A Genève, BNP Paribas mise sur sa métamorphose

Finance La filiale de la banque française tente de se relancer, trois ans après avoir écopé d’une amende record aux Etats-Unis.

La banque BNP Paris située à la rue de la Corraterie.

La banque BNP Paris située à la rue de la Corraterie. Image: Laurent Guiraud

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BNP Paribas (Suisse) SA se transforme. La filiale helvétique de la grande banque française, face aux nouvelles habitudes engendrées par les technologies, digitalise son offre et adopte des méthodes de travail plus flexibles. Cette digitalisation, baptisée «Swiss Next», accompagne le plan de développement 2020 de la banque en Suisse, «Swiss Forward», qui a été présenté à la presse ce printemps.

Un incubateur, appelé «Colibri», a été mis en place dans le bâtiment de la banque à la rue de l’Ecole-de-Chimie. Il permet à des collaborateurs aux idées innovantes de dégager du temps et des forces pour les concrétiser. Ils peuvent disposer de trois mois, non consécutifs, pour ce faire. Plus de 200 personnes ont déjà été impliquées dans des projets de digitalisation ou d’innovation.

«Esprit de start-up»

Un esprit de start-up au sein d’un grand groupe? «C’est exactement ça», confirme Laurence Anthony, porte-parole de l’entreprise. «Les nouvelles méthodes se veulent agiles et frugales, c’est un changement culturel de taille.» BNP Paribas Suisse, une maison qui existe depuis 1872, collabore d’ailleurs depuis peu avec Fusion, l’incubateur de start-up fintech situé à l’avenue de la Praille.

Dans ce cadre, le groupe a mis en place au début du mois de mai un système de «flex» et de «home office» qui doit à terme permettre à ses salariés de travailler n’importe où dans l’entreprise – et non plus seulement depuis leur bureau – ou à domicile.

Auprès des clients aussi, la transformation est importante. Sur le front du financement du négoce de matières premières – traditionnel secteur phare de l’établissement – l’approche se veut désormais globale. Baptisée STS, pour «Specialized Trade Solutions», elle entend servir non seulement les négociants mais aussi les autres clients de la banque actifs dans les matières premières. Dans la gestion de fortune, un recentrage sur une clientèle stratégique s’est opéré. Quant aux services aux entreprises et clients institutionnels, la banque se développe aussi sur l’accompagnement des moyennes entreprises présentes en Suisse.

Le poids de l’amende

«La banque doit s’adapter aux temps nouveaux et je crois qu’on est précurseur en la matière», estime Laurence Anthony. Selon elle, l’amende record dont a écopé la banque en 2014 a certes accéléré le mouvement, mais la transformation s’est opérée après la crise financière de 2008. En 2014, la justice américaine a infligé une sanction de 8,9 milliards de dollars à BNP Paribas pour avoir violé des embargos américains à Cuba, au Soudan et en Iran de 2002 à 2009. Près de la moitié de l’amende a été payée par les équipes genevoises de BNP Paribas.

Réduire la voilure

L’amende américaine ainsi que l’évolution de la réglementation et de l’environnement économiques ont forcé l’établissement à réduire la voilure: BNP Paribas Suisse, qui recensait plus de 1800 employés à la fin de l’année 2011, en comptait 400 de moins en décembre dernier. «Nous sommes néanmoins dans une phase de stabilisation», précise la porte-parole de la banque.

La filiale helvétique, qui s’étendait dans six bâtiments du centre-ville en 2014, n’en occupe plus que trois aujourd’hui. La dernière séparation date de la fin du mois de mai, quand la maison a vendu pour 78 millions de dollars à la banque Safra son bâtiment emblématique de la Corraterie.

Créé: 09.07.2017, 19h13

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