Deux PME suisses dans la mêlée à Vegas

Rendez-vous mondial de l'électroniqueEspoir de faire un «coup», espions chinois, prix des hôtels… Green Motion et WayRay relatent leurs jours de folie au salon CES

Au CES, sur le stand du fabricant du système d’affichage pour pare-brise WayRay.

Au CES, sur le stand du fabricant du système d’affichage pour pare-brise WayRay. Image: NODIA ILYA/WAYRAY

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Tout au long de la semaine, les images en provenance du Consumer Electronic Show (CES) ont fait apparaître un cabinet de curiosités mêlant les écrans enroulables de LG à la nouvelle Mercedes CLA en passant par une moto BMW GS 1200 roulant toute seule sur un parking au bord du Strip.

Pendant que la «tech» faisait son show, des centaines de PME ferraillaient sur des stands éparpillés dans trois parcs d’exposition pour présenter leurs inventions et susciter l’intérêt de clients. Une épreuve du feu dans laquelle se sont jetés quelques dizaines de patrons suisses. Ils n’auront guère vu la lumière du jour depuis leur atterrissage à Las Vegas le week-end dernier.

«Un contact et c’est goal»

«On met près de 200 000 francs sur cet événement, soit plus du double de ce que nous coûtera le Salon de l’auto à Genève», avertissait samedi dernier François Randin, alors qu’il était sur le point de rejoindre ses six collaborateurs partis après le réveillon. L’espoir du directeur général de Green Motion, fabricant vaudois de bornes de recharge pour voitures électriques? Convaincre un partenaire d’installer sous licence un réseau de recharge en Amérique du Nord, à l’instar de celui décroché en Chine en 2016. Parmi les 70 rendez-vous agendés, «des rencontres comme celle avec l’électricien Georgia Power clignotent en tête de mon agenda», précisait, en attendant son avion, le patron de cette société d’une cinquantaine d’employés.

«Quand j’ai vu les chambres à 600 ou 700 dollars, j’ai vite fait le calcul»

L’intendance a été planifiée depuis des mois: une demi-douzaine de vols, un installateur pour un stand de 100 m2 ou encore l’envoi par avion de la nouveauté qui sera présentée au CES — une borne de 350 kg à même de fournir 100 km d’autonomie en dix minutes de charge. Sans compter l’hôtel. «Quand j’ai vu les chambres à 600 ou 700 dollars, j’ai vite fait le calcul; heureusement, Présence Suisse nous a fait profiter d’un package négocié dans un hôtel situé à 15 minutes à pied», relate François Randin.

L’organisme assurant la promotion du pays à l’étranger est à l’origine, avec Switzerland Global Enterprise, du pavillon #Swisstech sur les 200 m2 duquel une trentaine de start-up ont été présentées. «J’aurais rêvé d’un tel appui il y a deux ans – un quart d’heure avec un contact asiatique suffit à marquer un goal», assure le directeur d’une société qui a rassemblé 45 millions de francs depuis sa création il y a dix ans.

Également actif dans l’automobile, WayRay fait de son côté pour la troisième fois le pèlerinage de Las Vegas. Où elle n’a pas hésité à envoyer plus de vingt collaborateurs cette année. Point d’orgue de son stand de 200 m2 échafaudé sur deux étages: la démonstration de son système d’affichage «tête haute» à l’intérieur d’une Genesis G80, la berline haut de gamme du géant coréen Hyundai. «On attend des responsables de la plupart des constructeurs automobiles. Le CES nous permet également de rencontrer des partenaires industriels, des investisseurs, sans compter les médias», poursuit Philippe Monnier, un des administrateurs de la start-up qui a déplacé son siège de Lausanne à Zurich.

Le choc du premier jour

Comment s’est passée la première journée? «Vingt minutes avant l’ouverture nous avons été surpris par un afflux d’une trentaine de visiteurs, dont plusieurs gros «coups», à savoir des sociétés désireuses d’acheter nos bornes ou de les distribuer en Amérique du Nord», relatait mercredi soir François Randin, de sa chambre d’hôtel. Entre l’apparition de cadres d’Amazon, de BMW ou encore de financiers coréens «dont on était visiblement sur le radar», l’équipe de Green Motion n’a plus touché terre.

«J'aurais dû prévoir une présence plus importante»

Les choses ont été plus cadrées chez WayRay, qui avait calé tous ses rendez-vous par des inscriptions en ligne affichant complet. «Des grandes marques automobiles sont passées sur le stand la première journée», témoigne le fondateur, Vitaly Ponomarev. Lequel se demandait jeudi s’il n’aurait pas dû prévoir «une présence plus importante».

Dans les «soutes» du salon

Les visiteurs viennent souvent d’autres stands. Il y a les Chinois qui photographient tout. Et les concurrents directs qui débarquent en voisins. «Cela fait partie du jeu», sourit le patron de GreenMotion, dont les équipes ont accueilli 150 personnes la première journée.

«Le simple fait d’être là assoit notre reconnaissance; on entre dans un club des sociétés tech», relate François Randin, un peu dépassé par les dimensions du CES. Rejoindre le cœur du salon – le Centre de Congrès Westgate – nécessite de prendre une navette, ou de commander un véhicule Uber. «Je me demande combien de gens viendront nous voir de là-bas», soupire le jeune patron. De son côté, il se voit mal lâcher son stand durant deux heures pour y faire un saut.

Pas question, donc, de faire une petite tournée perso pour découvrir les gadgets de l’année. Hormis dimanche avant l’avion, aucun des deux patrons n’aura eu de temps pour s’essayer au casino. Ou pour découvrir les canyons voisins. Sur le trajet du retour, WayRay a déjà un arrêt prévu près de Boston, au MIT MediaLab. Un concours y est organisé pour inciter les informaticiens à développer des applications qui viendront nourrir un système d’affichage holographique pour pare-brise. (TDG)

Créé: 11.01.2019, 20h02

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