Les aléas de la météo ont contribué à plomber les ventes d’habits

Les dérèglements climatiques jouent un rôle sur la santé du commerce de détail. Pas toujours en positif.

Alors qu'en mars le froid glacial nuisait aux ventes des premières collections estivales, la douceur inhabituelle des températures en automne plombait définitivement l'exercice 2018 des vendeurs de textile.

Alors qu'en mars le froid glacial nuisait aux ventes des premières collections estivales, la douceur inhabituelle des températures en automne plombait définitivement l'exercice 2018 des vendeurs de textile. Image: Keystone

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L’année dernière, de nombreux commerçants ont dû maudire le ciel à de multiples reprises. Ceux de la branche textile principalement, étant donné qu’en mars le froid glacial nuisait aux ventes des premières collections estivales. Puis à l’automne – seconde période essentielle de l’année – la douceur inhabituelle des températures impactait les ventes des habits d’hiver et plombait définitivement leur exercice 2018.

«La météo n’a pas aidé, il n’a pas fait assez froid et les clients ont attendu les soldes pour faire leurs achats», confirmait à l’AWP Filippo Botticini, président de l’Association vaudoise des détaillants textiles. Résultat, selon une étude de Credit Suisse, la branche a bouclé l’année sur une baisse marquée de 8,8% en comparaison annuelle.

Naturellement, le facteur «météo» n’est pas le seul à avoir une influence sur les comportements des consommateurs. Face à la croissance continue des ventes en ligne ainsi qu’à celle du tourisme d’achats, il est même secondaire.

«Météo-sensible»

Mais dans une période déjà incertaine, ce facteur représente une contrainte supplémentaire, et cela d’autant plus au vu de la multiplication des dérèglements climatiques. D’après de nombreuses études réalisées au cours des dernières années, il apparaît en effet que 70% à 80% de l’activité économique humaine seraient «météo-sensibles».

Cette sensibilité débouche toutefois aussi sur des aspects positifs. En 2018, le printemps ensoleillé et la canicule estivale ont bénéficié aux segments des loisirs et du bricolage. Leurs performances n’ont malheureusement pas permis de sauver l’année pour l’ensemble du commerce de détail non alimentaire. Malgré une situation conjoncturelle favorable et des ventes de Noël jugées vigoureuses par plusieurs enseignes telles que Manor, ce dernier a vu ses revenus se rétracter de 0,8% en comparaison annuelle.

L’alimentaire se porte bien

Dans le domaine alimentaire à l’inverse, les ventes se sont une nouvelle fois bien portées en 2018. Les résultats présentés récemment par la Coop l’ont démontré. Pour la première fois, le distributeur suisse a dépassé les 30 milliards de revenus (en hausse de 5%).

À l’échelle de toute la branche alimentaire, Credit Suisse estime sa croissance à 1,5%. En faisant la balance entre l’alimentaire et le non alimentaire, on débouche finalement sur une évolution stable des ventes pour le commerce de détail en Suisse.

En termes d’emplois par contre, «la chute se poursuit et s’accélère même» selon Sara Carnazzi-Weber, responsable de l’Analyse sectorielle et régionale chez Credit Suisse. En dix ans, quelque 16 000 postes ont été effacés par les enseignes. Une hémorragie qui devrait se poursuivre en 2019 au vu des perspectives mitigées. Martin Neff, chef économiste chez Raiffeisen Suisse, estimait mardi que la consommation privée réelle ne devrait pas augmenter de plus de 0,9%.

Chez Credit Suisse, les prévisions sont moins optimistes, puisque les experts de la banque s’attendent à «une impulsion en 2019 très similaire à l’année précédente». Ces derniers se préparent donc à une croissance des ventes de seulement 0,4% pour l’ensemble du commerce de détail helvétique. (TDG)

Créé: 09.01.2019, 10h00

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