Tsipras met la pression sur l'Eurogroupe

Crise de la detteL'inquiétude monte en Grèce et en Europe sur le risque d'un nouveau déraillement économique si un accord n'est pas trouvé.

Alexis Tsipras et le président du Conseil européen, Donald Tusk, en visite à Athènes.

Alexis Tsipras et le président du Conseil européen, Donald Tusk, en visite à Athènes. Image: Keystone

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Le premier ministre grec Alexis Tsipras a fait monter la pression mercredi pour qu'un accord entre Athènes et ses créanciers, qui tarde, puisse être atteint lors de la réunion vendredi des ministres des Finances de la zone euro.

«S'il n'y a pas de fumée blanche vendredi, j'ai demandé à Donald Tusk que des initiatives soient prises pour convoquer un sommet des pays membres de la zone euro», a lancé Alexis Tsipras, qui venait de s'entretenir avec le président du Conseil européen, Donald Tusk, en visite à Athènes.

Celui ci s'est refusé à «spéculer» sur un éventuel scénario d'échec, alors que l'inquiétude monte en Grèce et en Europe sur le risque d'un nouveau déraillement économique grec si l'accord entre Athènes, la zone euro et le FMI, se faisait encore attendre.

«Ce que je veux faire, c'est soutenir nos collègues et arriver à un accord vendredi», a déclaré le dirigeant européen.

«Nous sommes très près» d'un règlement, «les ministres des Finances doivent faire leur travail, c'est le seul résultat positif pour la Grèce et toute la communauté» européenne, a-t-il insisté.

Une téléconférence des ministres de la zone euro est prévue dans la soirée de mercredi pour tenter de dégager la voie avant le rendez-vous de Malte, vendredi.

«Le jeu doit finir»

Censées être bouclées depuis décembre dernier, comme l'a rappelé Alexis Tsipras, ces négociations visent à maintenir le pays surendetté sous perfusion d'ici août 2018, et préparer son retour sur les marchés à cette date.

Mais alors qu'un accord semblait à portée de main fin mars pour être avalisé à Malte, les négociations ont à nouveau buté.

Pour la énième fois, Athènes a mis en cause des «demandes aberrantes» du FMI pour d'importantes coupes dans les retraites en 2019, année électorale en Grèce, coupes qui seraient les quatorzièmes depuis 2010.

«Il y a toujours de nouvelles demandes (...), ce jeu doit finir», a lancé Alexis Tsipras.

Largement distancé dans les sondages par l'opposition de droite, et mis sous pression par son aile gauche, le gouvernement grec juge ces exigences d'autant moins tolérables que le pays a dépassé en 2015 et 2016 les objectifs d'assainissement budgétaire qui lui avaient été imposés.

«En 2016, nous avons eu un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 3,5% du PIB, c'est-à-dire l'objectif prévu pour 2018», a souligné le Premier ministre grec, l'annonce officielle de cette donnée devant être faite le 21 avril.

A l'approche de l'échéance de l'Eurogroupe, le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos s'est rendu à Bruxelles pour tenter mardi de faire bouger les lignes.

«Bons progrès» ou «blocage»?

Ses entretiens avec les créanciers ont débouché sur «de bons progrès», a tweeté tard dans la nuit le chef de file de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, annonçant la poursuite des pourparlers mercredi.

Une source européenne proche des négociations a toutefois exprimé son pessimisme à l'AFP: «ca bloque de partout (...) c'est très inquiétant», a-t-elle affirmé.

«Sur le fond, nous avons besoin d'avancées», «les retards ne sont pas bons pour le redressement de l'économie», a pour sa part relevé à Berlin Friederike von Tiesenhausen, porte-parole du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

A l'approche des élections législatives allemandes de fin 2017, Berlin campe jusque-là sur sa rigueur envers la Grèce et la nécessité que le FMI continue à participer à sa sortie de crise. Mais il rejette dans l'immédiat l'allègement substantiel de la dette grecque que le Fonds réclame, compliquant d'autant l'issue des négociations.

La directrice du FMI, Christine Lagarde, a récemment confirmé son désaccord avec Wolfgang Schäuble en la matière, tout en soulignant la nécessité pour Athènes de procéder à de nouvelles «réformes».

Indépendamment du résultat de l'Eurogroupe, Alexis Tsipras avait rappelé dimanche qu'Athènes ne donnerait son aval final à un accord, qui doit se traduire pour les Grecs par de nouvelles hausses d'impôts et baisses de retraite, qu'en échange de «mesures substantielles» sur la dette. (afp/nxp)

Créé: 05.04.2017, 16h19

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