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L’invité de la rédactionDéveloppement urbain: le malaise est profond

Et de 7 en 1 an…! Après les récents refus populaires de densification au Petit-Saconnex, à Cointrin Est et Ouest, après les refus du déclassement du Pré-du-Stand au Grand Saconnex et d’Avusy en Champagne, une initiative cantonale pour un aménagement plus démocratique à Genève et un référendum contre le déclassement d’une zone agricole de 5 hectares à Bernex viennent de récolter le nombre de signatures nécessaires pour être soumis à la population.

Que se passe-t-il donc à Genève? Ces refus récurrents ne sont-ils pas l’expression d’un malaise profond entre la vision du développement de nos autorités et celle de la population?

Une certitude aujourd’hui: l’État n’arrive plus à faire passer ses messages sur l’aménagement du canton. La confiance est rompue. Après cinq échecs cinglants et deux votations en devenir, il est impératif de proposer des alternatives à cette densification forcenée et destructrice d’une part importante de notre patrimoine.

Comment en est-on arrivé à cette évolution des consciences? La récurrence d’informations sur le réchauffement climatique, la mobilité, l’environnement, la mondialisation, la perte de repères et de valeurs, la pandémie en cours façonnent semble-t-il la naissance d’une forme d’intelligence collective, de bon sens populaire qui s’exprime, parfois de manière contradictoire, mais qui donne la direction et les grandes lignes à suivre. C’est l’expression d’une société qui évolue, qui s’adapte en fonction de son environnement direct.

Certains parleront d’égoïsme, de conservatisme, de frilosité, de refus d’accepter la fatalité, voire de xénophobie quant à limiter l’immigration, bref, tous les poncifs assénés de manière récurrente par tous les milieux intéressés à ce que rien ne change pour poursuivre la course en avant, et ils sont encore nombreux.

D’autres mettront en avant une évolution dans les mentalités, voire un changement de paradigme dont les finalités, compte tenu des contradictions du monde dans lequel nous vivons, restent à définir avec plus de précision. La percée des «Verts», les succès référendaires passés et à venir en sont une des formes d’expression. D’une certaine manière, la pandémie actuelle révèle également beaucoup de nos excès, particulièrement en matière de densification.

Les «rencontres du développement», tables rondes organisées au mois de septembre 2020, ont traité passablement de thèmes sensibles et importants. Celui de l’économie genevoise en était un essentiel. Aller dans le sens souhaité par une part grandissante de la population consiste à favoriser un développement économique plus en phase avec les ressources locales existantes en termes de population et d’environnement.

C’est une transition vers une économie de proximité. Au même titre que la transition écologique semble être entrée dans le langage commun et mise petit à petit en pratique, la transition économique doit devenir une priorité sans laquelle notre canton continuera à subir la densification, la perte de patrimoine et la disparition de tout ce qui a fait le succès de Genève.

12 commentaires
    Camille Fleury

    Il est à noter que cet article est une opinion. Qui n'est donc pas de nature à être forcément objective et cela bien que la question de fond soit pertinente.