Au Vendée Globe, 106 donateurs ont accompagné Alan Roura

VoileLe navigateur genevois n’était pas seul à bord lors de sa folle aventure. Explications.

A la faveur du Vendée Globe, Alan Roura a tenu en haleine le petit monde du sport suisse pendant presque 106 jours.

A la faveur du Vendée Globe, Alan Roura a tenu en haleine le petit monde du sport suisse pendant presque 106 jours. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Sympathique, naturel, lucide. C’est la marque de fabrique d’Alan Roura dont il ne se départ jamais. Il se prête volontiers au jeu de l’interview. Sans manier la langue de bois. Comme s’il était néophyte en la matière, comme s’il n’avait pas été emporté par les déferlantes médiatiques qui ont salué son magnifique Vendée Globe (12e). L’intéressé se défend presque: «J’aime parler, partager. Je raconte juste ce qui se passe dans ma tête.»

En l’occurrence, la conversation ne se rapporte pas aux 40es rugissants mais au gréement qui a permis à cet arpenteur des mers de les aborder, tout simplement de se lancer dans cette aventure un peu folle. «Quatre mois avant le départ du Vendée Globe, avant que La Fabrique sponsorise mon entreprise, j’ai pu réunir 30 670 francs grâce à une opération de crowdfunding (financement participatif). Une somme indispensable pour changer le gréement et donc sauver le projet budgétisé à quelque 460 000 francs.» Au total, 106 contributeurs se sont manifestés. «Des particuliers, des petites sociétés. Une communauté magique s’est formée, composée de personnes cultivant volontiers la discrétion. Certains ont fait des dons de 10, 20, 30 francs. Proposer un objet, ça faisait sens. Tous ces gens se sentaient concernés.» Financement participatif et capital sympathie.

Le gars au tee-shirt

Alan Roura se remémore ces moments particuliers «C’était très intéressant mais aussi stressant, parce qu’il y avait une date butoir. On a commandé le gréement sans avoir les sous. On a pris des risques parce qu’il le fallait. On a remué ciel et terre dans la dernière semaine.» Le ciel, la terre puis la mer. À cette évocation, Alan Roura a une pensée émue pour son amie, Aurélia Mouraud, qui est aussi sa chargée de communication: «Gérer ces promesses de dons a été un gros boulot qu’elle a assumé, en plus de tout le reste.» Pour remercier lesdits contributeurs, Roura et son équipe avaient prévu des contreparties, mais pas des compensations chronophages. «Une casquette, une photo dédicacée, un tee-shirt, un jour à Lorient pour voir le bateau étaient proposés en fonction de la somme promise.» Roura s’amuse: «À Genève, dans la rue, j’ai croisé un gars qui marchait sur le trottoir en arborant un tee-shirt à mon nom. Ça fait quand même un peu drôle.»

Alan Roura est d’avis qu’il ne faut pas abuser du crowdfunding et explique pourquoi: «Le sport, l’art, le jardinage, la restauration d’une grange: le phénomène touche tous les domaines. Ça casse un peu le truc. Le crowdfunding n’a pas pour vocation de tout payer. Utilisons-le quand on en a besoin, pour de bonnes raisons.»

Place aux jeunes

Notre interlocuteur avance un autre élément d’appréciation dans lequel pointe son altruisme: «Il est impératif de laisser la place à de jeunes sportifs désireux de se lancer.» On oublierait presque que le plus jeune participant de l’histoire du Vendée Globe a soufflé ses 25 bougies le mois passé.

Aux Sables-d’Olonne, le 20 février 2017, la foule des contributeurs avait singulièrement grossi. Onze mille personnes attendaient le «petit Suisse» qui a bouclé son périple en 105 jours, 20 h, 10 min et 32 s. Génératrice de belles histoires, dégageant un puissant parfum d’aventure, la voile sait tenir en haleine son public comme aucun autre sport.

Créé: 08.03.2018, 22h38

Aegerter, champion toutes catégories

Pour son financement participatif, Alan Roura a utilisé la plateforme I Believe in You. «En dix jours, elle a rapporté 253 317 francs à Dominique Aegerter», précise Emmanuelle Porta, responsable de l’agence pour la Suisse romande. Cette manne fait du pilote moto bernois le champion toutes catégories dans notre pays.

«Il convient d’adapter le montant du crowdfunding au coût total du projet. Et répondre à un timing. Il faut tenir compte de la saison et, dans la durée, s’inscrire entre 30 et 80 jours maximum.» Concernant la fréquence, notre interlocutrice préconise aussi une certaine retenue: «Il faut respecter un délai entre deux projets. Pour garder en crédibilité et pour ne pas toujours solliciter les mêmes contributeurs potentiels.»

Emmanuelle Porta assure: «Le crowdfunding et le sponsoring sont des outils complémentaires.» Et fait un double constat: «Le contributeur donne pour quelque chose qui n’existe pas encore et devient un ambassadeur du projet.»

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Coronavirus et enseignement à la maison
Plus...