Sion FestivalDu «Requiem pour Marioupol» à un message d’espoir
Les deux premières soirées du festival dirigé par Pavel Vernikov offrent un coup de projecteur à la musique ukrainienne.

Sous la direction du violoniste ukrainien Pavel Vernikov, le Sion Festival ne pouvait pas rester indifférent à la situation dans son pays, même si ce n’est de loin pas la seule coloration d’une manifestation plutôt festive, riche en grandes personnalités musicales comme Janine Jansen, Mischa Maiksy et Sergueï Nakariakov. La soirée d’ouverture, ce vendredi 18 août, a pour drapeau «L’Espérance», alors que le récital de Lena Belkina, le lendemain, se termine par un hommage à la ville martyre de Marioupol.
Vendredi, après une première partie dédiée aux jeunes solistes – «les stars d’après-demain» selon Pavel Vernikov, le violoniste et sa femme Svetlana Makarova, également au violon, seront accompagnés par l’Orchestre du festival pour un vaste poème sonore et visuel imaginé et récité par Roland Vouilloz sur un texte d’Olivia Seigne et des images de Jean Morisod et Maxime Gianinetti. «La première pièce est une œuvre écrite pour nous par Victoria Poleva peu après le début de la guerre, détaille Svetlana Makarova, enseignante à l’HEMU. «Blessed Sadness» bouleverse par sa simplicité. Nous partons de ce moment de gravité pour arriver, à travers des mélodies juives et des airs de célèbres chansons françaises, à célébrer la vie et l’espoir qui continue à nous porter.»
Révéler un univers musical

Tout aussi exclusif sera le récital de Lena Belkina, samedi 19 août. Engagée dans une forme de résistance culturelle, la mezzo-soprano a vu sa carrière bouleversée depuis un an et demi. Elle a annulé ses engagements en Russie, mais aussi en langue russe, alors qu’elle venait de publier un album de mélodies de Tchaïkovski et Rachmaninov. «J’avais même enregistré ces merveilleuses mélodies avec une pianiste russe. Mais je ne peux plus le faire désormais. Je préfère aider les Ukrainiens à faire découvrir au monde la beauté de leur musique.»
Joyau sombre de son dernier disque, «Passion for Ukraine» , l’«Agnus Dei» d’Illia Razumeiko est un chant de douleur poignant présenté comme fragment d’un «Requiem pour Marioupol». «Beaucoup de gens adoraient cette belle ville rasée par les bombardements. Pour ce concert, Illia a accepté d’écrire un nouveau mouvement de ce Requiem, que je vais créer à Sion.»
Sion Festival, du 18 août au 3 septembre
Sion, Ferme-asile, ve 18, sa 19, 19 h 30
sion-violon-musique.ch/sion-festival
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