«Avec plus de 2 milliards par an, le Rotary est l'une des principales ONG »

Réseaux sociauxL'ancêtre des réseaux sociaux affronte la concurrence de LinkedIn. De passage à Genève, son responsable insiste sur ses fonctions caritatives. Dont l'éradication de la polio

John Hewko, secrétaire général de Rotary International

John Hewko, secrétaire général de Rotary International Image: Olivier Vogelsang

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Fondé en 1905 à Chicago, le Rotary est l'ancêtre de LinkedIn. Les activités philanthropiques en plus. Cette organisation située, selon son responsable «à la croisée des activités de réseautage et de défenses des causes [ ndlr: humanitaires ] », compte 1,2 millions de membres, dont sept sur dix hors des Etats-Unis. En Suisse, les 213 clubs Rotary regroupent 13 000 membres. Ancien associé de Baker MacKenzie – le plus grand réseau de cabinets d'avocats au monde, où il a dirigé les bureaux de Moscou, Kiev ou Prague au moment de la chute du Mur – puis passé par l'administration Bush pour diriger la Millenium Challenge Corporation, John Hewko est le secrétaire général de Rotary International. 800 personnes travaillent sous ses ordres pour gérer l'organisation, dont 600 au siège de Chicago et 50 au sein de l'antenne de Zurich qui chapeaute l'Europe et l'Afrique. L'Américain était lundi de passage à Genève à l'invitation du World Economic Forum.

– L'Afrique vient de fêter sa première année sans poliomyélite. L'éradication de cette maladie infantile est depuis trente ans la principale cause du Rotary. Ce combat est-il derrière vous?

– Eradiquer signifie continuer la vaccination trois ans après que le dernier cas ait disparu. Or aujourd'hui la maladie est encore endémique dans deux pays: le Pakistan et l'Afghanistan. Si tout se passe bien nous espérons pouvoir annoncer officiellement l'éradication en 2018 ou 2019. Autour de ce projet lancé en 1985 par le Rotary – à l'époque une seule maladie, la variole, avait été éradiquée – nous avons réuni l'OMS, l’Unicef et le Center for Disease Control and Prevention (CDC) en 1988; avant d'être rejoints par la fondation Gates, il y a sept ans. Au total, cette alliance aura dépensé 11 milliards de dollars depuis le début du combat pour l'éradication. C'est à mon sens la plus grande réussite obtenue par un partenariat entre le privé et les services publics. En 1995 on comptait 355 000 cas par an dans 135 pays.

– Le nom de Rotary rime avec Trente Glorieuse, nouvelle classe moyenne. A l'heure de réseaux sociaux professionnels, LinkedIn en tête, n'êtes-vous pas définitivement dépassé?

– Nous ne faisons pas la même chose. Outre le réseautage, nous permettons à nos membres de socialiser et de s'investir dans des activités au service de leur communauté. Bien sûr, nous faisons face à des défis en Europe. Et aux Etats-Unis le nombre de nos membres a atteint un plateau en 1980, avant de se stabiliser autour de 350 000 personnes. Mais aujourd'hui des pays comme Taiwan, la Corée du Sud, le Brésil ou l'Inde représente nos plus importants foyers de croissance. Dans tous ces pays, le développement de la classe moyenne et de l'accumulation de richesses est accompagné d'une prise de conscience quant à la nécessité de rendre d'une façon ou d'une autre ce dont on a bénéficié. Nous connaissions le même phénomène en Occident dans les années 50 et 60.

– Mais comment assurer l'avenir du Rotary à l'heure des réseaux sociaux?

– En Amérique du Nord, où tant de possibilités existent désormais en termes de réseaux professionnels, nous avons démarré des «e-clubs» en ligne. Et nous travaillons à la constitution de nouveau partenariats.

– Vous participez à une réunion du World Economic Forum à Genève jusqu'à mercredi soir. Quel en est l'objet?

– Le Forum réunit les dirigeants d'une douzaine des plus importantes ONG pour des sessions de réflexions sur la façon dont les milieux d'affaires peuvent être encore mieux mis à contribution sur des projets sociaux, environnementaux ou de santé publique. Nous allons apporter notre témoignage. Avec un budget dépassant 2 milliards de dollars par an – soit trouvés et dépensés au niveau local, soit fournis par notre fondation basée à Chicago qui lève 250 millions par an, soit liés au projet d'éradication polio – nous sommes l'une des plus importantes ONG au monde. (TDG)

Créé: 24.08.2015, 20h29

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