Canicule ou pas, les Alpes suisses ont retrouvé le cœur des vacanciers

TourismeLes Suisses, bien sûr, mais également les Chinois, les Américains ou les Indiens aiment les sentiers alpestres.

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Le premier semestre 2018 a clairement été le signe de la bascule. Comme le démontrent les chiffres publiés lundi par l’Office fédéral de la statistique, «l’hôtellerie suisse a enregistré 18,4 millions de nuitées durant les six premiers mois de l’année, soit une hausse de 3,8% (+670 000 nuitées) par rapport à la même période de l’année précédente». Cette reprise peut paraître modeste mais, à y regarder de plus près, il s’avère que ce sont surtout les cantons alpins qui ont montré la plus forte croissance (voir l’infographie), et ce, dans les mois très enneigés de janvier à mars comme en ce début d’été. «Les réservations atteignent, à ce jour, des chiffres record», affirme ainsi Fredi Gmür, président de l’association Parahotellerie Suisse. L’épisode «canicule» y contribue, certes, comme l’affirme, parmi nombre d’autres hôteliers, Peter Weatherhill, propriétaire du Kurhaus à Arolla (VS), situé à plus de 2000 mètres d’altitude: «Dès que la chaleur est annoncée, de nouvelles réservations pleuvent, même pour des séjours de court terme», déclare-t-il dans «Le Matin Dimanche».

Mais, de façon globale, il semble bien que l’hôtellerie suisse, et plus particulièrement les stations alpines, retrouvent des couleurs, après trois années de chute brutale due au franc fort et à l’abandon du taux plancher du franc face à l’euro. Ainsi, comme le démontre l’OFS, «ce sont les visiteurs du continent européen qui ont le plus contribué» à cette embellie, en tête desquels les Allemands, très friands des séjours en montagne. Le franc suisse, en effet, s’est nettement affaibli face à la devise européenne depuis 2015, pour se situer aux alentours de 1,15 franc suisse pour un euro, alors qu’il y a trois ans à peine, il frisait la parité pour un pouvoir d’achat nettement plus faible en Europe qu’en Suisse.

Montagne gagnante

Désormais, et comme dirait le slogan «La montagne, ça nous gagne», les Européens, mais aussi et surtout les Nord-Américains, les Britanniques, les Chinois ou les Indiens ont repris les sentiers des régions touristiques et plus particulièrement celles des Alpes suisses depuis le début de l’année. Les prévisions météo annoncent un été pluvieux en Suisse? Les réservations d’hôtels, de campings ou de chambres d’hôte se dirigent vers le sud de l’Europe. La canicule menace ou s’installe? Les destinations méditerranéennes de dernière minute – surtout celles loin de la mer – sont délaissées, d’une semaine à l’autre. Il en va ainsi, en ce moment, des campings du sud de la France, qui connaissent un taux de vacance inédit de plus de 10%, les touristes européens ayant, au dernier moment, changé leur destination au profit des Alpes.

Il en fut ainsi – et en est encore – pour la Suisse: l’enneigement exceptionnel de cet hiver a redonné vie au tourisme de montagne, même dans des stations de basse montagne, comme le montrent les statistiques de l’OFS pour la chaîne du Jura. Grâce à Internet, les touristes s’adaptent désormais au dernier moment aux informations météorologiques, explique-t-on dans les agences de voyages. Pas de neige? Allons en Thaïlande et pour le même prix, se disent désormais les familles. Trop chaud au sud? Partons en montagne. Cette année, les excellentes conditions climatologiques pour une destination de montagne font le bonheur des stations helvétiques.

Tourisme endogène

Mais en sera-t-il toujours ainsi? Comme l’explique dans «PME Magazine» le nouveau directeur de Suisse Tourisme, Martin Nydegger, «la nature a toujours été le motif principal de la venue des touristes, qui apprécient nos paysages et nos montagnes. De plus, le tourisme endogène est resté important en nos frontières et représente près de 45% des nuitées annuelles.» Les Suisses adorent leur pays, puisque, sur les 10 millions de nuitées recensées au premier semestre 2018, la moitié a été le fait d’Helvètes. Cette proportion a encore augmenté de près de 4% sur cette période.

Si un hôtel sur dix disparaît chaque année, les autres ont renouvelé – ou tentent de le faire – leur offre estivale, grâce à des activités autres que la simple excursion: piscine, VTT, parapente ou pique-nique chic au bord d’un glacier. Des Alpes vaudoises au Valais, en passant par les Grisons, la montagne, en été, redevient fun. (TDG)

Créé: 06.08.2018, 21h35

Villes suisses: quand Lucerne étouffe

On s’inquiète beaucoup pour le tourisme alpin, mais les villes suisses représentent aussi une part très importante du tourisme helvétique. Ainsi, Zurich, Genève et Lucerne ont connu des hausses spectaculaires en ce premier semestre 2018, entre 4 et 6%. Dans ses statistiques, l’OFS ne précise pas le pourcentage dû aux voyages professionnels et celui relevant spécifiquement des loisirs. Mais toujours est-il que les villes suisses font désormais partie du «package» global «Voyage en Suisse».
Or, si Zurich ou Genève parviennent à absorber la venue de touristes étrangers, la ville de Lucerne semble, comme Barcelone ou Venise, parvenue à ses limites.
En 2017, en effet, quelque 1,5 million de touristes ont envahi la petite ville de Suisse centrale de 81 000 habitants. Pour les voyagistes, Lucerne est en effet devenu incontournable pour les achats de montres «made in Switzerland», avant d’embarquer pour une jolie croisière sur le lac des Quatre-Cantons. Comme Venise ou Barcelone, Lucerne est en train de réfléchir à cet «overtourism», comme on nomme désormais ce phénomène d’étouffement pour les habitants. Genève, de son côté, souffle cette année face aux 3 millions de nuitées en 2017. Les carrousels et autres animations ont en 2018 déserté les quais. Sur les réseaux sociaux, tous les citadins s’en réjouissent.

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