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SciencesDes yeux des insectes aux lentilles de contact

Les yeux de certains insectes pourraient trouver des applications intéressantes dans le monde des humains, selon des chercheurs des universités de Genève, de Lausanne et de l’ETH de Zurich

Découverte intéressante pour les lentilles de contact.
Découverte intéressante pour les lentilles de contact.
DR/Photo d’illustration

Un revêtement antireflet et antiadhésif qui recouvre les yeux de certains insectes pourrait trouver des applications intéressantes dans le monde des humains. C’est l’avis de chercheurs des universités de Genève, de Lausanne et de l’ETH de Zurich qui sont parvenus à reproduire cette étrange matière.

Ce nano-revêtement, formé d’un réseau de protubérances minuscules, a été découvert à la fin des années soixante sur des papillons de nuit, relève mercredi, dans un communiqué, le professeur Vladimir Katanaev, du département de physiologie cellulaire et métabolisme de la Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE).

En 2011, l’équipe du professeur genevois découvre que ce revêtement se trouve aussi sur les yeux de la mouche de vinaigre, un insecte beaucoup plus adapté à la recherche que les papillons de nuit, en particulier parce que son génome a été entièrement décrypté. Des études poussées ont alors pu être entreprises sur ce revêtement.

Les scientifiques ont découvert que la matière était composée de deux ingrédients, soit une protéine qui est appelée «rétinine» et de la cire cornéenne. Ces deux éléments interagissent entre eux pour former ces petites boules qui ont pour effet de réduire la réflexion de la lumière.

Avantage dans l’obscurité

Une cornée d’insecte sans ce revêtement réfléchit environ 4% de la lumière incidente. Chez celle qui en est recouverte, cette proportion tombe à zéro, noté l’UNIGE. La différence peut ne pas sembler énorme, mais elle constitue un avantage non négligeable dans des conditions d’obscurité.

Les chercheurs suisses ont pu produire de la «rétinine» à l’aide de bactéries génétiquement modifiées. Ils ont ensuite mélangé la substance avec différentes cires commerciales et sont parvenus à reproduire facilement un nano-revêtement semblable à celui qui équipe les yeux de certains insectes.

«Nous pensons que nous pouvons déposer un tel nano-revêtement sur presque n’importe quel type de surface», note le professeur Katanaev. Les propriétés de la matière ont déjà éveillé l’intérêt des fabricants de lentilles de contact. Son caractère antiadhésif pourrait aussi séduire les producteurs d’implants médicaux.

Les travaux des chercheurs suisses ont fait l’objet d’un article dans la revue «Nature».

ATS/NXP