Mobilisation autour des loyers d'avril pour les indépendants

ImmobilierLe fonds Bonhôte Immobilier suspend les loyers commerciaux du mois d'avril. L'USPI salue le geste. L'Asloca plaide pour leur suppression.

Immeuble du fonds Bonhôte-Immobilier comportant des surfaces commerciales,route de Meyrin à Genève.

Immeuble du fonds Bonhôte-Immobilier comportant des surfaces commerciales,route de Meyrin à Genève.

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Pour des milliers de commerces indépendants, il s'agit de parer au plus pressé, et la facture du loyer figure en haut de la pile. Pour leur donner de l'air, le fonds Bonhôte-Immobilier a annoncé lundi la suspension des loyers du mois d'avril à ses locataires d'activités commerciales indépendantes.

Bonhôte possède quelque 2500 logements sur l'ensemble de la Suisse romande, dont 210 locaux commerciaux. «Cette mesure concerne une centaine d'entre eux», précise le responsable de la communication Cyril Lanfranchi. Il est également demandé aux régies de n'effectuer aucune mise en demeure, jusqu'à nouvel avis. Concrètement, cette décision cible les commerces indépendants tels que salons de coiffure, centres de fitness, magasins de chaussure, etc. "Elle ne s'applique pas à d'autres locataires comme les commerces de détail du type Migros ou Coop, évidemment", souligne Cyril Lanfranchi.

Différences entre propriétaires

«Nous saluons cette initiative, tout en rappelant que tous les propriétaires ne peuvent pas se montrer aussi arrangeants, raison pour laquelle nous n'avons pas donné de consigne à nos membres», réagit Philippe Nantermod, président de l'Union suisse des professionnels de l'immobilier (USPI). Le conseiller national (PLR/VS) précise que «c’est magnifique quand ceux qui peuvent se le permettre financièrement aident les indépendants, comme on l'a vu avec la Ville de Lausanne, les Soeurs de Saint-Augustin à Saint-Maurice ou Léonard Gianadda à Martigny, mais il ne faut pas oublier que les propriétaires ont aussi leurs charges à payer».

Remboursement selon les cas

La suspension du loyer ne signifie pas sa suppression. Concernant le remboursement, le fonds Bonhôte-Immobilier est ouvert à toute solution, détaille Cyril Lanfranchi: «Nous aurons des discussions bilatérales avec chacun d'entre eux, et nous verrons de cas en cas s'il faut échelonner ce loyer, ou opter pour l'abandon pur et simple. Tout dépendra aussi des aides qu'ils auront obtenues du canton et de la Confédération.»

Abandon des poursuites

L'Asloca (Association de défense des locataires) juge que les initiatives comme celle du fonds Bonhôte-Immobilier vont dans le bon sens, mais il est nécessaire d'aller plus loin. D'une part, il faut libérer les locataires qui ont du fermer leur commerce par décision du Conseil fédéral, et d'autre part exiger une suspension de loyer pour toutes les surfaces commerciales, y compris celles qui ne sont pas obligées de fermer. Elle exige par ailleurs de «faire sauter le mécanisme de mise en demeure, avec résiliation du bail à la clef, et ce jusqu'à douze mois après la fin des mesures de lutte contre le coronavirus», précise son président Carlo Sommaruga.

Pour une réduction de 100%

Quant aux entreprises qui ont du baisser le rideau suite à l'ordonnance du Conseil fédéral, elles devraient pouvoir bénéficier d'une réduction de 100% du loyer. «Cela relève du droit de réduction du loyer, lorsqu'il y a défaut de la chose, explique Carlo Sommaruga, président de l'Asloca. En temps normal, hors pandémie, cela peut être un chantier qui empêche l'explitation d'un commerce. Dans le cas qui nous occupe, le défaut en question c'est l'obligation de fermeture imposée par Berne». L'Asloca rencontrera ce mardi le Conseil fédéral et des représentants de l'immobilier pour soumettre cette proposition.

Gare à l'effet domino

Secrétaire général de l'USPI Suisse, Frédéric Dovat met toutefois en garde: «De cas en cas, en fonction de la situation, le propriétaire peut accorder, selon ses propres possibilités, un échelonnement du délai de paiement du loyer, voire une remise partielle, mais il faut éviter l'effet domino car il a aussi des charges à payer. La dette hypothécaire de la Suisse est déjà de 1000 milliards de francs, et si les propriétaires ne peuvent à leur tour plus faire face à leurs obligations, cela va aggraver la crise économique.» L'USPI a d'ailleurs lancé un appel à la Confédération afin qu'elle dégage des fonds supplémentaires pour aider les entreprises à régler leur loyer. «Et il faut mener le même raisonnement pour les entrepreneurs qui sont propriétaires de leurs murs, et dont la fermeture du commerce les empêche de payer leurs charges hypothécaires».

Créé: 23.03.2020, 18h53

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