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MéditerranéeLes gardes-côtes italiens à la rescousse du bateau de Banksy

Les gardes-côtes italiens ont rejoint le bateau affrété en Méditerranée par l’artiste de rue Banksy et ont évacué 49 migrants «fragiles» à bord d’un bateau de patrouille.

Le bateau affrété par l’artiste Banksy est un ancien navire des douanes françaises.
Le bateau affrété par l’artiste Banksy est un ancien navire des douanes françaises.
KEYSTONE/AP/Santi Palacios

Les gardes-côtes italiens ont répondu samedi aux messages de détresse en Méditerranée du navire «Louise Michel», affrété par l’artiste de rue Banksy. Ils ont évacué prioritairement les 49 personnes les plus fragiles.

«Au vu de la dangerosité de la situation, les gardes-côtes ont envoyé sur place un bateau de patrouille depuis Lampedusa qui a embarqué les 49 personnes jugées les plus fragiles, dont 32 femmes, 13 enfants et 4 hommes», indiquent-ils dans un communiqué.

Le «Louise Michel», qui a secouru en mer un total de 219 migrants en deux opérations, se trouve dans «une zone de recherche et de secours» de l’Etat de Malte.

Mais «en raison de la détérioration attendue des conditions météorologiques maritimes dans la région», Malte a contacté les garde-côtes italiens pour mener à bien l’opération.

«Les gardes-côtes italiens ont pris 49 des survivants les plus fragiles! C’est super et cela nous laisse avec une majorité toujours en attente», a réagi sur son compte Twitter l’équipage du navire, qui a encore la charge de 170 personnes.

Aide d’un autre bateau humanitaire

Il signale cependant l’arrivée sur place du bateau humanitaire Sea-Watch 4 qui «va nous aider à faire ce que l’Europe n’est pas capable de faire», écrit-il.

Sea-Watch 4, actuellement en Méditerranée où il a secouru 170 migrants, est affrété par l’ONG allemande Sea-Watch et l’organisation Médecins sans frontières. Il est également à la recherche d’un port de débarquement.

«Nous avons une clinique à bord du Sea-Watch 4 et on va voir comment on peut les aider. On pourra aussi peut-être prendre des migrants à bord même si nous avons des procédures Covid à respecter», a indiqué samedi Hassiba Hadj-Sahraoui, chargée des questions humanitaires de MSF aux Pays-Bas, dénonçant la «situation intenable» des navires humanitaires en Méditerranée.

Autre bateau en route

Parallèlement, le collectif italien de gauche Mediterranea a annoncé samedi le départ de son navire Mare Ionio depuis le port d’Augusta, en Sicile, pour porter également assistance au Louise-Michel.

Le site Marinetraffic indique que le Louise Michel se trouve à une centaine de kilomètres au sud-est de l’île italienne de Lampedusa, au sud de la Sicile.

Plus de départs

Selon les dernières données du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les tentatives de départ augmentent en Méditerranée, route migratoire la plus meurtrière du monde.

Entre début janvier et fin juillet, les tentatives au départ de la Libye ont augmenté de 91%, comparé à la même période l’an dernier, représentant 14’481 personnes ayant pris la mer.

Un mort à bord

Le navire humanitaire Louise Michel, qui compte seulement dix membres d’équipage, avait lancé un appel à l’aide dans la nuit de vendredi à samedi, en déplorant notamment un mort à bord.

Les migrants recueillis ont pour leur part évoqué la mort de trois personnes en mer avant leur repêchage, rapporte le bateau affrété par Banksy.

Après un premier sauvetage jeudi, l’équipage du Louise Michel avait indiqué avoir récupéré vendredi 130 nouveaux migrants à la dérive à bord d’un canot pneumatique qui prenait l’eau. Le bateau devenu surpeuplé et ne pouvant plus avancer, avait dû laisser 33 personnes sur un bateau de sauvetage amarré au Louise Michel.

Affrété dans le plus grand secret

Le navire, baptisé du nom d’une anarchiste française du XIXe siècle et affrété dans le plus grand secret, il est parti le 18 août d’Espagne.

Sa capitaine est Pia Klemp, une militante allemande pour les droits humains connue pour avoir conduit plusieurs autres navires de sauvetage, dont le Sea-Watch 3. Elle fait toujours l’objet d’une enquête par la justice italienne, notamment pour «aide à l’immigration illégale».

ATS/NXP