L’horlogerie veut séduire la génération digitale

Montres L’avenir de la haute horlogerie passe par les nouvelles technologies. C’est le message délivré au LAB, nouveauté du SIHH.

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C’est un espace cool. On peut même y faire un peu de taï-chi avec l’un des deux robots Pepper qui gèrent l’accueil, c’est dire. Le LAB, nouvel espace proposé par le Salon international de la haute horlogerie (SIHH), lance des passerelles entre les honorables maisons et la technologie. Les exportations (+7,1% de janvier à novembre) connaissent une croissance mesurée, mais la Chine repart. Et la Chine, plus que toute autre région peut-être, ce sont les millennials. Des digitaux. Qui nécessitent un nouveau langage et une nouvelle philosophie. D’où le LAB, où l’on vous fournit des explications revêtu d’une blouse blanche de savant.

Changer l’état d’esprit

Au-delà des collaborations concrètes, il s’agit aussi de «décloisonner les esprits», explique une employée de la Fondation de la haute horlogerie, préposée à la démonstration de la machine à tricoter japonaise Shina Seika, capable de vous mitonner en un temps record un gant, une cravate ou une robe d’un seul tenant, sans coutures. Le rapport avec les montres? «Aucun, rétorque-t-elle, hilare. Ce que veut montrer cet espace, c’est que la haute horlogerie ne doit pas craindre d’aller puiser ailleurs, dans des domaines qui n’ont peut-être, a priori, rien à voir avec son essence propre.» Un peu plus loin, d’improbables alambics composent la machine à cocktail (vodka, sirops, colorants) bricolée par les étudiants de la HEAD, qui n’offre que peu de points communs avec les établis de la vallée de Joux, si ce n’est qu’elle exige beaucoup de patience pour un résultat de grande qualité et de faible volume.

Les marques recourent pourtant beaucoup plus qu’on ne le croit aux nouvelles technologies, «mais on ne le sait pas, car elles communiquent encore peu sur ce point et renvoient donc une image un peu désuète dans l’esprit du grand public», analyse Raphaël Ly, de la FHH. Une partie du LAB présente des inventions sans rapport avec la montre, mais la moitié des stands y est étroitement associée. La FHH justement en profite pour présenter le Watch Index. «C’est en quelque sorte le Shazam des montres, poursuit-il. Une fois la montre photographiée, une application délivre son historique, les modèles similaires et sa disponibilité en fonction des stocks.» Elle sera bientôt disponible pour les revendeurs, et peut-être, dans un second temps, pour le grand public. L’application sœur, déjà fonctionnelle, s’appelle Watch Live, et délivre toute information utile sur huit marques du groupe Richemont, y compris ce qui est véhiculé par les réseaux sociaux.

Les mini-IRM pour garde-temps font la fierté de la marque Roger Dubuis. La montre, placée dans un coffret spécial muni de détecteurs, qui analyse les vibrations par télémétrie, signale les défauts éventuels et l’adresse de la boutique la plus proche. Concept similaire chez Cartier, dont l’application «Live Diag», qui équipe toutes ses boutiques, trace la signature acoustique de la montre. Un appareil la démagnétise en un clin d’œil si le problème vient de là.

Univers complémentaires

Chez Jaeger-LeCoultre, on plonge à pieds joints dans l’essayage virtuel. Il suffit de photographier un bracelet souple passé au poignet, puis de choisir sur l’application correspondante le modèle souhaité pour voir s’il vous sied. Imparable, surtout si l’on achète sur plateforme, le défaut de ne pouvoir essayer des pièces onéreuses étant ainsi contourné. Plus traditionnelles, mais à l’avancée de la technique en termes de matériaux, signalons Panerai et son nouveau «verre métallique», un alliage «amorphe» inrayable et capable d’absorber les chocs, ou IWC et son «ceratenium», une recette secrète à base de titane, dur comme la céramique, mais incassable, dévoilé en grande première.

Le LAB démontre que la rencontre de plusieurs univers est désormais la règle en horlogerie. Sur ce point, l’«Artisanat augmenté» présenté par Richemont, en partenariat avec l’EPFL, est édifiant. Le savoir-faire des artisans (graveurs, émailleurs), associé à la simulation de matière grâce à un manipulateur à retour de force (on «sent» littéralement dans son bras ce que l’on opère à l’écran), le tout relié à la technologie laser, constitue sans doute la clé du futur pour l’horlogerie. (TDG)

Créé: 14.01.2019, 19h55

Ressence parie sur la montre hybride



Pour Benoît Mintiens, les «digital natives» sont déjà majoritaires. «Ils sont 40% de la population mondiale, et plus de la moitié des clients de l’horlogerie.» Sa marque de montre s’inscrit dans ce constat: de la belle mécanique, mais hybride, où le rouage voisine avec le microprocesseur.

Le modèle présenté au SIHH se distingue par sa e-crown, ou couronne connectée, qui ajuste automatiquement les fuseaux horaires. Et elle se recharge avec l’énergie solaire, ou au moyen d’une lampe spéciale. «Le jour où j’en ai eu assez de sortir mon téléphone pour avoir l’heure exacte, j’ai compris qu’il fallait totalement repenser le produit, et même le concept de montre.»

La e-crown ne porte même pas le nom «Ressence». Car «les nouveaux clients ne veulent plus seulement une marque, mais avant tout un objet qui offre l’émotion de la mécanique et la fiabilité de l’électronique».

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