Des chasseurs dénoncent un reportage de la TV romande

LoisirsAccusée de «propos racoleurs», l’émission «Mise au Point» dévoile le commerce de «chasse au trophée» en Valais.

Le reportage a été diffusé par l'émission de la RTS

Le reportage a été diffusé par l'émission de la RTS "Mise au point" le 3 novembre. Image: RTS

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Dimanche dernier, un reportage de la TV romande (Radio Télévision Suisse, RTS) a diffusé un reportage sur un type de loisirs encore peu connu du grand public: «la chasse au trophée». En Suisse cette activité, proposée notamment par des voyagistes, ne se développerait qu’en Valais et ciblerait de préférence des bouquetins. «Vous utilisez une terminologie racoleuse, en parlant de juteux business», dénonce Pascal Pittet, président de la Fédération des chasseurs romands.

Ce disciple de Diane aurait trouvé plus pertinent que les journalistes de l’émission «Mise au Point» parlent d’«une source de financement durable». La RTS a pourtant préféré mettre en évidence des tarifs et des aspects économiques: «Tirer un lion coûte 30'000 francs, une girafe 6000 francs et un bouquetin valaisan 20'000 francs. Voici ce que proposent des agences de voyages. La chasse aux trophées rapporte 650'000 francs par an à l’Etat du Valais.»

Dans le reportage de «Mise au Point», le témoignage d’Olivia Opre, 42 ans, mère états-unienne de quatre enfants, a tout particulièrement retenu l’attention, après avoir tiré sur une centaine d’espèces différentes, dont le bouquetin suisse en 2016: «Ce fut une aventure magnifique dans les Alpes. Nous étions guidés par un garde-faune pour débusquer des animaux. J’ai ainsi pu tirer un bouquetin mâle, grand et puissant. Mon amie Denise en a elle-même tiré deux.»

Les cornes, mais pas la viande!

«Mise au Point» a en outre précisé que «100 à 120 permis de chasse d’un jour sont délivrés chaque année en Valais pour tirer des bouquetins, une espèce protégée en France, en Italie et dans le reste de la Suisse romande». L’enquête de cette émission permet en outre de découvrir une forme de chasse dont les adeptes sont peu ou pas attirés par la consommation de viande de gibier. Leurs principales motivations portent sur des têtes d’animaux, des cornes annelées de chèvres alpines (bouquetins), des bois de cervidés ou parfois même les carcasses entières de leurs proies afin de les empailler.

Dans son reportage, diffusé le 3 novembre, la RTS cite le chef du Service valaisan de la chasse contestant toute irrégularité dans la chasse au trophée pratiquée dans son canton. Tout en ajoutant quelques images proprement confondantes. «Le Valais ne fait que suivre une pratique courante dans les milieux de la chasse, précise pour sa part le président de la Fédération des chasseurs romands. Mise au Point parle de la spécificité valaisanne quant à la chasse payante pour les étrangers, sans la placer dans son contexte global.»

Perplexité à la TV romande

Cette réaction des chasseurs romands, manifestée au travers d’une lettre ouverte, ne suscite pour l’heure guère d’émoi à la RTS. «Ce courrier me laisse perplexe dans la mesure où notre travail journalistique porte sur des pratiques particulières, se situant hors du cadre éthique de la chasse. Celles-ci se démarquent complètement de la chasse traditionnelle, de l'aveu même de beaucoup de chasseurs», relève François Roulet, producteur de l’émission «Mise au Point».

Créé: 05.11.2019, 18h47

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