Credit Suisse signe un 3e trimestre robuste

BanqueLe numéro deux bancaire helvétique a réalisé pour la période de juillet à septembre un bénéfice net distribuable aux actionnaires de 244 millions de francs.

Image: DR/Photo d'illustration/Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Dans un contexte jugé difficile, Credit Suisse boucle son 3e trimestre rentable d'affilée en 2017. Le numéro deux bancaire helvétique a dégagé un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 244 millions de francs, après 41 millions voici un an. La direction compte dépasser ses objectifs d'économies.

Le bénéfice avant impôts au 3e trimestre 2017 atteint 400 millions de francs, en progrès de 80% sur un an, annonce jeudi Credit Suisse. Mi-septembre, la banque avait avisé qu'une charge extraordinaire de 79,5 millions de dollars pour solder un litige aux Etats-Unis impacterait son résultat avant impôts de la période de juillet à septembre.

Pour mémoire, ces débours ont permis de clore deux procédures judiciaires aux Etats-Unis. L'accord à l'amiable concernait la vente de produits structurés adossés à des hypothèques, intervenue lors de la crise financière des années 2007-2008. A la Bourse suisse, le titre de l'établissement aux deux voiles s'est enrobé suite aux résultats publiés en ligne avec les attentes du marché. Après 9 mois, le bénéfice net ressort à 1,14 milliard de francs, contre une perte de 91 millions au terme de même période en 2016.

Au-delà des objectifs

Les conditions au 3e trimestre, traditionnellement plus faible, sont qualifiées de difficiles. Malgré les meilleures perspectives de croissance, l'incertitude géopolitique, les décisions des banques centrales et le train de réformes aux Etats-Unis ont freiné l'activité clientèle, selon la banque. A cela s'ajoutent des niveaux de volatilité historiquement bas.

Les produits générés au 3e trimestre se sont contractés de 8% en comparaison annuelle, à 4,97 milliards de francs. Les charges ont diminué de 11% en rythme annuel à 4,5 milliards. La direction se félicite d'économies supplémentaires d'environ 400 millions de francs au 3e trimestre et de 1 milliard après neuf mois.

«Nous sommes convaincus que nous terminerons l?année 2017 en dessous de notre objectif de coûts de 18,5 milliards de francs», a déclaré le directeur général Tidjane Thiam. «Pour 2017, l'objectif de 900 millions de francs d'économies a déjà été dépassé», a-t-il dit en conférence téléphonique. L'objectif d'ici fin 2018 reste une base de coûts sous les 17 milliards.

Perte d'un mandat

Au 3e trimestre, la banque accuse globalement un reflux d'argent frais de 1,8 milliard de francs, suite à la perte d'un mandat institutionnel. Toutefois la gestion de fortune a engrangé 10,4 milliards pour la période ( 8% sur un an), et 33,2 milliards après neuf mois ( 11%). La masse sous gestion atteint un pic à 751 milliards à fin septembre.

Les accords annoncés en septembre passés avec la justice américaine dans le dossier des «subprimes» ont eu un impact sur la capitalisation. A fin septembre, le taux de fonds propres durs (CET1) s'est un peu péjoré à 13,2%, après 13,3% trois mois plus tôt.

Effet unique

La banque universelle suisse (SUB), que Credit Suisse avait finalement renoncé à introduire partiellement en Bourse, a vu son bénéfice avant impôts chuter de 44% à 426 millions de francs. Un an plus tôt, la division avait bénéficié de la vente d'un immeuble à Zurich. Sans les effets uniques, SUB a généré 448 millions au 3e trimestre 2017, contre 431 douze mois auparavant.

La division de gestion de fortune internationale (IWM) a étoffé de 45% son résultat avant impôts, à 355 millions de francs. L'unité Asie Pacifique (Apac) a accu le sien de 16% à 218 millions.

La rentabilité de Global Markets a fléchi entre juillet et septembre en raison de facteurs saisonniers, mais s'est substantiellement étoffée sur neuf mois. Idem pour la banque d'investissement. Quant à la banque de défaisance (SRU), les progrès dans sa liquidation se poursuivent.

Approchés par RBR

Pour le 4e trimestre, Credit Suisse s'attend à ce que la croissance économique mondiale demeure forte. Il escompte une performance solide dans ses affaires de gestion de fortune, mais avec un ralentissement saisonnier des afflux nets de nouveaux capitaux.

Récemment, le fonds spéculatif RBR de l'investisseur zurichois Rudolf Bohli , qui détient 0,2% du capital-actions de la banque, a lancé l'idée de scinder la banque en séparant banque d'affaires, gestion d'actifs et de fortune. Credit Suisse a déjà fait savoir qu'il ne changerait pas de cap. «Nous avons été approchés par RBR. Nous avons écouté leurs arguments. Nous respectons leur point de vue», a dit jeudi le CEO, tout en réaffirmant que la banque tient à sa stratégie.

La priorité reste la mise en œuvre de sa transformation stratégique entamée en 2015 pour se recentrer sur la gestion de fortune. La banque planche toujours sur des scénarii concernant l'après-Brexit. Le 30 novembre, elle tiendra sa journée des investisseurs à Londres. (ats/nxp)

Créé: 02.11.2017, 07h20

Articles en relation

Bénéfice en hausse pour Credit Suisse

Suisse La banque a dégagé un bénéfice de plus de 300 millions au deuxième trimestre 2017, soit une augmentation de près de 80% sur un an. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Suisse: il fera beaucoup plus chaud et sec en 2050
Plus...