La revanche du salarié ou du robot?

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Depuis une trentaine d’années, dans un monde qui s’est de plus en plus ouvert à la globalisation des échanges, suite à la chute du communisme entre autres, les différences salariales entre les pays occidentaux et les zones émergentes ont conduit à un phénomène massif de délocalisation de la production, exerçant de fait une pression constante et permanente sur la rémunération du travail.

Alors que le monde et l’Europe en particulier sortent péniblement d’une longue période de chômage structurel, il pourrait paraître prématuré de parler d’un retour d’une revalorisation du facteur travail, et pourtant. Nous remarquons, en tant qu’observateur du monde économique, un certain nombre d’indices mettant en évidence que les choses sont en train d’évoluer. De plus en plus d’entreprises se plaignent de manquer de spécialistes et peinent à recruter. La France, qui compte officiellement 2,7 millions de chômeurs, compte des centaines de milliers de postes ouverts qui ne trouvent pas preneur.

En Suisse, une étude du Credit Suisse, parue durant l’été 2017, a mis en évidence qu’une entreprise sur deux éprouve des difficultés à recruter. Ces exemples, de moins en moins anecdotiques, vont avoir pour conséquence, dans un premier temps, de peser sur la reprise économique et, dans un deuxième, d’amorcer la fameuse spirale coûts/salaires que nos économies occidentales n’ont plus connue depuis les années 70. Il faut garder à l’esprit que la prochaine phase d’inflation structurelle pourrait venir de là. Le phénomène que nous avons décrit précédemment va être exacerbé par la démographie. En effet, nous sommes entrés dans la phase où les baby-boomers vont quitter le monde du travail et prendre leur retraite.

En Europe, ce ne sont pas moins de dizaines de millions de personnes qu’il faudra remplacer relativement rapidement. Ce bouleversement démographique s’accompagne simultanément de l’arrivée massive des robots qui vont non plus uniquement concerner la production de biens manufacturés mais également envahir les entreprises de services avec l’irruption de l’intelligence artificielle. Faut-il en avoir peur? Les robots vont-ils supprimer des millions de postes comme beaucoup de prévisionnistes nous l’annoncent?

Dans un monde confronté à la disruption technologique et à un choc démographique sans précédent, particulièrement en Europe, nous considérons que l’arrivée des robots est une chance. L’économie assistée par les robots va permettre d’améliorer le confort au travail et la productivité comme l’a été l’informatique, internet et le boom des télécommunications. Dans le domaine médical, la puissance de travail des algorithmes permettra d’affiner le diagnostic des médecins; les robots humanoïdes permettront de soulager le personnel hospitalier des travaux répétitifs et de force pour se concentrer sur les soins aux patients. La population active mondiale occupant un poste de standardiste téléphonique serait aujourd’hui incapable de connecter le monde entier. Qui regrette cette époque?

En conclusion, c’est le salarié qualifié qui sera le grand gagnant, ces prochaines années, de la mutation technologique et du choc démographique en cours, c’est une bonne nouvelle pour la génération montante. (TDG)

Créé: 08.11.2018, 10h57


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