Le marché des ordures est trop complexe

SuissePlus de 135 entreprises s’occupent des déchets des ménages et des entreprises. Mais la Suisse a pris du retard, critique un acteur important du marché.

Image: Keystone

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En Suisse, le marché des ordures est juteux: il se monte en effet à 2,7 milliards de francs, pour un volume de 9,8 millions de tonnes par an. Et plus de 135 entreprises s'occupent des déchets ménagers et de ceux des entreprises, sous l'égide de l'Office fédéral de l'environnement, indiquent mercredi La Liberté, et le Journal du Jura. Qui comparent avec la situation en France, où trois entreprises se partagent le 90% du marché.

En Suisse, ce marché devrait se stabiliser et croître légèrement ces cinq prochaines années, estime Vincent Chapel, directeur général de la société Helvetia Environnement, le seul généraliste suisse actif au niveau national et qui représente 4% du marché.

Stratégie énergétique bienvenue

Un marché qui pourrait devenir encore plus alléchant, selon lui, grâce à la Stratégie énergétique 2050 acceptée par le peuple en mai dernier, et qui implique la sortie progressive du nucléaire. «On sait qu’il va falloir trouver des alternatives. Et certaines énergies renouvelables dépendent des déchets, comme le biogaz. Le prix de ces matières premières pourrait augmenter», indique le responsable. «De nouveaux modèles d’affaires vont surgir, comme celui qui consiste à développer du biocarburant 100% local.»

Hic: la complexité du marché suisse bride sa croissance. Vincent Chapel est en effet très critique vis-à-vis de la politique fédérale de gestion des déchets. Selon lui, la Suisse prend un retard «colossal» par rapport à ses voisins européens. On a été des pionniers dans les années 1990, avec des décisions fortes comme l’interdiction de la mise en décharge, la mise en place du tri sélectif à la source et l’installation d’incinérateurs performants. Mais depuis, plus rien, précise-t-il.

De la folie en termes de coûts

Pour lui, la nouvelle ordonnance sur les déchets qui donne aux communes le monopole sur les déchets ménagers des PME jusqu'à 250 personnes, est invraisemblable. «C’est de la folie en termes de coûts, puisqu’on attribue la responsabilité de la collecte aux communes qui ont des moyens financiers limités, alors que la collecte des déchets de production et les valorisables (verre, PET, papier) reste du ressort privé. Ce qui signifie deux collectes!»

Selon le responsable, l'avenir appartient au secteur privé qui va améliorer le tri et la valorisation des déchets. Des pistes restent à découvrir, que seules les entreprises privées ont la capacité financière, organisationnelle et humaine pour explorer, estime-t-il.

(nxp)

Créé: 16.08.2017, 11h34

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