«L’apaisement est survenu la semaine de mes 30 ans»

TennisTimea Bacsinszky a beaucoup évolué au cours des derniers mois. La Vaudoise entre en lice mardi en simple au Ladies Open Lausanne.

La Vaudoise espère briller au Ladies Open Lausanne, un tournoi dont elle est l'ambassadrice.

La Vaudoise espère briller au Ladies Open Lausanne, un tournoi dont elle est l'ambassadrice. Image: Keystone

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Timea Bacsinszky, qu’est-ce qui a changé depuis que vous avez franchi le cap des 30 ans, le 8 juin?
L’âge reste un chiffre. Moi, je me suis arrêtée à 27 ans! Tout simplement parce que j’ai trouvé tellement cool lorsque j’avais cet âge-là (elle rigole).

Prendre de l’âge, pour une sportive de haut niveau, n’est-ce pas un peu angoissant, tout de même?
Vieillir ne m’angoisse absolument pas. En fait, j’ai toujours voulu grandir trop vite. Je voulais avoir 18 ans le plus vite possible, puis 25 ans, puis vite 30 ans… Comme si, à l’époque, je n’arrivais pas à vivre le moment présent. Aujourd’hui, j’ai appris à en profiter. C’est important, parce que demain, on ne sait pas si on sera encore là…

Avant le tournoi de Wimbledon, vous aviez déjà laissé sous-entendre que votre état d’esprit avait changé…
Oui, et je ressens désormais un véritable apaisement personnel.

C’est-à-dire?
Un apaisement qui est survenu la semaine de mes 30 ans. C’est marrant, non? J’ai ressenti de l’amour pour moi-même, quelque chose que je n’avais jamais ressenti par le passé, ou alors très rarement. Un apaisement avant tout au niveau de la confiance en mes choix, en la personne que je suis. C’est arrivé du jour au lendemain, et ça n’a fait qu’évoluer depuis. J’ai commencé à comprendre successivement plein de choses. Parfois, je me dis: tiens, ce que tu fais là, tu le faisais complètement différemment avant. Idem dans mes interactions avec les gens.

Qu’avez-vous fait pour arriver à cet état d’apaisement, de paix intérieure?
Cela fait un certain nombre d’années que je consulte une psychothérapeute, et c’est d’ailleurs quelque chose dont j’ai toujours ouvertement parlé. Il n’y a pas de formule magique: c’est un travail personnel que j’ai entrepris il y a longtemps. Il a fallu du temps pour que tout se mette en place. Mais je suis heureuse d’y être arrivée.

N’êtes-vous pas aussi devenue végétarienne?
Cela fait partie de tous ces changements. J’ai énormément d’énergie depuis que j’ai modifié mon alimentation.

Votre sentiment avant votre entrée en lice en simple?
Je suis en forme. Je me sens très, très bien. Le fait d’être l’ambassadrice du tournoi ajoute une pression supplémentaire, c’est un challenge.

Votre adversaire du jour, la Suissesse Jil Teichmann (WTA 89), vous la connaissez par cœur. Un avantage?
On se connaît très bien pour s’être souvent entraînées ensemble. Mais en match, c’est très différent. Jil, je ne l’ai affrontée que deux fois, il y a assez longtemps. La forme du jour fera la différence. Notre connaissance mutuelle est extrêmement grande. Chacune connaît les faiblesses de l’autre.

À quel point est-ce important pour vous de gagner après vos récentes défaites au premier tour à Wimbledon et Contrexéville?
Très important. J’aborde ce match contre Jil en me disant que je vais le gagner. En même temps, je pense que je dois laisser venir les choses à moi, que je ne dois rien forcer. J’ai concédé deux défaites depuis que mon état d’esprit a changé, c’est vrai. Mais ce n’est pas parce que l’on se sent apaisé que l’on va forcément gagner chaque match. À moi, maintenant, de transformer ces défaites serrées en victoires. Je sens que je suis sur le bon chemin.

Être trop relax, est-ce vraiment une bonne chose en tennis?
C’est certain que l’état d’esprit dans lequel je me trouve depuis quelques semaines a un impact sur mon tennis. Je dois désormais réussir à trouver un équilibre entre apaisement et rage de vaincre sur le terrain. C’est en train de se mettre en place.

La flamme pour le tennis est donc toujours bien présente?
Sur un terrain de tennis, on est obligé de montrer son âme, en quelque sorte. J’avais peur de ne plus avoir cette flamme intérieure pour aller chercher des grands matches, des points et des victoires difficiles. Lorsque je suis allée à Wimbledon, j’ai ressenti que cette détermination était toujours bien présente, que je voulais toujours gagner des matches.

Créé: 16.07.2019, 07h53

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