Les démocrates favorisent plus l’économie que les républicains

EtudeLes milieux économiques font souvent plus confiance dans le parti de Donald Trump que dans celui d’Hillary Clinton. A tort?

Présidés par le démocrate Bill Clinton, les Etats-Unis ont réussi une croissance de 5,2% du PIB en l'an 2000, l'une des plus forte sur un an  au cours de ces vingt dernières années.

Présidés par le démocrate Bill Clinton, les Etats-Unis ont réussi une croissance de 5,2% du PIB en l'an 2000, l'une des plus forte sur un an au cours de ces vingt dernières années. Image: Keystone

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«L’industrie de la finance s’est historiquement toujours mieux portée avec les administrations républicaines, car celles-ci sont plus clémentes en matière de réglementation», nous confiait Maximilian Kunkel, stratège en placement à la Recherche d’UBS, au lendemain de l’élection du républicain Donald Trump en qualité de 45e président des Etats-Unis. Tout au long de la campagne, précédant cette victoire si surprenante de l’homme d’affaires new-yorkais, le personnel des filiales américaines de grands groupes helvétiques soutenait en outre nettement plus les républicains que les démocrates. Il ne s’agirait pourtant pas du choix le plus pragmatique.

Une étude de deux experts de l’Université de Princeton, Mark W. Watson et Alan S. Blinder, démontre en effet que les présidences démocrates ont beaucoup plus favorisé la croissance de l’économie américaine que les républicaines. Leur recherche, publiée en avril dans l’«American Economic Review» porte sur une période commençant avec les deux mandats de Harry S. Truman, de 1945 à 1953, et se terminant maintenant avec la fin du second mandat de Barack Obama.

Au cours de ces plus de septante années, la progression annuelle moyenne du produit intérieur brut «US», s’élevait à 2,54% avec un président républicain, contre 4,33% en présence d’un démocrate à la Maison-Blanche. Cela signifie qu’en moyenne la création de valeur a crû de 10,6% au cours d’un mandat républicain et de 18,5% après quatre années «démocrates». De tels résultats développeraient évidemment leurs effets réjouissants sur l’emploi, l’évolution des salaires réels, la productivité et les marchés actions.

Différences imprévues

Dans ses commentaires sur le travail de Mark W. Watson et Alan S. Blinder, Helmut Dietl, professeur à l’Université de Zürich cité sur le site d’information financière cash.ch, insiste sur un point crucial: «Les différences de taux de croissance au cours des présidences républicaines et démocrates ne sont pas dues à de meilleures conditions de départ ou une progression de la confiance générale. Ces différences ne sont pas non plus prévues. Elles apparaissent beaucoup plus de façon inattendue.»

Autre élément susceptible d’encourager la modestie des plus grands experts et de nombreux politiciens: les succès économiques constatés au cours de présidences démocrates peuvent rarement être associés à des politiques fiscales plus clémentes. Les politiques fiscales et monétaires des présidents républicains restent, et cela donne au moins en partie raison aux milieux financiers et aux grands patrons, beaucoup plus inspirées par des soucis de croissance économique que celles de leurs homologues démocrates.

Ambition de Donald Trump

Des spécialistes mentionnent quoi qu’il en soit des avantages conjoncturels dont des présidents démocrates ont pu profiter: des cours du pétrole plus avantageux (à une époque où les Etats-Unis produisaient beaucoup moins d’or noir qu’aujourd’hui), de fortes hausses de productivité du fait de changements technologiques déterminants, des accélérations dans l’augmentation des dépenses militaires et des regains de croissance dans l’économie européenne. Cette simultanéité relativement fréquente, entre des cycles conjoncturels favorables et des présidences démocrates, a évidemment stimulé les investissements d’entreprises et la consommation des ménages au cours des années de présence démocrate à la Maison-Blanche.

Rappelons en conclusion que Donald Trump a promis d’atteindre une croissance de 4% du PIB états-unien en un an. (TDG)

Créé: 14.11.2016, 12h20

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