«J’ignore encore si je resterai au LS»

FootballEnzo Zidane se confie avant de disputer peut-être, samedi à Saint-Gall, son dernier match sous le maillot lausannois.

Enzo Zidane a accordé à «24 heures» la toute première interview de sa jeune carrière.

Enzo Zidane a accordé à «24 heures» la toute première interview de sa jeune carrière. Image: CHANTAL DERVEY

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L’annonce de son arrivée au LS, en janvier, avait attisé la curiosité. Ses débuts, discrets, avaient suscité les premiers commentaires. Le public lausannois a ensuite suivi son parcours avec autant d’attention que de bienveillance. Enzo Zidane (23 ans) n’a jamais été au centre de sa colère malgré les attentes placées en lui et le printemps catastrophique du LS. En partie, peut-être, grâce à l’immense respect que chacun voue à son père, Zinédine, mais certainement aussi en raison de l’humilité, l’implication et l’habileté technique d’Enzo. Rencontre avant une partie qui pourrait être la dernière du jeune milieu de terrain en Super League.

Pour une première vraie saison en dehors du contexte madrilène où vous avez grandi, il était difficile d’imaginer pire, non?

C’est le moins que l’on puisse dire. C’était une saison très compliquée pour moi. J’ai toutefois l’impression d’avoir beaucoup appris et d’avoir mûri. À tous les niveaux. Sur un plan personnel, il s’agissait aussi de ma première expérience loin de la famille. Quant à l’aspect sportif, j’imaginais effectivement vivre d’autres types d’émotions.

À Alaves, d’abord, vous avez très peu joué. Pourquoi?

Je ne pense pas que le niveau de la Liga était trop élevé pour moi. Le problème s’est situé ailleurs. Si j’y suis allé, c’est parce que l’entraîneur me voulait et qu’il avait une conception du foot qui me convenait. Seulement, il s’est très vite fait virer. Et avec le suivant, je n’ai plus joué. Se retrouver hors du terrain le week-end est la pire des choses que l’on puisse imaginer. D’où mon désir de partir à Noël.

Pourquoi avoir choisi Lausanne? Parce que vous connaissiez Fabio Celestini et que votre agent y habite?

Le fait que le coach prône un jeu «à l’espagnole» qui me correspond et qu’il me veuille dans son groupe a joué un rôle primordial. Tout comme l’ambitieux projet du club. La présence de mon agent n’était qu’un petit plus. Et puis, je voulais aussi quitter l’Espagne pour connaître une réalité et un contexte différents.

Comment expliquez-vous le fiasco de ce printemps? Ce qui s’est passé est aussi compliqué à vivre qu’à expliquer. Là, je suis encore dans la déception. (Il marque une pause.) C’est une addition de petites choses qui nous a tirés vers le bas. Tout s’est enchaîné de la pire des façons. On a eu des hauts qui n’ont pas été récompensés et on a payé au prix fort nos bas. Mais cette équipe avait les moyens de s’en sortir.

Ces quelques mois ont dû être pénibles à vivre…

Bien sûr. J’aime le foot et je veux gagner. Quand cela va mal, j’y pense toute la journée. Mais malgré ces gros problèmes, notre groupe est resté sain, il a lutté jusqu’au bout.

Comment avez-vous vécu le licenciement de Celestini?

Quel que soit l’entraîneur, un licenciement est toujours difficile à vivre. On passe beaucoup de temps ensemble, on partage des émotions, des moments forts. Et puis, en tant que joueur, tu te sens toujours un peu responsable.

Avez-vous de ses nouvelles?

Oui, on s’est un peu parlé. Tout n’a pas été simple pour lui, mais il va bien, je crois. Je connais Fabio depuis longtemps et nous avons une relation simple et cordiale.

Le niveau de la Super League vous a-t-il surpris?

Non, car je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre en arrivant. À part Bâle en Coupe d’Europe, je ne connaissais rien des clubs suisses. En Espagne, il n’y a, c’est vrai, pas une énorme considération pour la Super League. Mais aujourd’hui je peux vous dire que ce championnat est compliqué et que le niveau d’exigence y est élevé.

Et sur un plan individuel, êtes-vous satisfait?

Là aussi les choses ont été compliquées. D’abord il m’a fallu du temps pour m’adapter, puis pour retrouver le bon rythme car je n’avais pas beaucoup joué depuis huit mois. Mais comme je suis très exigeant avec moi-même et que les résultats ont été très décevants, globalement je ne peux pas être content de moi. Cela dit, j’ai la conscience tranquille, le sentiment d’avoir tout fait pour être utile à l’équipe.

Dans quels domaines devez-vous encore progresser?

À tous les niveaux je peux mieux faire, mais il est évident que je dois encore beaucoup travailler sur le plan physique.

À part ça, comment est la vie à Lausanne? Très agréable. Lausanne est une belle ville, où l’on peut se balader sans être reconnu. Ce que j’apprécie beaucoup. Mon intégration a aussi été facilitée par mes coéquipiers qui ont été fantastiques avec moi. Le seul bémol, c’est l’hiver et le froid.

Vous vivez seul ici?

Oui, et je n’y étais pas non plus habitué. Nous sommes très famille, nous passons beaucoup de temps ensemble. Mais c’est aussi pour couper ce cordon que j’ai choisi de quitter Madrid. Du coup, j’ai dû apprendre à me débrouiller seul, à cuisiner un peu aussi.

Votre père est-il venu vous rendre visite?

Oui, car il voulait voir où je vivais et comment j’étais installé. Mais il n’a pas pu assister à un match. En revanche mes trois frères et surtout ma mère sont venus plus souvent.

Souffrez-vous de la comparaison avec lui?

Je vis avec ça depuis longtemps et je m’y suis habitué. Il a fait une immense carrière de joueur et il est en train d’en réussir une aussi belle comme entraîneur. J’en suis très fier, mais je dois vivre ma propre vie. Le plus important pour moi, c’est la très belle relation père-fils que nous entretenons. Lorsqu’on s’appelle, très régulièrement d’ailleurs, on parle bien sûr un peu de ce foot qui est au centre de nos vies, mais surtout d’autres choses.

Serez-vous encore au LS à la reprise en juin?

J’ai encore deux ans de contrat ici mais j’ignore encore si je resterai. Je vais penser à tout ça dès la semaine prochaine, à tête reposée.

Créé: 18.05.2018, 22h35

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