«Sion reste aux soins intensifs, mais il n’est plus tout seul»

FootballRevenu aux affaires après sa longue suspension, Christian Constantin jette un regard pertinent sur cette âpre lutte pour le maintien…

Pour Christian Constantin, il n'est pas certain du tout qu'un club romand descende en Challenge League, dans un mois.

Pour Christian Constantin, il n'est pas certain du tout qu'un club romand descende en Challenge League, dans un mois. Image: Olivier Vogelsang

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Dans quatre semaines, la dernière grosse inconnue du championnat de Super League sera levée. Christian Constantin ne cache pas son inquiétude au moment où son FC Sion aborde la dernière ligne droite d’un exercice plus que mouvementé. Et cela même si les Valaisans ont nettement amélioré le niveau de leurs performances et ont enfin pu se débarrasser d’une lanterne rouge qu’ils traînaient depuis cinq mois.

Cette année, la relégation semble promise à un club romand. D’accord?

Lausanne et Sion sont aujourd’hui les moins bien placés mais personne ne peut affirmer qu’il en sera de même dans un mois. Il reste quinze points en jeu et tout peut vite changer. Il suffit parfois d’une petite victoire pour lancer une série. Le discours vaut pour le LS, Lugano, GC, Thoune et nous. Car malgré les bonnes performances réalisées ces dernières semaines, Sion reste aux soins intensifs. La seule différence, c’est qu’il n’y est désormais plus seul.

Une relégation serait-elle plus pénible à supporter pour le LS ou pour Sion?

Ce serait la même chose. J’ai repris Sion en Challenge League et je peux t’assurer que c’est une situation désagréable à vivre et qu’il est toujours compliqué de remonter. Pour l’éviter, le LS engage Borenovic et GC choisit Fink…

Celui qui se sauvera aura eu raison. C’est tout. Mais l’autre jour, Fink a affirmé qu’il ne fera rien de révolutionnaire à GC. Une phrase qui, pour moi, donne du crédit au choix du LS. Et puis, pour évaluer le boulot d’un coach, il faut tenir compte de la qualité du groupe qu’il dirige.

Fabio Celestini pourrait-il, un jour, rebondir au FC Sion?

(Il sourit.) Pas tout de suite. Il a fait de l’excellent travail au LS et il retrouvera vite un job. Mais pour bosser ici, il devrait accepter d’intégrer le président dans son staff. Et aujourd’hui il n’est a priori pas prêt à le faire. Il doit aussi se faire une autre idée de la fonction de président. Alain Joseph, une personne que j’estime, m’avait dit avoir souffert du fait que Fabio n’ait pas beaucoup de considération pour ses réflexions.

En février, le LS rêvait d’Europe. Aujourd’hui, il est dernier avec une moyenne de 0,5 point par match…

En quelques mois, Ineos a investi beaucoup d’argent dans ce club et, sincèrement, vu ce que l’équipe montrait en automne, il me semblait alors logique de viser l’Europe. Mais ce que les dirigeants du LS n’ont peut-être pas bien mesuré, c’est combien tout est fragile dans une compétition à dix équipes. Pour une différence de quelques points, tu peux te qualifier pour l’Europe ou tomber. Mais il est compliqué de parler du LS de l’extérieur; j’ai moi-même pu constater la difficulté d’évoquer les maux du FC Sion lorsque j’étais suspendu.

Comment avez-vous vécu ces cinq mois de suspension?

Cela n’a pas été une souffrance mais j’ai pu vérifier combien il est difficile de diriger un club sans en partager la vie au quotidien. Mais celui qui en a le plus pâti, c’est probablement Gabri. Je n’ai pas pu le protéger comme il l’aurait fallu.

Comment votre équipe a-t-elle pu tomber si bas?

C’est une vraie saison de m… Et lorsque cela arrive, le premier responsable est toujours le président, celui qui décide. Après la finale de Coupe perdue, j’ai senti que ce groupe qui nous avait donné tant de satisfactions serait incapable de rebondir. J’ai donc bâti une nouvelle équipe en sachant qu’il lui faudrait du temps pour s’épanouir.

Mais peut-être pas autant quand même…

Non, mais les données ont subitement changé lorsque Tramezzani – a priori un bon choix vu ce qu’il avait réussi avec Lugano – a connu un grave souci personnel. Il n’avait dès lors plus assez d’énergie à donner pour l’équipe. A suivi une succession de blessures qui ont contribué à nous amener dans une situation presque désespérée.

Aujourd’hui, Sion tremble pour la blessure d’un joueur, Carlitos, qu’il a mis hors contingent pendant huit mois.

Entre juillet et novembre, il était blessé. L’erreur de Gabri est de ne pas l’avoir voulu en janvier. Carlitos est un superjoueur dont l’âge est le seul problème. Son corps a de la peine à supporter la répétition des matches.

Comment expliquez-vous que sept des dix clubs de Super League ont changé de coach cette saison?

C’est un job de plus en plus compliqué. La pression est constante et le boulot est bien plus vaste et varié qu’il y a 20 ans. Le foot n’est plus le même. Les entraîneurs doivent constamment chercher à apprendre pour progresser. Raison pour laquelle ils sont de plus en plus jeunes. Mais la situation des dirigeants n’est pas meilleure.

C’est-à-dire?

Regarde combien de clubs ont changé de président en un an. Plus de la moitié! Mis à part Canepa (Zurich) et moi, les autres ne sont pas là depuis longtemps. C’est un job usant. Moi, ce qui me tient, c’est la passion du foot et le défi permanent d’être à la tête du club de la plus petite ville de Super League.

Le 10 juin prochain, les Valaisans acceptent d’organiser les JO mais Sion est relégué. Vous signez?

(Il se marre.) Avoir les JO en Valais serait une chose formidable pour tout le pays et notre jeunesse. Et je ferai tout mon possible pour que les Valaisans le comprennent. Mais la seule chose que je signerais c’est un oui en juin et un maintien en Super League. Rien d’autre.

Créé: 26.04.2018, 19h42

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Coronavirus et enseignement à la maison
Plus...