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Le prix des vêtements devrait baisser d’ici à 2022

Le Conseil fédéral souhaite supprimer les droits de douane sur les produits industriels. Le textile est le principal concerné.

Le conseiller fédéral Guy Parmelin a présenté mercredi la mesure censée rendre les entreprises suisses plus compétitives et faire diminuer les prix pour les consommateurs.
Le conseiller fédéral Guy Parmelin a présenté mercredi la mesure censée rendre les entreprises suisses plus compétitives et faire diminuer les prix pour les consommateurs.
ALESSANDRO DELLA VALLE, Keystone

Shampooing, vélos, appareils électroménagers, voitures, chaussures ou encore vêtements en tout genre. Ce sont autant de produits qui devraient voir leur prix baisser dans deux ans. Le conseiller fédéral Guy Parmelin a dévoilé mercredi son plan pour supprimer les droits de douane sur les marchandises industrielles à leur entrée dans le pays. Le gouvernement entend ainsi lutter contre l’îlot de cherté suisse.

Ces droits de douane sont prélevés sur une très grande majorité de produits importés. Le Conseil fédéral espère donc des retombées positives pour les consommateurs. Selon ses calculs, les prix devraient diminuer entre 0,1% et 2,6% selon le groupe de produits. Au total, les acheteurs devraient économiser environ 350 millions de francs par an, en se basant sur les statistiques de 2016. Le gouvernement promet qu’un monitoring sera mis en place pour s’assurer que les gains seront répercutés sur les consommateurs.

La mesure a aussi pour but d’améliorer la compétitivité des sociétés. «Les entreprises importatrices pourront se procurer des biens intermédiaires à meilleur compte et ainsi faire baisser leurs coûts de production, explique le Conseil fédéral. Cette mesure renforcera donc l’économie d’exportation suisse.» Là aussi, la concurrence devrait profiter aux consommateurs, d’après le gouvernement.

C’est surtout l’industrie textile qui va profiter de cette suppression des droits de douane. Elle a payé plus de la moitié de ces taxes l’an dernier. Cela représente plus de 294 millions de francs sur les 540 millions versés par l’ensemble de l’industrie suisse. Avec 53,5 millions de francs, l’automobile arrive en 2e position. Ces domaines seraient donc les grands gagnants de cette mesure. Pour la Confédération, le manque à gagner devrait être compensé par les effets positifs engendrés sur l’ensemble de l’économie.

Large soutien

La mesure est censée entrer en vigueur le 1er janvier 2022. Il faut pour cela qu’elle soit acceptée par le parlement. Le gouvernement a d’ores et déjà mené une large consultation et affirme avoir reçu l’approbation d’une grande majorité d’acteurs.

À droite, le PLR et les Vert’libéraux se félicitent du projet, qui profitera aux entreprises et aux consommateurs. Ils soulignent en particulier les avantages financiers et les allègements administratifs dont bénéficiera l’industrie exportatrice lors de l’importation de matières. Le PS et l’UDC sont eux favorables à la suppression des droits de douane mais rejettent le projet. La gauche craint le manque à gagner pour la Confédération tandis que le parti agrarien déplore que cette mesure fasse perdre à la Suisse un levier de négociation avec les autres pays.

EconomieSuisse salue la décision. «Abolir les droits de douane est vraiment une très bonne chose, surtout en cette période où on a une tendance au protectionnisme», réagit Carmelo Laganà, responsable de projets Économie extérieure. Il estime que les effets seront très bénéfiques. «La levée des droits est une mesure qui permettra de rendre les entreprises plus compétitives. Elle pourra aussi engendrer des baisses substantielles de prix pour les consommateurs», assure Carmelo Laganà.

Membre du comité de l’initiative «Stop à l’îlot de cherté», le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD) se félicite d’une mesure qui va dans le bon sens. «En renchérissant artificiellement les produits importés, on renchérit aussi les produits exportés, ce qui place l’économie d’exportation dans une situation compliquée. Il est donc très bien de supprimer ces droits de douane», juge l’élu vaudois. Pour lui, cela complète l’initiative qui permettrait aux entreprises suisses d’acheter à l’étranger sans passer par des importateurs.

Modérément d’accord

La Fédération romande des consommateurs (FRC), qui soutient également le texte «Stop à l’îlot de cherté», se montre plus sceptique quant à l’utilité de la suppression des droits de douane. «Nous n’y sommes pas opposés mais nous estimons que ce n’est pas la mesure la plus efficace pour réduire l’îlot de cherté. L’initiative est, à l’heure actuelle, le projet le plus prometteur», affirme la secrétaire générale, Sophie Michaud Gigon. La FRC salue tout de même qu’un monitoring soit mis en place. «Nous espérons que cela puisse se répercuter sur les acheteurs mais nous parlons au mieux d’une baisse des prix de 2%. Il n’est donc pas sûr que le consommateur le ressente», estime Sophie Michaud Gigon.

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