Bezos, Musk, Branson, ces grandes fortunes qui veulent conquérir l’espace

ExplorationTouristiques ou commerciaux, de nombreux projets privés sont en cours et participent à l’expansion du «New Space».

Fin février 2018 pour inaugurer la Falcon Heavy de Space X, Elon Musk expédiait son roadster Tesla dans l’espace.

Fin février 2018 pour inaugurer la Falcon Heavy de Space X, Elon Musk expédiait son roadster Tesla dans l’espace. Image: SPACEX/HANDOUT

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Depuis quelques années, le secteur privé s’est peu à peu approprié l’espace. Les budgets en baisse constante d’institutions comme la NASA ont offert une fenêtre d’opportunité que certaines sociétés et grosses fortunes ont su saisir. C’est le cas de Richard Branson, le patron emblématique du groupe Virgin. Il est l’un des premiers à s’être engouffré dans la brèche aujourd’hui baptisée «New Space».

Avec sa compagnie Virgin Galactic, l’entrepreneur britannique n’envisage toutefois pas de faire «un nouveau pas de géant pour l’humanité» en mettant pied sur Mars par exemple. Son projet spatial se limite en effet à offrir aux riches de ce monde la possibilité de participer à une expérience touristique unique: celle d’un vol en orbite. Malgré l’accident mortel survenu en 2014 lors d’un test, Richard Branson a tenu bon, puisque la première vague de voyageurs de l’espace pourrait décoller avant la fin de l’année.

D’autres milliardaires partagent les mêmes ambitions touristiques, à l’exemple de Jeff Bezos (Amazon) et sa société Blue Origin ou Elon Musk avec Space X. Les projets des deux Américains ne se limitent heureusement pas au tourisme. Alors que Jeff Bezos vise la Lune, le fondateur et patron de Tesla rêve lui d’explorations martiennes.

Dans sa biographie, il explique vouloir «aider l’humanité à devenir une espèce multiplanétaire» et s’assurer d’un plan de secours, étant donné l’état de la planète. Avec SpaceX, en plus de décrocher des contrats avec la NASA pour des milliards de dollars, Elon Musk a mis au point des propulseurs recyclables pour ses fusées.

Eldorado en minerais

Dans le sillage des grandes fortunes, de nombreux autres projets commerciaux sont en cours et participent à l’expansion du «New Space». Toute l’industrie est actuellement attirée par l’eldorado spatial en matières premières (fer, nickel, zinc, platine ou encore hélium 3). Les experts de PricewaterhouseCoopers (PwC), dans une étude publiée à la fin de 2018, parlent de retombées financières oscillant entre 73 à 170 milliards de dollars de revenus annuels.

The Asteroid Mining Corporation, Deep Space Industries (société rachetée en janvier par son concurrent Bradford Space), ou encore Planetary Resources (soutenue par Larry Page, le patron de Google): ces dernières années, de nombreuses sociétés se sont constituées pour aller capter ces richesses.

Leur projet peut apparaître farfelu de nos jours, puisqu’elles comptent capturer des astéroïdes pour les ramener près de la Terre pour en puiser les richesses. Les experts de PwC estiment toutefois que leur véritable potentiel se situe dans l’espace et non sur terre. Selon eux, leur exploitation servira de composants aux futures infrastructures spatiales, à l’exemple de celles actuellement envisagées pour la Lune.

Fin février 2018, pour inaugurer la Falcon Heavy de SpaceX, Elon Musk expédiait son roadster Tesla dans l’espace.


20 juillet 1969: l’Aigle atterrit sur la Lune

C’est le grand soir, puisque l’alunissage aura lieu après 21 h, heure suisse. Pour Armstrong et Aldrin, la journée débute par une longue séance d’habillage. L’envoyé spécial de la «Tribune de Lausanne» apprécie en connaisseur. «Nous avions été informés ces derniers mois quant aux difficultés qu’auraient les deux hommes pour revêtir leur scaphandre dans la cabine exiguë et dans des conditions de faible pesanteur de la Lune. Pour avoir personnellement essayé cette combinaison lunaire, sur Terre et sans pressurisation, donc dans des conditions d’extrême facilité, j’imagine ce qu’ont pu être leurs difficultés. Il avait fallu deux hommes pour m’aider.»

Enfin équipés, les deux astronautes prennent place dans le LEM (module lunaire), cet «Aigle» qui doit les mener sur la Lune. Ce n’est qu’après 21 heures que débute la descente pour Armstrong et Aldrin. Dès lors, Collins va rester en orbite et faire des rotations en solitaire autour de la Lune. Il héritera du surnom de «The Forgotten Man», l’homme oublié.

À l’époque, personne n’évoque de difficultés dans la descente, et même les pulsations du commandant Armstrong, mesurées depuis Houston, semblent confirmer cette impression de business as usual. Si l’astronaute lâche un «Fantastique» après avoir posé le vaisseau sur l’astre de la nuit, son rythme cardiaque ne dépasse pas les 156 pulsations minute, au moment où il prononce sa première phrase historique, «Houston, ouf, ici base de la Tranquillité. L’Aigle a atterri.» Dès le début de la descente, le pouls du pilote était passé de 70-75 pulsations à 110. C’est ce qu’on appelle le sang-froid.

Il faut attendre 21 h 54 pour découvrir les premières images en direct de la Lune. «Neil Armstrong est apparu, prêt à mettre le pied sur la Lune au nom de tous les Terriens. Bien sûr, ce n’était pas la première fois que nous regardions la Lune en direct et à bout portant, raconte l’envoyé spécial. Mais cette fois, l’exploit était tout autre. C’était un être venu de la surface d’une autre planète, d’une planète riche de vie, où l’air et l’oxygène abondent. Un être qui débarquait sur une planète que la vie a quittée depuis longtemps. Une planète déchirée, ravagée que, tout de suite, l’écran nous montra encore plus antipathique que nous ne l’avions imaginée.»

Armstrong a marché sur la Lune, et les images tournent en boucle durant toute la nuit du 20 au 21 juillet, qui devient la nuit blanche du siècle. Jocelyn Rochat

Créé: 19.07.2019, 20h15

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