24 personnes touchées à «24 heures» et la «Tribune»

MédiasTamedia a annoncé mardi le contenu de sa restructuration. Ces mesures vont impacter plus de vingt employés.

Vingt-quatre personnes seront touchées par les mesures de restructuration de Tamedia.

Vingt-quatre personnes seront touchées par les mesures de restructuration de Tamedia. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Tamedia réduit les effectifs des rédactions de 24 Heures et de la Tribune de Genève (TdG). Ces mesures toucheront 31 personnes, dont 24 seront licenciées. Les journalistes des deux titres sont sous le choc et en colère. Soutenus par les autorités politiques, ils dénoncent un coup terrible à la presse romande.

L'éditeur a justifié mardi ces suppressions d'emplois par l'accélération de la baisse du chiffre d'affaires publicitaire. Comparé à 2015, les deux journaux de l'arc lémanique ont enregistré un recul de 14% de leurs revenus publicitaires depuis le début de 2016.

A la TdG, 10,5 postes seront supprimés. Cette diminution se traduira par huit licenciements et quatre départs à la retraite. A 24 Heures, 19 emplois seront supprimés; il y aura 16 licenciements. Deux départs ne seront pas remplacés, de même qu'une personne partant à la retraite, a précisé le rédacteur en chef Thierry Meyer. Les journalistes des deux titres se sont dits médusés par l'ampleur de la restructuration.

Manifestations à Lausanne et Genève

Environ 200 personnes ont manifesté à Genève devant la TdG et plus de 150 personnes ont défilé dans les rues de Lausanne pour protester contre la restructuration des journaux. Selon Karim Di Matteo, membre de la Société des collaborateurs de 24 Heures, ces mesures font courir le risque d'un démantèlement de la presse romande.

Pour les employés, la pilule est d'autant plus amère que ces économies interviennent alors que le groupe Tamedia a réalisé un gain de 334 millions de francs en 2015. Il n'existe toutefois pas de «vases communicants» entre les secteurs du groupe qui rapportent et les journaux qui traversent une crise, ont-ils regretté.

Monde politique inquiet

Les Conseils d'Etat genevois et vaudois ont exprimé leur vive préoccupation à propos de cette restructuration. «Nous avons dit notre disponibilité à Tamedia» pour une rencontre, a précisé le président du gouvernement vaudois Pierre-Yves Maillard, qui a souligné l'importance de deux titres pour la démocratie régionale. Les autorités communales se sont également manifestées, neuf villes vaudoises ayant adressé une lettre à Tamedia.

De leur côté, les syndicats Impressum et syndicom ont demandé à Tamedia de renoncer à tout licenciement et réduction budgétaire. Ils relèvent qu'au vu des résultats financiers de l'éditeur zurichois, l'annonce d'épargne sur les rédactions-phares des régions de la Suisse romande est «inutile et dommageable pour tout le groupe».

Peu de détails

Responsable de la communication pour Tamedia en Suisse Romande, Patrick Matthey n'a pas voulu entrer dans les détails de la réorganisation des deux journaux romands, ni indiquer les rubriques touchées. Les personnes concernées seront averties ces prochaines semaines, a-t-il fait savoir.

Tout au plus Tamedia a-t-il indiqué que, dès le premier trimestre 2017, les deux quotidiens régionaux opéreront une plus stricte hiérarchisation de l'information dans les matières suisse, internationale, économique, culturelle et sportive, adaptée aux besoins des lecteurs d'aujourd'hui. Ils privilégieront les sujets originaux à forte valeur ajoutée.

Plus régional

Les éditions imprimées seront ainsi plus resserrées en semaine, plus étoffées le samedi, explique Tamedia dans un communiqué. La couverture médiatique des cantons de Vaud et Genève en sera ainsi renforcée, assure Patrick Matthey à l'adresse des détracteurs. Il a précisé à l'ats en fin de journée qu'il prend note des critiques des syndicats, des milieux politiques, et autres points de vue sur internet.

Le travail de réflexion au sein des deux journaux pour répondre à la très forte baisse des revenus a commencé fin 2015. Il fallait des mesures d'économies par rapport à l'évolution du marché, afin d'assurer la pérennité des marques, a souligné M. Matthey.

Tamedia a racheté Edipresse, éditeurs des deux titres lémaniques, en 2009. Le groupe zurichois a déjà procédé à plusieurs licenciements dans le bassin lémanique, notamment 21 en 2012. (ats/nxp)

Créé: 27.09.2016, 11h38

Articles en relation

Tamedia vend Swiss Online Shopping à des Allemands

Commerce en ligne Le groupe de médias zurichois cède sa filiale active dans la mode en ligne au bavarois Schustermann & Borenstein. Plus...

Tamedia a bénéficié de la fusion des annuaires

Media Le bénéfice net a plus que doublé en 2015 tandis que le chiffre d'affaires a reculé avec le ralentissement économique et l'évolution structurelle. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les Suisses disent non à la réforme des retraites
Plus...