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École genevoise
Le ramadan d'un jeune garçon surprend une députée

Genève, le 2 septembre 2020.  
Portrait de Alain de Kalbermatten et Alia Chaker Mangeat à la rédaction de La Tribunde de Genève après un interview. ©Pierre Albouy/Tribune de Genève
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Le post sur les réseaux sociaux d’une élue genevoise a beaucoup fait réagir, avec plus de 80 commentaires. Tout a commencé par un article de presse qui expliquait, en début de semaine, qu'un enfant de dix ans n'était plus accepté aux cuisines scolaires parce qu’il pratiquait le ramadan.

Foncièrement contre son exclusion, Alia Chaker Mangeat, députée du Centre au Grand Conseil, s'est aussi étonnée sur son profil Facebook qu’un enfant puisse pratiquer le jeûne.

Carences alimentaires?

«Selon le Coran, le ramadan n’est obligatoire qu’à partir de la puberté, or à dix ans, un garçon n’est pas pubère», s’agace la centriste. Alors que l’enfant est logé en foyer d’accueil et qu’il ne voit pas beaucoup ses parents, selon l’article, elle s’inquiète des éventuelles carences alimentaires et de l’accompagnement spirituel.

«Il faut suivre des horaires stricts pour s’alimenter, afin de combler les lacunes qui se font sentir, si l’on n’a pas mangé de la journée.» Ainsi, avant le lever du jour, l’enfant devrait avoir droit à une petite collation. La députée s’interroge sur la responsabilité de l’État qui gère le foyer et l'implication de sa direction.

Surveillance nécessaire

«Le ramadan est une question spirituelle et de santé pour un enfant», relève Alia Chaker Mangeat, qui déplore qu’on se focalise sur l’interdiction de cantine scolaire sans s’inquiéter des questions de santé.

La députée rappelle que le ramadan dure un mois et que «c’est très lourd et très fatigant». Une surveillance est nécessaire pour vérifier que l’enfant boive suffisamment d’eau le soir pour tenir toute la journée du lendemain.

«Le foyer peut-il exercer cette surveillance?» s’interroge-t-elle. Elle promet d’écrire une question à la cheffe du Département de l’instruction publique, Anne Hiltpold, pour éclaircir le contexte.

La réponse du DIP

Interpellé, le Département de l’instruction publique (DIP) répond «qu’il revient au titulaire de l’autorité parentale de décider de l’éducation religieuse de l’enfant, même si cette personne a été privée de déterminer le lieu de résidence (et donc que l’enfant est placé dans un foyer)». Tout comme l’école publique, les foyers doivent respecter cette liberté de conscience, un principe inscrit dans le Code civil suisse (art 303 CC).

«Dans les foyers comme dans les écoles, le personnel peut donc se retrouver confronté aux répercussions du jeûne sur les enfants. Il sait les repérer et réagir de manière appropriée afin de préserver la santé des enfants qui leur sont confiés», assure le DIP. 

Si l’enfant présente des symptômes d'hypoglycémie ou de déshydratation, il est mis au repos et le jeûne peut être interrompu, si un accord de principe a pu être discuté précédemment avec les parents ou l’enfant lui-même.

Le DIP ajoute encore: «Dans les foyers, le personnel éducatif porte une attention quotidienne au bien-être des enfants et à leur santé.»

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