À 7 et 9 ans, elles veulent tuer le «Happy Meal»

Pollution plastiqueDans une pétition, deux sœurs anglaises appellent McDonald’s et Burger King à ne plus offrir de jouets dans leurs menus enfant.

McDonald’s et Burger King ne sont pas prêts à abandonner une recette qui pour le premier remonte à 1979 et dont le succès populaire lui a permis d’accroître sa notoriété dans le monde entier.

McDonald’s et Burger King ne sont pas prêts à abandonner une recette qui pour le premier remonte à 1979 et dont le succès populaire lui a permis d’accroître sa notoriété dans le monde entier. Image: VQH

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«Nous nous appelons Ella et Caitlin. Nous avons 7 et 9 ans et avons appris à l’école le problème que pose le plastique pour l’environnement. Cela nous a rendues très tristes de voir à quel point cette matière peut blesser la vie sauvage et polluer les océans. Nous voulons que cela change! C’est pourquoi nous demandons à McDonald’s et à Burger King de penser à l’environnement et d’arrêter de donner des jouets en plastique avec leurs menus pour enfants.»

Depuis une semaine, en participant à l’émission «War on Plastic» sur la BBC, les deux sœurs britanniques à l’origine d’une pétition en ligne sont en train de devenir les nouvelles vedettes de la lutte mondiale entamée contre le plastique. «La vision d’un court métrage sur le plastique a bouleversé les enfants. Ne trouvant pas géniaux les jouets offerts dans les boîtes pour enfants, nous avons commencé à les rendre sans les ouvrir. Connaissant les pétitions en ligne, nous en avons parlé à la maison et les filles étaient enthousiastes à cette idée», racontait leur mère, Rachael McEwan, au «Daily Mail».

Après plusieurs mois de stagnation, la pétition finit par cartonner à la suite de leur passage à la télévision et du soutien de personnalités publiques comme la ministre de l’Environnement, Thérèse Coffey. Mardi elle dépassait les 356 000 signatures, en progression constante.

Réactions des deux géants

Cette pression populaire a poussé les deux principales chaînes visées par les deux jeunes Anglaises à réagir. McDonald’s en premier assure «réfléchir à l’empreinte écologique des jouets offerts dans ses Happy Meals» et évoque même la constitution d’un groupe de travail dédié à cet objectif.

Le géant américain précise toutefois n’être pas prêt à abandonner une recette qui remonte à 1979 et dont le succès populaire lui a permis d’accroître sa notoriété dans le monde entier. «Nous écoutons attentivement nos hôtes et c’est pourquoi il est important de donner aux familles la liberté de choisir: que ce soit le repas ou le cadeau du Happy Meal», explique Béatrice Montserrat, porte-parole de la filiale helvétique.

Contrairement à certaines marques qui ont fini par bannir les jouets de leurs offres aux États-Unis, Burger King adopte une position similaire à celle de son principal concurrent. En Suisse, l’enseigne nous a confirmé ne pas vouloir renoncer au petit jouet en plastique qui accompagne son son menu King Juniors. Mais «nous travaillons au développement de solutions d’emballage et d’alternatives durables à notre offre de jouets», affirme une porte-parole au nom de Burger King Suisse.

Des livres pour alternative

Dans cette mouvance antiplastique, les deux géants du fast-food se sont toutefois orientés vers de nouveaux objets et matériaux. Les livres sont par exemple très en vogue de nos jours. C’est le cas pour McDonald’s en Suisse depuis le mois d’avril. «Nous offrons tous les mois un nouveau livre pour enfants comme alternative aux jouets. Il s’agit d’une série de 12 livres, signés Cressida Cowell, l’auteure primée du best-seller «Comment dresser votre dragon», confirme Béatrice Montserrat.

En termes de recyclage, l’enseigne d’origine américaine tente également d’améliorer la donne. Récemment le «Wall Street Journal» faisait référence à l’installation, au Japon, de boîtes dans quelque 2900 restaurants afin de récupérer les jouets en plastique des Happy Meal.

Mais si McDonald’s était satisfait du résultat de cette première expérience, cet enthousiasme n’était pas partagé par les défenseurs de l’environnement. Composés d’un mélange de plusieurs plastiques, ces jouets sont très coûteux à recycler. Du coup, la probabilité la plus grande est que la plupart d’entre eux finissent leur existence incinérés ou perdus dans des décharges.

Circonspectes par rapport aux projets et alternatives élaborés par les deux géants du fast-food, les ONG sont par contre totalement emballées par cette nouvelle initiative. Dans le sillage de Greta Thunberg, l’adolescente suédoise de 16 ans qui avait entamé une grève de l’école pour le climat, il est vrai que de plus en plus de jeunes s’engagent pour l’environnement.

Les jeunes en exemple

«C’est vraiment fantastique de voir des jeunes s’engager pour l’environnement et la nature. Cela nous donne de l’espoir et du courage, car nous ne nous engageons pas seulement pour nous-mêmes, mais aussi et surtout pour garantir aux générations futures un environnement préservé au maximum», se réjouit Mathias Schlegel, porte-parole de Greenpeace Suisse. Même enthousiasme du côté du WWF pour qui «l’initiative des deux sœurs britanniques est dès plus louables».

Créé: 09.07.2019, 21h52

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L’essentiel

Vague
Des centaines de milliers de personnes ont signé le texte.

Effets
Les deux enseignes visées tentent des alternatives.

En Suisse
Dans nos régions, magasins, festivals et Villes ont déjà passé à l’action.

La chasse au plastique fait rage

Les initiatives qui font la chasse au gaspillage du plastique se multiplient en Suisse. UBS annonce que les gobelets jetables vont disparaître de ses bureaux. Les employés se voient offrir un mug, tasse à café ou à thé, et une bouteille réutilisable. Géant de la boulangerie romande, Aimé Pouly va remplacer pailles, couverts, gobelets et autres récipients en plastique par des produits d’origine végétale à base d’amidon de maïs.

Chez Coop, on propose en association avec reCIRCLE un système de récipients réutilisables, que les clients de ses restaurants peuvent emporter chez eux (contre un dépôt de 10 francs). Astucieux lorsque l’on voit la masse de déchets plastiques, barquettes notamment, générés par la restauration à emporter.

Les Villes s’y mettent aussi. Neuchâtel déclare la guerre aux pailles en plastique. Conjointement avec GastroNeuchâtel, elle soutient le mouvement Papaille, de l’association En Vert Et Contre Tout, qui pousse les restaurateurs à faire progressivement disparaître les polluantes pailles des terrasses neuchâteloises.

La Ville de Genève s’apprête à frapper un grand coup. À partir de l’année prochaine, l’utilisation de la vaisselle plastique à usage unique sera bannie des activités qu’elle autorise sur son territoire: terrasses d’établissements publics, food trucks, pavillons glaciers et autres manifestations sont concernées.

À Lausanne, on a aussi la conscience écologique. La Ville demande que les plats à emporter puissent être vendus dans des contenants consignés ou dans des récipients amenés par les clients. GastroVaud collabore à ce projet.

Du côté des festivals, Paléo fait office de pionnier. Depuis 2009 déjà, les gobelets utilisés pour étancher la soif des festivaliers sont réutilisables et consignés. Une pratique qui est devenue la norme dans le domaine. Depuis l’édition 2018, les pailles en plastique ont été remplacées par des pailles en amidon compostables dans tous les bars et stands. C’est également le cas au Montreux Jazz d’ailleurs. Certains sont mêmes allés plus loin. Dans le canton de Berne, la vaisselle doit être obligatoirement réutilisable dans les festivals depuis le 1er janvier. Vaisselle réutilisable, c’est le choix que fait cette année le PALP Festival valaisan lors de plusieurs manifestations.
Nicolas Pinguely

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