Un derby qui vaut bien plus que trois points

FootballGrâce à deux équipes au pic de leur forme, l’acte II du duel entre LS et Servette promet à la fois du spectacle et des émotions.

Le premier duel entre le Servettien Miroslav Stevanovic et le Lausannois Per-Egil Flo avait tourné à l’avantage du second.

Le premier duel entre le Servettien Miroslav Stevanovic et le Lausannois Per-Egil Flo avait tourné à l’avantage du second. Image: Keystone

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Pour tous ceux qui accordent une grande importance aux chiffres, l’issue de ce 182e derby lémanique de l’histoire en championnat ne devrait être qu’une formalité pour Servette. Depuis le 31 août et leur dernière défaite de la saison, contre le Lausanne-Sport justement, les Genevois n’ont-ils pas engrangé douze points de plus que leur adversaire? En dix matches seulement.

Une différence de rendement abyssale qui n’existe heureusement plus depuis trois semaines. Placés face à leurs responsabilités, Giorgio Contini et ses joueurs ont récemment donné sur le terrain les réponses longtemps attendues en vain. Entre un ex-grand favori lausannois à la promotion qui justifie enfin ses hautes ambitions et un leader servettien qui surfe sur une impressionnante série de sept victoires consécutives, le spectacle devrait être, cette fois, à la hauteur des attentes. Pour le plus grand plaisir du public.


Les nouvelles du vestiaire lausannois

Les absents
Pas de mauvaise surprise pour Giorgio Contini durant cette semaine de travail qui a précédé le derby. Seuls Jérémy Manière, Yeltsin Tejeda et Noah Loosli, blessés de longue date, manqueront à l’appel. D’où un contingent pléthorique qui obligera le coach lausannois à reléguer quelques titulaires en puissance dans les tribunes.

Giorgio Contini
«J’ignore encore si je reconduirai intégralement l’équipe qui m’a donné entière satisfaction lors de nos deux dernières sorties. Sur le plan tactique, je ferai quelques petits changements. Servette n’a pas l’habitude qu’on vienne les presser haut, les agresser. Mais attention à un adversaire en pleine confiance qui est techniquement au-dessus de la moyenne. Avec Miroslav Stevanovic, les Genevois peuvent compter sur un joueur qui devrait évoluer en Super League.»


Pas de doute, le LS va gagner et relancer le championnat

Le commentaire d'André Boschetti

Dimanche 26 mai 2019. Prostré dans son vestiaire du Stade de Genève quelques minutes après une inutile victoire contre Kriens, Alain Geiger repasse pour la énième fois dans sa tête le film de cette saison. Et une fois encore il repense à ce sinistre 8 décembre 2018. Ce soir-là, à la Pontaise, Servette avait tout en main pour «tuer» le suspense. Mais, après sept victoires consécutives, son équipe avait trébuché. Un revers a priori anodin, puisque les Genevois comptaient alors encore quatre longueurs d’avance sur le LS. Mais cette victoire lausannoise dans le derby lémanique – de surcroît acquise avec la manière – marquait le renouveau de l’équipe de Giorgio Contini.

Le LS n’en est pas encore là aujourd’hui. Mais il s’apprête à défier le leader de Challenge League à un moment idéal. Parce qu’il ne va pas manquer une si belle occasion de montrer que cette métamorphose, amorcée contre Winterthour et Aarau, est définitive.

Un profond changement d’état d’esprit qui trouve peut-être sa genèse le 14 novembre dernier. Plus qu’agacé par ce qu’il voit depuis deux mois, David Thompson, le président du Lausanne-Sport, décide de s’adresser directement aux joueurs. Un face-à-face, sans le moindre éclat de voix, d’une quinzaine de minutes qui a pour but de placer l’équipe face à ses responsabilités.

Trois jours après le 100e anniversaire de l’armistice, l’Anglais insiste sur les vertus incontournables que sont la solidarité et l’esprit de corps pour qui veut vraiment gagner. En filigrane, David Thompson fait comprendre aux joueurs qu’Ineos, le très généreux propriétaire du club, les a tous traités comme des rois et mais qu’eux se sont trop souvent comportés comme des bouffons.

La deuxième raison principale pour laquelle le LS va battre Servette samedi, et totalement relancer le championnat, a pour nom Giorgio Contini. La surprenante promotion conquise à la tête de Vaduz en 2014 lui avait fait croire que la recette utilisée au Liechtenstein était partout garante de succès. Son licenciement du FC Saint-Gall, après huit mois seulement, pour absence de spectacle a été un premier avertissement dont le Zurichois n’a pas voulu tenir compte.

À la Pontaise non plus, du moins jusqu’à la mi-novembre et sa prise de conscience – soufflée à son oreille ou pas importe finalement assez peu – que la progression collective d’une équipe supérieure individuellement à ses adversaires passe impérativement par le jeu et une attitude conquérante.

Créé: 07.12.2018, 18h23

Les dernières nouvelles du vestiaire genevois

Les absents

Servette est toujours privé de Lang, Busset et Souare. Pour le reste, Alain Geiger a tout le monde à disposition. Comme l’entraîneur a neuf joueurs non HTP (non formés en Suisse), il devra en écarter deux au dernier moment, seuls sept étant autorisés à figurer sur la feuille de match.

Alain Geiger

«Je m’attends à un match difficile, parce que Lausanne est une bonne équipe. Mes joueurs sont prêts pour ce choc. Nous allons à la Pontaise pour imposer notre jeu et prendre les trois points. Nous savons quoi faire, la confiance est là. Le mot d’ordre: ne rien lâcher de la 1re à la 97e minute.»

Le dernier supporter

Il vient de naître, il s’appelle Samuel et il fait le bonheur de Steve Rouiller et de sa femme depuis la nuit de jeudi à vendredi. «Il va nous apporter son soutien pour le derby», assure le défenseur central servettien.

C’est sûr, Servette va s’imposer et assommer le championnat

Le commentaire de Daniel Visentini

C’est fou, ça: une victoire contre un Winterthour privé de défense centrale, un nul à Aarau et voilà Lausanne qui bombe le torse à la veille d’un derby. Il faut dire que les Vaudois n’ont pas le choix: relégués à sept longueurs d’un Servette euphorique qui enfile les succès comme des perles, les hommes de Contini n’ont tout simplement pas le droit de perdre, ils sont même condamnés, déjà, à gagner. C’est la seule certitude comptable de ce choc, sauf que cet espoir lausannois a tout du vœu pieux.

La réalité est plus simple, elle ne s’embarrasse pas de suspense à entretenir, de calculs arrangeants, elle impose au contraire une lecture froide des dynamiques en jeu.

Pour le coup, Servette, toutes voiles dehors, a le vent en poupe, tandis que le LS, la coque froissée, tire des bords carrés. Cela ne garantit pas aux Grenat une victoire, mais pour tout dire, cela leur donne un sacré avantage, qu’ils confirmeront ce samedi.

Cela fera sans doute sourire les Vaudois et d’autres, mais les Genevois arriveront à la Pontaise en toute humilité. Et en pleine confiance. Le classement n’y est pour rien.

Là où Lausanne se cherche encore un projet de jeu, les Grenat en ont un, deux ou trois solides à opposer, tous performants. Là où Contini se tâte encore pour définir une réelle équipe type, Geiger a déjà la sienne et elle cartonne à chaque sortie depuis plusieurs semaines, avec la meilleure attaque et la meilleure défense en prime.

Surtout: Servette se comporte comme un groupe solidaire, homogène, équilibré. Qui vit sans se poser de questions improbables sur un futur virtuel. C’est tout le contraire à Lausanne. Le patron d’Ineos et des Vaudois s’est fendu d’une colère froide pour rappeler ses ouailles à leurs responsabilités? C’est le signe d’un club sous pression, au moment même où les Servettiens ont préparé ce match dans la sérénité.

D’un côté la passion triste d’une équipe qui plie régulièrement sous le poids de ses écrasantes ambitions et qui tremble donc à l’idée de perdre le derby; de l’autre la jubilation légère d’une troupe sûre d’elle, de son potentiel, de son jeu. La différence est immense.

Giorgio Contini a souligné qu’avec «Stevanovic, Servette peut compter sur un joueur qui devrait évoluer en Super League». L’entraîneur vaudois oublie Rouiller, Wüthrich, Alphonse, Sauthier, Cognat et on en passe. Mais il a raison sur le fond: c’est bien pour ça que Stevanovic & Cie joueront en Super League la saison prochaine. Au Servette FC. Et s’il faut battre le Lausanne ce samedi pour que cela soit clair, alors les Grenat battront Lausanne.

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