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L’éditorialDu temps pour digérer la crise

Drôle de guerre. C’est ainsi qu’entre septembre 1939 et juin 1940, les Alliés ont appelé cette guerre sans combats et sans victimes qui les opposait aux Allemands.

Drôle de crise, pourrait-on dire aujourd’hui, en pensant à la crise mondiale que nous traversons et à la manière dont elle est métabolisée en Suisse, et même à Genève. Car malgré une chute historique du PIB, du jamais vu depuis 1975, le chômage, qui semble pour l’instant stabilisé, reste presque trois points de pourcentage derrière le niveau atteint dans les années90. Déjà les pronostics annoncent une augmentation du PIB l’an prochain, suivie d’un rattrapage complet en 2022.

Mais de nombreuses inconnues demeurent. Encore faut-il, pour que le scénario optimiste se vérifie, que
l’épidémie se stabilise et qu’aucune nouvelle crise, internationale par exemple, n’apparaisse. Encore faut-il également que les amortisseurs de crise, les assurances sociales, au premier rang desquelles l’assurance
chômage et le système des réductions d’horaires de travail, continuent de jouer leur rôle durant les mois à venir. Ils sont en effet essentiels pour permettre à l’économie de métaboliser la crise en cours. Car si nous ne sommes pas retombés au niveau des années 90, malgré une récession bien plus brutale, c’est justement parce qu’ils jouent un rôle de grande ampleur. En 2009, lors de la précédente crise du siècle, le SECO estimait que sans les réductions d’horaires, la progression du chômage aurait été 50% plus élevée.

Une drôle de crise vaut mieux qu’un effondrement brutal. Mais il ne faut pas se faire d’illusion: la facture arrivera, qui pèsera durablement sur les finances publiques. Dans les années 90, les trois ans de récession suivis de trois années de stagnation avaient fait exploser
la dette.

3 commentaires
    Doirne

    Deux remarques concernant votre introduction:

    La drôle de guerre ne s'est pas terminée en juin 40, mais le 9 mai,veille du déclenchement de l'offensive allemande.

    Il est faux de dire que cette période n'a connu ni combats ni victimes. Lors de leur offensive malheureuse dans la Sarre en septembre 39, les Français ont eu près de 2000 morts et blessés. 300 Allemands ont été tués lors de leur contre offensive en octobre. Et il y a eu d'autres"incidents".Un sous-marin allemand a coulé, le 14 octobre, le cuirassé Royal Oak: 833 marins britanniques tués. Et n'oublions pas le débarquement allié en Norvège en avril 40...