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Rendez-vous en mer inconnueDésert de tous les fantasmes,le Grand Sud fait les grands marins

Les marins du Vendée Globe vont aborder les mers du Sud. Zoom sur ce no man’s land marin qui fascine autant qu’il fait peur. Même les plus chevronnés comme le Britannique Alex Thomson n’y sont pas insensibles.

Les conditions extrêmes dans le Sud mettent les skippers sous pression. Alex Thomson (ici en action en 2016) parle d’un stress permanent.
Les conditions extrêmes dans le Sud mettent les skippers sous pression. Alex Thomson (ici en action en 2016) parle d’un stress permanent.
Cleo Barnham/Hugo Boss/Vendée Globe

La navigation en slip, c’est bientôt fini. Les solitaires qui ont franchi l’équateur foncent (presque) tout droit vers le sud. Ils vont ressortir cirés et polaires pour affronter les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants. Cette route du Sud, ouverte en 1610 par le navigateur néerlandais Hendrick Brouwer, est le gros morceau du Vendée Globe. Elle n’a rien d’une partie de plaisir. Le Grand Sud, ce sont des vents violents, une mer parfois démontée. Dans cette partie du globe où les masses d’air ne rencontrent plus aucun obstacle terrestre, les marins grimpent sur un carrousel en mouvement perpétuel. Le leader, Charlie Dalin, comme tous ses concurrents, aborde le passage périlleux de son tour du monde avec une curiosité mêlée d’une certaine dose d’angoisse et d’impatience. Il sait qu’une fois laissé sur sa gauche le cap de Bonne-Espérance, le match commence vraiment. «On entre dans une zone de tempête délicate, explique Dominique Wavre. J’ai une affinité particulière pour le Grand Sud. C’est un endroit inhospitalier et sauvage, mais dans lequel les lumières sont très particulières. La mer l’est aussi. Elle est profonde, elle a un souffle unique, on sent sa puissance. Ce sont des sensations que j’apprécie tout particulièrement.»

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