Le risque immobilier inquiète peu Raiffeisen

EconomieUBS estime que Genève sort de la zone exposée au risque de bulle. Lausanne paraît en revanche très menacée.

Avec une hausse de 18,4% par rapport à la même période un an plus tôt, le bénéfice net du groupe bancaire saint-gallois de coopératives a atteint 434 millions de francs.

Avec une hausse de 18,4% par rapport à la même période un an plus tôt, le bénéfice net du groupe bancaire saint-gallois de coopératives a atteint 434 millions de francs. Image: Keystone

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Raiffeisen vient de boucler un excellent premier semestre, en réussissant un succès historique. Avec une hausse de 18,4% par rapport à la même période un an plus tôt, le bénéfice net du groupe bancaire saint-gallois de coopératives a atteint 434 millions de francs. La troisième banque du pays dépasse ainsi la barre des 400 millions pour la première fois de son histoire.

Le président du directoire, Patrik Gisel, se félicite en outre d’une hausse des revenus dépassant celle des dépenses sur tous les fronts: «La croissance s’est avérée dynamique aussi bien pour les opérations hypothécaires que pour les opérations de dépôt de la clientèle.»

Ces commentaires et quelques chiffres attestent, il est vrai, une tendance forte: le risque immobilier inquiète peu Raiffeisen. La société dépasse ainsi légèrement la moyenne du marché avec une augmentation de 2% de ses créances hypothécaires au premier semestre. Du coup, leur volume s’élève à près des trois quarts de la somme du bilan.

Fierté et prise de risques

Patrik Gisel précise: «Nous sommes fiers que la hausse des volumes de nos opérations hypothécaires ne se soit pas réalisée au moyen de prises de risques accrues.» A titre de comparaison, Blaise Goetschin, le président de la direction générale de la Banque Cantonale de Genève, abordait le même sujet la semaine dernière, mais en des termes fort différents: «Notre banque a pris soin de modérer son exposition au risque immobilier: la part des hypothèques n’excède pas la moitié de la somme du bilan au terme du premier semestre.»

La Banque Cantonale Vaudoise (BCV) indiquera jeudi l’évolution de cette donnée dans ses propres comptes. Une chose est sûre: les experts d’UBS observent une évolution très contrastée du risque immobilier entre les diverses régions de la Suisse et même de fortes variations dans l’arc lémanique (voir infographie).

Ils y constatent ainsi des évolutions radicalement divergentes des risques de bulle entre l’est et l’ouest au deuxième trimestre par rapport au précédent. Genève et Nyon sortent ainsi de la zone de danger, tandis que Lausanne et la Riviera demeurent très exposées.

Baisse des loyers

Ces tendances retiennent certes avant tout l’attention des propriétaires et des investisseurs. Mais les spécialistes de la première banque helvétique livrent simultanément d’excellentes nouvelles pour les locataires (soit environ 80% des ménages à Genève et près de 70% dans le canton de Vaud).

Les experts d’UBS affirment ainsi que les loyers pour les nouvelles locations et relocations s’avèrent dorénavant inférieurs à leur niveau du début de 2014: «Nous nous attendons encore à une activité de construction excédentaire d’environ 50 000 logements. Les loyers devraient donc continuer à baisser.»

Le président de l’Asloca (Association suisse des locataires), Carlo Sommaruga, garde cependant un avis nuancé sur la portée des informations livrées par UBS: «Les loyers sont effectivement en baisse. Celle-ci se concentre toutefois dans les loyers les plus élevés, malheureusement sans toucher ceux des appartements dont la majorité de la population a besoin.»

Dans cette situation, l’avocat genevois encourage les locataires à favoriser eux-mêmes une persistance et une extension de la tendance: «Les hausses de loyer les plus fortes se produisent lors de la conclusion de baux. En contestant les loyers initiaux, les locataires contribuent dès lors davantage à une baisse générale des loyers que les effets d’un contexte conjoncturel. En ce sens, le recul des taux hypothécaires justifie aussi des demandes de baisse de loyer auprès des bailleurs.» Même les locataires devraient donc passer à l’action sur le marché immobilier.

(TDG)

Créé: 16.08.2017, 20h46

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