L'USS exige des hausses de salaires pour 2018

SuisseLes syndicats suisses réclament des augmentations salariales de 1,5 à 2% l'an prochain, et davantage pour les femmes afin de corriger les discriminations.

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«La reprise solide qui s'annonce doit revenir aux travailleurs», ont souligné mardi les syndicats de l'USS devant les médias à Berne. Les indicateurs sont tous au vert et le renchérissement affichera aussi des valeurs positives ( 0,5%) pendant les mois de négociations salariales, justifie la centrale syndicale.

Même les branches qui ces dernières années ont été mises sous pression à cause du franc fort, comme l'industrie d'exportation et l'hôtellerie-restauration, vont mieux, fait remarquer l'USS. «Après une longue traversée du désert, une reprise économique sensible commence à se mettre en place en Suisse», relève Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS.

Ces 20 dernières années, ce sont surtout les managers et les gros revenus qui ont raflé les gains de productivité, tout comme les actionnaires. Les salaires des employés ordinaires ont pris du retard. Ils ont en outre été aussi «engloutis» par les hausses de primes maladie, rappellent les syndicats.

Accords collectifs décevants

La Suisse accuse un retard dans l'évolution des salaires par rapport à l'Allemagne tout particulièrement, pays de comparaison par excellence, constate le président de l'USS et conseiller aux Etats (PS/SG) Paul Rechsteiner.

Aux yeux de Daniel Lampart, l'évolution des salaires a été inquiétante ces dernières années. Les salaires réels allemands ont augmenté presque deux fois plus que les suisses entre 2014 et 2016, note l'économiste.

L'affirmation selon laquelle les salariés de Suisse auraient profité d'une nette hausse de leurs salaires réels grâce à la baisse des prix des produits importés ne s'est pas vérifiée, fait-il remarquer. «Ces dernières années, les accords collectifs ont été décevants», abonde dans ce sens Vania Alleva, présidente du syndicat Unia.

Avant les vacances

L'USS et ses fédérations ont rendu publiques leurs revendications avant la pause estivale, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps, précise son président. L'an dernier, les syndicats avaient tenu la même conférence de presse début septembre. L'idée consiste à «faire prendre conscience qu'il faut insuffler un tournant à la politique salariale».

La Suisse doit s'engager enfin dans des négociations salariales «dignes de ce nom», affirme Paul Rechsteiner. Les négociations salariales en Suisse sont en grande partie décentralisées. Les tendances ainsi que les revendications sont toutefois mises en commun, rappelle le président de l'USS.

Pour les syndicats, il faut accorder des hausses générales de salaires afin que les revenus bas et moyens en bénéficient. L'individualisation des salaires, tendance en cours depuis plusieurs années, encourage plutôt les hauts revenus à se servir en premier, regrette la faîtière.

«Pure discrimination»

L'inflation négative et le franc fort ne peuvent plus être invoqués comme arguments contre des hausses salariales, comme l'ont fait les employeurs, estime Vania Alleva.

Les femmes ont particulièrement besoin de hausses de salaires, selon les syndicats. Elles gagnent en moyenne 7000 francs de moins par an que les hommes pour les mêmes positions, qualifications et expérience, déplore l'USS, qui compte 16 syndicats, représentant en tout quelque 380'000 membres.

Les accords salariaux généraux profitent notamment aux femmes, car elles gagnent toujours un cinquième de moins que les hommes. Près de la moitié (40%) de la différence reste inexpliquée, «c'est de la pure discrimination», s'insurge la présidente d'Unia.

Trop tôt pour le patronat

Pour l'Union patronale suisse (UPS), il est prématuré de répondre aux demandes salariales, alors que les entreprises ont comptabilisé les commandes pour seulement six mois. La ronde des négociations salariales doit débuter comme chaque année à l'automne.

Même si l'économie devait continuer à s'améliorer, de nombreuses entreprises souffrent encore des séquelles du franc fort, a indiqué à l'ats le porte-parole Fredy Greuter. Les entreprises doivent d'abord procéder à des investissements de remplacement nécessaires pour rester compétitifs. Il n'y a pas de besoin général de rattrapage sur le plan salarial, estime l'organisation patronale. (ats/nxp)

Créé: 11.07.2017, 10h34

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