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États-UnisDonald Trump ne veut pas de changements pour les débats

Malgré le chaos qui a régné lors du premier débat avec Joe Biden mardi, le président américain n’est pas favorable à un changement des règles.

Le président américain Donald Trump s’est dit jeudi opposé à tout changement de règles pour ses prochains débats avec Joe Biden, après un premier duel télévisé cacophonique sans vrai débat d’idées.

Organisme indépendant, la commission chargée d’organiser les débats électoraux aux États-Unis a annoncé mercredi la mise en place de nouvelles mesures pour permettre une discussion «plus cadrée», lors de deux prochains face-à-face entre les candidats à la Maison-Blanche. Si elle n’a donné aucune précision à ce stade, des médias américains ont évoqué la possibilité de couper le micro des candidats s’ils ne respectent pas les règles sur lesquelles ils se sont engagés.

Mais le locataire de la Maison-Blanche, en grande difficulté dans les sondages à un mois du scrutin, ne l’entend pas de cette oreille. «Pourquoi est-ce que j’autoriserais la Commission des débats à changer les règles pour les deuxième et troisième débats alors que j’ai facilement remporté le premier?», a-t-il tweeté. Donald Trump martèle – sans éléments concrets à l’appui – qu’il est sorti grand vainqueur de son affrontement avec son rival démocrate.

«J’ai largement gagné le débat, selon une compilation de sondages etc.», a-t-il lancé sur son réseau social préféré, sans autres explications sur le «et cætera». Sa porte-parole, Kayleigh McEnany, s’est montrée encore plus explicite, affirmant, dans une réponse chargée d’ironie, que les changements que le président accepterait seraient «un changement du modérateur et un changement du candidat démocrate».

«Un magnifique gâteau»

Malgré ses tentatives répétées, Chris Wallace, présentateur chevronné de Fox News, n’a pas pu empêcher le débat entre les deux candidats septuagénaires de virer au chaos, avec une avalanche d’invectives et de railleries. Il a fait l’objet de vives critiques de la part du président et son équipe, qui l’ont accusé de faire le jeu du candidat démocrate.

«J’imagine que je suis en débat avec vous, pas avec lui, mais cela ne me surprend pas», lui a lancé le président durant le débat. «Il travaille peut-être sur Fox mais il n’est pas conservateur, il n’est même pas centriste non plus», a surenchéri son fils, Donald Jr, à l’issue de l’exercice. Interrogé jeudi sur Fox News, Chris Wallace a fait part de sa vive déception, et de son exaspération, évoquant «des centaines d’heures de travail de préparation et de recherche pour avoir un débat charpenté, sur le fond».

Selon les données de l’institut Nielsen, environ 73,1 millions de personnes ont suivi ce premier débat.
Selon les données de l’institut Nielsen, environ 73,1 millions de personnes ont suivi ce premier débat.
AFP

«J’espérais vraiment aboutir au genre de débat dont, je pense, l’Amérique avait envie, avec des échanges sérieux», a-t-il expliqué. «J’ai eu le sentiment que j’avais rassemblé tous les ingrédients. J’avais préparé un gâteau magnifique, délicieux, et, franchement, le président a tout réduit en bouillie».

Dans le camp Biden, on assure que l’ancien vice-président de Barack Obama participera «en respectant les règles de la Commission». «La seule question qui vaille est de savoir si le président respectera les règles lors des deux prochains débats», a indiqué Andrew Bates, l’un des porte-parole de son équipe de campagne.

Selon les données de l’institut Nielsen, environ 73,1 millions de personnes ont suivi ce premier débat. Un chiffre en deçà des attentes initiales et inférieur à celui du premier débat Clinton-Trump de 2016 (84 millions).

Les deux autres débats présidentiels sont prévus les 15 et 22 octobre, respectivement à Miami, en Floride, et à Nashville, dans le Tennessee. Le vice-président républicain Mike Pence affrontera de son côté la colistière de Joe Biden, la sénatrice Kamala Harris, le 7 octobre à Salt Lake City, dans l’Utah.

AFP/NXP