Le nombre de microbrasseries continue d'exploser en Suisse

BoissonLe nombre de producteurs de bières poursuit sa forte progression en Suisse, passant de 734 à 833 en une année.

La Suisse compte plus de 4000 variétés de bières indigènes (photo d'illustration).

La Suisse compte plus de 4000 variétés de bières indigènes (photo d'illustration). Image: Philippe Maeder (archives)

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Avec plus de 4000 variétés de bières indigènes, la Suisse fait face depuis plusieurs années à un essor phénoménal de ce marché. «La diversité de l’offre ne cesse de s’accroître dans le sillage du boom des brasseries», confirmait mardi l’Association suisse des brasseries. Au vu des statistiques réalisées par l’Administration fédérale des douanes, cette tendance s’est poursuivie au cours de 2017, puisqu’une petite centaine de brasseries s’est rajoutée aux 734 acteurs comptabilisés à la fin du mois de septembre 2016. Résultat: la Suisse est le pays qui présente la plus forte densité de brasseries du monde (par rapport à sa population).

Cette diversification, tant sur le plan amateur que professionnel de l’offre, a toutefois un poids relativement limité sur la branche. L’association aboutit en effet à la conclusion que le marché reste actuellement dominé par quelques géants. En tout, 49 brasseries produisent 99,2% des bières consommées en Suisse.

Consommation en baisse

Une consommation qui a d’ailleurs légèrement décliné en 2017, puisque le marché s’est contracté de 0,2% en comparaison annuelle, et cela malgré un mois de juin très chaud. «Dans un marché de la bière suisse globalement plutôt stable, le mois de juin a été le facteur déterminant qui a permis de compenser les ventes plutôt poussives du premier trimestre», explique l’association. À noter que ce sont les bières étrangères qui ont connu un gros coup de frein et non les locales, qui, elles, poursuivent leur route dans le vert avec des ventes en hausse de 0,9%.

Au vu de l’explosion de l’offre se pose aujourd’hui une simple question: le marché arrive-t-il à saturation? Pour Xavier Righetti, patron de la microbrasserie genevoise l’Apaisée (de 1000 à 1500 litres par mois), il y aurait encore de la place pour d’autres acteurs. «Beaucoup de Suisses doivent encore être initiés à la bière artisanale. Dans ce domaine, nous avons vingt ans de retard sur les États-Unis. Sans être totalement similaire, cette situation peut servir de boule de cristal pour se projeter dans l’avenir», estime l’entrepreneur.

Du côté vaudois, Arthur Viaud, cofondateur de la Nébuleuse, à Lausanne, estime pour sa part que le nombre de brasseries qui se créent actuellement tend à provoquer une pression sur les prix à la baisse. «Cette multitude d’acteurs a au moins l’avantage de permettre aux consommateurs de découvrir le monde fascinant des microbrasseries», assure-t-il.

Essor de Docteur Gab’s

Chez la lausannoise Docteur Gab’s, le constat est proche. «Il faut surtout relativiser le poids de la concurrence actuelle, puisque la plupart des brasseries produisent un volume annuel très faible de bière», explique son directeur de la production et de la communication, Reto Engler. Pour lui, la concurrence devrait encore s’accroître quelques années avant de finir par baisser d’ici à cinq ans.

La brasserie vaudoise – dont l’essor au cours des cinq dernières années s’est avéré considérable (passage de 1500 litres en 2012 à 7000 hectolitres en 2017) – s’apprête d’ailleurs à franchir une nouvelle étape en 2018. Malgré une surface de production quadruplée en cinq ans, les murs des halles de La Claie-aux-Moines (VD) sont aujourd’hui trop étroits pour l’entreprise.

L’année prochaine, la brasserie déménagera donc à Puidoux. «À l’aide d’installations neuves, nous aurons plus de surface pour continuer d’agrandir notre production», précise Reto Engler. Sans en donner le montant précis, le directeur confirme qu’il s’agit d’un gros investissement pour Docteur Gab’s et donc d’une étape clé pour l’avenir de l’entreprise lausannoise.

(TDG)

Créé: 21.11.2017, 11h30

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