Celgene ou l’espoir d’un second souffle à Neuchâtel

PharmaLa société pharmaceutique américaine, installée depuis 2005 dans le canton, va s’étendre à Boudry.

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La météo est-elle en train de tourner dans le canton de Neuchâtel? L’annonce faite hier par Celgene d’y poursuivre le développement de ses infrastructures apparaît en tout cas comme un signal positif. Depuis deux ans, les liens entre la société pharmaceutique américaine et Neuchâtel ne cessent de se renforcer.

«Nous avons une relation de longue date, mutuellement bénéfique, avec ce canton (ndlr: Celgene emploie actuellement 680 personnes sur Neuchâtel)», résumait Tuomo Pätsi, président en charge des opérations en Europe et à l’international, au moment d’annoncer la construction d’un nouveau site de production.

Celgene à Boudry

Après avoir démarré, il y a deux ans, le chantier d’un vaste complexe industriel à Couvet (canton de Neuchâtel), la société américaine dévoilait donc mardi son projet de s’étendre sur Boudry, commune où Celgene a installé son siège international en 2005. Ces nouvelles installations devraient entrer en fonction d’ici à deux ans et renforcer la production d’un nouveau produit destiné à des patients souffrant de maladies inflammatoires de l’intestin.

Certes, l’impact réel de cette nouvelle extension reste marginal, puisque seuls quelque vingt postes seront créés pour faire tourner l’usine. Elle n’en reste pas moins un premier rayon de soleil dans un canton qui a vu son ciel se couvrir de nombreux nuages au cours des deux dernières années.

Franc fort, secteur horloger dans la tourmente, taux de chômage le plus élevé du pays, les défis auxquels le canton fait face n’ont cessé de s’accumuler depuis la dernière crise. La situation aurait même tendance à s’aggraver, à en croire Matthieu Aubert, économiste à la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie.

«Depuis 2008, les prévisions données dans nos sondages étaient régulièrement pessimistes, mais la situation vécue par les entreprises s’avérait au final meilleure qu’annoncé. Ce n’est malheureusement plus le cas: la situation en 2016 a été mauvaise sur tous les plans, tant dans les prévisions que dans la réalité, à l’exception de quelques cas isolés», expliquait-il, au printemps, lors de la présentation d’une étude consacrée à la situation économique neuchâteloise.

«Il ne faut pas trop noircir le tableau», estime pour sa part Jean-Nathanaël Karakash, conseiller d’Etat neuchâtelois en charge de l’économie. Sans nier les récents soubresauts conjoncturels qui ont frappé l’économie de sa région, le politicien préfère parler d’un tissu économique en constant renouvellement.

Signaux favorables

Certains signaux laissent effectivement penser que le mauvais temps est derrière. D’après la dernière enquête conjoncturelle menée par le KOF, la marche des affaires serait effectivement en train de s’améliorer dans le canton.

Dans un commentaire, Claude Jeanrenaud, professeur d’économie à l’Université de Neuchâtel, parle d’une situation contrastée: «Dans l’horlogerie, deux tiers des entreprises jugent la marche des affaires mauvaise et celles qui s’attendent à une amélioration des entrées de commandes à trois mois sont très minoritaires, alors que dans la métallurgie, toutes les entreprises jugent la situation actuelle satisfaisante. L’industrie des machines recense autant de jugements positifs que de jugements négatifs sur la marche des affaires.»

Besoin d’un second souffle

Après avoir rayonné à la fin des années 1980, notamment sous l’impulsion de Karl Dobler, chef de la promotion économique emblématique, le canton de Neuchâtel se cherche aujourd’hui un second souffle.

Pour Jean-Nathanaël Karakash, ce dernier viendra non seulement de «la diversification renforcée du tissu industriel cantonal vers de nouveaux axes de croissance comme le photovoltaïque, le luxe ou encore la pharmaceutique, mais aussi du développement d’un secteur tertiaire permettant de renforcer les principales compétences historiques du canton telles que l’horlogerie, la medtech ou encore l’électronique». (TDG)

Créé: 06.06.2017, 21h23

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