La Barillette fait rêver les uns et crever les autres

VTTPneus éclatés et souffle coupé: l’épreuve n’a pas épargné les 460 courageux partis à la conquête du sommet vaudois.

Lors de cette 25e édition, les 460 galériens du petit plateau ont eu le choix entre 15 km, 38 km et un «marathon» de 75 km.

Lors de cette 25e édition, les 460 galériens du petit plateau ont eu le choix entre 15 km, 38 km et un «marathon» de 75 km. Image: Vanessa Cardoso

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Le sommet de la Barillette n’est peut-être pas très haut (1528 m tout de même), mais à VTT, sa montée coupe le souffle et maltraite les cuisses. Ce passage obligé de la course éponyme forge les caractères autant que les mollets. Avec ses 1000 mètres de dénivelé, on a le temps de le maudire à chaque coup de pédale, de maugréer sur le jour où on a eu la faiblesse de s’inscrire. Avant de savourer la vue sur le Léman et de célébrer sa petite victoire personnelle, tout en promettant finalement de revenir l’année prochaine.

Lors de cette 25e édition, les 460 galériens du petit plateau ont eu le choix entre 15 km, 38 km et un «marathon» de 75 km. Des épreuves surnommées avec humour. «La classique de 15 km s’appelle «Va voir là-haut!» raconte Marc Amiguet, du comité d’organisation. Du coup, le «marathon» est devenu «Va voir loin là-bas!» et l’épreuve de 38 km, dont le parcours retourne à Chéserex, a été baptisée «Va voir là-haut, mais reviens quand même!»

«Le premier podium de ma vie»

Cédric Munger, 42 ans, n’oubliera jamais son ascension folle qui lui a offert la plus belle victoire sportive de sa carrière. Il y a six ans, la balance du Genevois de Bellevue affichait 100 kg. «Mon passé de coureur à pied m’a abîmé les genoux si bien que j’ai dû cesser le sport. D’où ma prise de poids.» Aujourd’hui, ce père de famille pèse moins de 70 kg. Il a atteint son objectif de gagner un jour les 15 km de la Barillette. À l’arrivée, il a savouré sa victoire avec son épouse et sa fille qui avait préparé un drapeau pour l’encourager. «C’est le premier podium de ma vie, ça fait bizarre, sourit l’homme, visiblement ému.» Ce succès est d’autant plus fort qu’il y a un an Cédric Munger avait cassé sa chaîne en début de parcours, alors qu’il était en tête.

Une poisse mécanique qu’a connue, cette année, Alexandre Bryand. Le double vainqueur du Grand Raid a crevé deux fois, lors du «marathon». Lui qui connaît pourtant chaque caillou de cette Barillette. «Il faut croire qu’il y en a deux qui m’étaient étrangers, rigole-t-il, malgré ses malheurs. C’était juste après le passage de la Barillette, lors de la première descente. Le temps de réparer mon pneu, de repartir et je crève une deuxième fois.» Poursuivi par la guigne, il remarque qu’une valve est percée et abandonne. «Au moins, j’ai gardé des forces pour le Grand Raid, le week-end prochain», philosophe-t-il.

Pour le plaisir

Anthony Grand, de Saint-Légier, a connu plus de succès. Avec son chrono de 3 h 50’ 26”, il a réussi le 2e temps du marathon, derrière Arnaud Rapillard (3 h 47’ 39”). Ce spécialiste de cyclocross qui tentera d’approcher les 7 h sur le parcours Verbier-Grimentz, au Grand Raid, est venu se «chauffer les jambes» à Chéserex. «Je le fais pour le plaisir, le dépassement de soi, les paysages et pour me retrouver avec les copains, assure Anthony Grand. La semaine prochaine, ce sera différent. Sur de telles épreuves (125 km), on n’est jamais à l’abri d’une défaillance mécanique, physique ou mentale.»

Émilie Jaccard, de la vallée de Joux, n’a heureusement pas eu de souci mécanique lors de la course des 38 km. «La montée de 1000 m de dénivelé était très longue. J’ai eu des instants de doute. Quand je suis arrivée au sommet, je me suis dit que ce n’était pas le moment de faire demi-tour», rigole cette spécialiste de trail qui a le mérite d’avoir dompté la Barillette.

Créé: 18.08.2019, 18h41

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