Nyon balaie la hausse de quatre points d’impôt

RéférendumLe référendum contre la hausse d’impôts a été approuvé à 74%. La droite appelle à plus de rigueur dans la gestion des finances.

Nyon risque d'entrer dans une ère d'austérité avec le refus de la hausse d'impôts demandée par la Municipalité.

Nyon risque d'entrer dans une ère d'austérité avec le refus de la hausse d'impôts demandée par la Municipalité. Image: Alain Rouèche-Archives

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«Le message est clair: il est nécessaire que la Municipalité prenne des mesures d’économie et priorise ses projets.» Le chef du groupe PLR Yves Gauthier-Jaques a pris un air grave pour annoncer les résultats du référendum dont il était un des trois initiateurs avec ses homologues UDC et Vert’libéraux. La population a largement suivi les représentants de la droite nyonnaise. Par 1625 non contre 4546 oui, les électeurs ont balayé à 73,67% les quatre points demandés par la Municipalité.

«Nous pouvons constater que le contribuable est très sensible quand on touche à ses finances, analysait Sacha Soldini, chef de file de l’UDC. L’argent public doit être géré avec la plus grande attention.» Lors de la campagne, les référendaires n’ont eu de cesse de demander des économies, même si peu de propositions ont été émises.

Déficit de 15 millions de francs attendu

La hausse des quatre points d’impôt, pour passer de 61% à 65% de l’impôt cantonal de base, avait été demandée par la Municipalité pour principalement amortir les effets négatifs de la RIE III (troisième réforme de l’imposition des entreprises) et de la péréquation cantonale. Les 6 millions de recettes fiscales attendues auraient permis de réduire le déficit annoncé pour l’exercice 2018. Sans cette manne supplémentaire, l’excédent de dépenses pourrait atteindre 15 millions de francs à la fin de l’année.

«On peut comprendre la population qui refuse de payer plus d’impôts pour que les entreprises en paient moins, a regretté Daniel Rossellat, syndic. Le résultat n’est donc pas une grande surprise. Nous allons désormais entrer dans une période de grand questionnement pour savoir comment intégrer la décision populaire dans notre politique.»

L’association Nyon Compte, formée autour du Parti socialiste, des Verts et des Indépendants, a défendu le projet de la Municipalité pendant la campagne, particulièrement tendue. À l’heure des résultats, ses représentants n’ont pas caché leurs inquiétudes. «Nous ne pouvons qu’être inquiets pour l’avenir des finances communales», note le Vert Pierre Wahlen. «Nous pensons que la droite va vouloir désormais une politique d’austérité, estime le socialiste Alexandre Démétriadès. Nous essaierons de protéger nos priorités que sont le projet Cœur de Ville (ndlr: redynamisation du centre-ville), le maintien du tissu associatif nyonnais et la politique d’accueil parascolaire et de la petite enfance.»

Le PLR Yves Gauthier-Jaques nuance. Pour le chef de groupe PLR, il ne faut pas paniquer. «Il faut apaiser les craintes. Tout ne va pas disparaître comme l’ont laissé penser nos adversaires pendant la campagne.» Son homologue de l’UDC est plus tranché. «La politique de rigueur a commencé. Lors du dernier Conseil communal, nous avons refusé 1,6 équivalent plein-temps pour le Service des ressources humaines.»

Coup de frein au développement

Selon toute vraisemblance, bon nombre de projets seront mis dans les tiroirs pendant plusieurs mois, voire quelques années, en attendant la réforme de la péréquation cantonale. La Municipalité a déjà levé le pied depuis le début de l’année sur les demandes de crédit au Conseil communal. «Ce refus plonge Nyon dans une situation financière très difficile, écrit l’Exécutif dans un communiqué. La suppression ou la diminution de prestations à la population et le blocage de nombreux projets semblent très probables.»

Anticipant le résultat du référendum, les autorités ont prévu la tenue des premières assises financières de la Ville de Nyon, qui se tiendront le week-end prochain, le samedi 23 mars. Des élus communaux, ainsi que des représentants de la société civile actifs sur le plan local et régional aux niveaux social, économique et associatif ont été conviés à échanger sur les attentes de chacun, sous l’œil attentif d’experts. «Ce rendez-vous nous aidera à analyser ce qui sera possible de faire, où il est envisageable de couper», espère Daniel Rossellat. L’objectif final est de nourrir la réflexion de la Municipalité sur le développement de la ville.

Créé: 17.03.2019, 13h50

«On peut comprendre la population qui refuse de payer plus d’impôts pour que les entreprises en paient moins»

Daniel Rossellat, syndic de Nyon

«Le message est clair: il est nécessaire que la Municipalité prenne des mesures d’économie et priorise ses projets»

Yves Gauthier-Jaques, chef du groupe PLR à Nyon

Commentaire


Raphaël Ebinger, vaud et Région

Les nuages qui gâchent l’éclatante victoire de la droite

La victoire est éclatante. La hausse d’impôts a été balayée à une écrasante majorité. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes à entendre les vainqueurs du jour, le PLR, les Vert’libéraux et l’UDC.
Une autre lecture s’impose toutefois au terme d’une campagne que la droite ne pouvait pas perdre. Deux éléments gâchent le tableau. Le premier est la mise en évidence de l’échec du centre droit à reprendre la main sur la politique nyonnaise. Autant à la Municipalité qu’au Conseil communal, il est majoritaire depuis les dernières élections générales. Le «Nyon autrement» promis alors ne s’est jamais concrétisé. Le référendum sur les impôts était donc aussi un moyen pour la base de remettre sur la «bonne voie» ses élus de l’Exécutif. Un moyen de communiquer qui traduit les tensions en particulier entre les deux municipaux PLR et leur groupe.

Le deuxième élément marquant du référendum est la rupture de la droite avec le parti des Indépendants, qui a défendu la hausse d’impôts. Il y a trois ans, pour les Communales, leur alliance avait permis de reprendre la majorité. Si une collaboration basique existe encore avec les Indépendants, ceux-ci estiment avoir fait suffisamment de compromis sans réels retours sur investissements. Le manque de vision à long terme et de leadership du PLR est montré du doigt. Chez les Indépendants, on estime qu’un ticket avec la droite est improbable en 2021. La dernière fois que cela s’était produit, en 2011, le PLR avait perdu ses deux sièges à l’Exécutif. Écartée entre les deux tours, la libérale Élisabeth Ruey-Ray avait réussi à se faire élire sur une liste avec les Indépendants. Un exemple dont pourraient se servir les deux municipaux PLR dans deux ans si leur groupe n’en voulait plus.

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