sensible, tout est sous contrôle, de l’extraction à la filtration, de la fermentation jusqu’à la purification des molécules. (TDG)

Créé: 01.11.2017, 20h56

130 millions de capsules

Eclaté sur huit bâtiments, OM Pharma est une grosse machine à produire des pilules. L’usine fabrique chaque an 100 millions de capsules d’un médicament luttant contre les infections respiratoires, et 30 millions de gélules d’un autre destiné à contrer les effets de certaines infections urinaires.

Un programme d’investissement de 70 millions de francs a été mis en place entre 2012 et 2016, et un nouveau plan «de plusieurs dizaines de millions de francs» est prévu jusqu’en 2020.

OM Pharma veut en particulier augmenter ses capacités de fermentation, et réorganiser ses laboratoires d’analyse. Nonante-huit femmes (dont 40% de managers) et 104 hommes travaillent sur le site. OM Pharma fait partie du groupe zurichois Vifor Pharma, coté en Bourse. Vifor emploie 2500 personnes, a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 1,167 milliard de francs et investi 117 millions de francs dans la recherche. En Suisse, Vifor est présent dans la recherche ou la production à Saint-Gall, à Zurich, à Bâle-Campagne et à Fribourg.

Vifor, fondée en 1944 par le pharmacien René Grosclaude, a exploité pendant 40 ans une usine à Genève. La compagnie a ensuite été vendue, et fermée.

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