Un «œil» suisse va détecter les déchets de l’espace

EspaceLa caméra et le laser «lidar» lancés lundi avec un satellite chasseur de débris ont été conçus au CSEM de Neuchâtel.

C’est à bord de ce satellite chasseur de déchets qu’opérera le système de vision du CSEM.

C’est à bord de ce satellite chasseur de déchets qu’opérera le système de vision du CSEM. Image: DR

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Du lanceur de fusée aux minuscules écailles de peinture, il y aurait environ 170 millions de déchets spatiaux en orbite. Selon Ben Green, responsable du Australia’s Space Environnement Research, qui s’exprimait lors de la conférence de Canberra (Australie) en juin 2017, «trois ou quatre satellites sont perdus chaque année suite à une collision avec ces débris». Leur élimination devient une nécessité, et bientôt un business à part entière.

«Bombe à retardement»

Le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) de Neuchâtel s’associe à RemoveDEBRIS, un projet européen de nettoyage lancé dans le cadre du programme FP7, qui rassemble en tout dix partenaires. Le CSEM a mis au point un LIDAR (système laser) permettant d’obtenir des images 3D, ainsi qu’une caméra couleur. Un système de vision développé en partenariat avec Airbus et l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA). La problématique des déchets «représente une bombe à retardement, que la chute du «Palais céleste» (la station spatiale chinoise, ndlr) vient de mettre en évidence», souligne le CSEM.

Le système a pris place à bord du satellite chasseur de débris lancé par SpaceX depuis Cap Canaveral ce lundi. «Il est actuellement en orbite et doit rejoindre la Station spatiale internationale mercredi dans la matinée», précise Alexandre Pollini, responsable du projet au CSEM. Il ne sera pas tout de suite en fonction. Dans un mois, l’équipe de l’ISS le déploiera dans le vide, pour une série de tests et de simulations qui dureront jusqu’à la fin de l’année. Le satellite va générer ses propres débris, en fait de minisatellites équipés de GPS, et tentera de les repérer et de les récupérer», explique-t-il.

Le système de vision du CSEM associera images, optique et laser afin d’obtenir la meilleure image, et la distance de l’objet. Il est capable de détecter des déchets de quelques cm à plusieurs mètres, sur une distance de quelques dizaines de mètres.

Se placer sur le marché

«Pour le CSEM, il est très important d’avoir cette expertise lors d’un vol réel, dans l’espace», poursuit Alexandre Pollini. Dans ce domaine les compétiteurs sont nombreux, et il s’agit de s’imposer dans un marché en pleine expansion. Et pas seulement en ce qui concerne les déchets. Les programmes spatiaux en cours nécessitent des instruments d’optiques de plus en plus précis. «L’ESA veut un village sur la lune dans quelques dizaines d’années, et cela va demander des vols préparatoires avec des alunissages proches les uns des autres, précise-t-il. Notre technique permet ces missions, mais aussi des rendez-vous dans l’espace, notamment pour ravitailler des satellites en carburant ou effectuer des changements de pièces».

Le nom du CSEM est associé de longue date à l’aventre spatiale. e la mission Hipparcos en 1989 à RemoveDEBRIS, le centre a collaboré à une dizaine de projets, dont celui de la célèbre sonde Rosetta. Il sera également sollicité pour la mission Exomars 2020. (TDG)

Créé: 04.04.2018, 08h00

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