Monde de la nuitDes seniors pétillants s’éclatent au MAD Club
Avec succès, la discothèque lausannoise et Pro Senectute Vaud ont lancé un nouveau rendez-vous festif nommé «Forever Young» pour les plus de 60 ans.
Au sommet du célèbre Mad Club de Lausanne, une soirée particulière se déroule. Des jeunes retraités arrivent sagement, bien habillés. On leur distribue des chapeaux de cow-boy dorés en guise de bienvenue. La piste de danse s’anime, tranquillement. Ce nouveau rendez-vous mensuel, réservé aux 60 ans et plus et baptisé «Forever Young», accueille beaucoup de femmes, qui seront bien plus nombreuses que les hommes ce soir. Beaucoup moins timides aussi.
Le DJ prend la parole pour saluer son public. La musique française est à l’honneur, Dutronc succède à Hallyday. On tape dans les mains et on connaît les paroles par cœur. Il est 21 h, le ton est donné.
La soirée ne tarde pas à s’enhardir. Elle est prévue sur un format de deux heures, après quoi les plus jeunes rejoindront leurs aînés ou ceux-ci pourront aller à leur rencontre dans les étages inférieurs.

«Notre objectif, c’est de vieillir en dansant», lance Leocadia, 67 ans, en virevoltant sur la piste au bras de Luc, qui partage sa passion pour la danse. Dans la salle, les regards sont joyeux, les sourires sont de sortie. Il y a ceux qui s’accoudent au bar et observent, et les autres, qui se charment joyeusement. Les téléphones portables aussi sont de la partie. On filme l’instant et des souvenirs ressurgissent.
«Il y a une trentaine d’années, je venais de Genève avec quelques copines, nous étions un peu allumées», s’amuse Karijn, 65 ans. Ce soir, la musique est moyennement à son goût: «Je n’aime pas Claude François», s’exclame-t-elle.
Le club est bondé, l’essai transformé
Au troisième étage du MAD, les 350 places de l’élégant JetLag ont presque toutes trouvé preneur, malgré le week-end pascal. «Ici, il y a 150 places assises», explique le copropriétaire des lieux, Igor Blaska. «C’est plus confortable pour cette clientèle. Le succès étant au rendez-vous, peut-être faudra-t-il penser à ouvrir un étage supplémentaire.» Pour l’instant, tous les derniers samedis du mois sont confirmés.
Le public est réceptif et positif. Le DJ Vkee Madison mène la danse. Une dame l’interpelle: «T’as pas Joe Dassin?» Les demandes, il les traite au mieux mais sans trop s’éloigner de son set. Ce soir, il fera une concession, plus de rock. Il est 22 h, la piste et ses abords s’enflamment. Les pas de danse et les lumières assurent le spectacle. Sous la boule à facettes, la veste à paillettes de Jacqueline illumine le nœud papillon de John, son mari. Coquette, elle ne donnera pas son âge, mais un indice quand même: ils sont mariés depuis cinquante-trois ans.

La boisson vedette de la soirée: le gin tonic, raconte Rafael, derrière l’un des trois bars de l’étage. Mais les cocktails suivent de très près. Il a servi également beaucoup de jus, des sodas et de l’eau. Les danseurs n’oublient pas de se rafraîchir, de s’hydrater surtout. Une boisson est offerte avec le prix du billet, 15 francs.
Partout, on danse, on tape des mains, on lève les bras. On chante à pleine voix sur du ABBA et des titres anglo-saxons. La fièvre a bien pris ce samedi soir, les pieds collent sur le sol. Une équipe médicale de trois personnes veille au grain. Pas de problème à signaler.
23 h, Jean-Jacques Goldman nous chante «Quand la musique est bonne», et pas de fatigue en vue. Certains chapeaux dorés se mélangent au public des étages inférieurs. À cette heure-ci, la différence avec les plus jeunes s’estompe.
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