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L’invitéDes scénarios pour la neutralité carbone

Si les enjeux écologiques sont sur le devant de la scène publique et médiatique, les mesures actuelles sont nettement insuffisantes pour espérer atteindre ou même nous approcher d’un objectif de neutralité carbone pour 2030. Les stratégies publiques visent encore à inciter les acteurs économiques à améliorer leurs pratiques écologiques, dans l’objectif de réduire progressivement l’empreinte environnementale de notre société. Or, une récente étude* commanditée par le Canton auprès de l’UNIL montre bien qu’un tel scénario ne nous permettra pas d’atteindre la neutralité carbone (1 tonne de CO2/habitant/an).

Il est donc nécessaire d’impulser une transition écologique et sociale en rupture avec les modes de production et de consommation actuellement les plus répandus.

Renverser cette logique et partir de l’objectif de neutralité carbone permet d’estimer quelles pratiques permettent de proposer des biens et services sans dépasser cette limite, et quelles pratiques abandonner ou adapter pour y parvenir. À cet égard, les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) ont testé depuis des dizaines d’années des modèles pionniers en matière de durabilité: intrinsèquement ouverte aux échanges, l’ESS représente un gisement de bonnes pratiques.

Il faut aujourd’hui investir de manière massive, efficace et ciblée pour soutenir les entreprises déjà fortement engagées, existantes et en création, et accompagner la transformation des entreprises traditionnelles pour produire des biens et services «transition-compatibles».

Il est crucial que les citoyen-ne-s aient l’opportunité de contribuer activement à cette transition, pour en être actrices et acteurs. Un processus top-down ne suffira pas: les changements nécessaires ne se produiront pas sans la mobilisation de la population, qui est aujourd’hui globalement consciente des enjeux et prête à s’investir concrètement. Il s’agit donc de déployer une stratégie de développement bottom-up, articulée à l’échelle des quartiers, permettant de tirer parti de toutes ces énergies que nous observons au quotidien.

Ce chantier sociétal doit être accompagné de moyens – notamment par le biais de budgets participatifs par quartier ou commune – pour financer le démarrage de projets entrepreneuriaux et citoyens, afin que ces entreprises se développent avec succès et essaiment d’un quartier à l’autre dans une logique d’innovation ouverte: bibliothèque d’objets, épicerie participative, coopérative d’entrepreneur-e-s salarié-e-s, entreprise de mobilité douce, troc d’habits, potager urbain, auberge des voisins, coopérative de production solaire, etc.

C’est dans cette perspective qu’APRÈS – le réseau genevois de l’ESS – active nombre de ses projets, qu’il s’agisse d’accompagnement entrepreneurial (IMPACTANTES, Prix IDDEA), d’advocacy auprès des autorités publiques ou encore d’inspiration avec Demain Genève, le podcast COMMUNS*, les cafés des bonnes pratiques, et de nouveaux locaux dont l’inauguration est prévue pour cet automne et qui permettront d’accueillir et faire rayonner les artisan-ne-s de cette transition. Donnons-nous les moyens d’en faire une opportunité historique et non un sacrifice, avec des financements ciblés afin que la Suisse réduise partout – localement – son empreinte écologique, tout en augmentant le bien-être social de sa population. Ne soyons pas caution de cet immobilisme.

* Étude exploratoire «Neutralité carbone» à Genève en 2050: https://ge.ch/document/etude-exploratoire-neutralite-carbone-geneve-2050

** COMMUNS sur les plateformes de podcasts et apres-ge.ch/podcast/

14 commentaires
    Semaphore006

    Beaucoup de bla-bla, alors qu'il suffit de se poster sur le pont du Mont-Blanc pour réaliser que les Genevois ne sont pas encore prêts au "Grand Soir", même repeint en vert !

    Dans cette affaire c'est un peu comme avec le désarmement: tout le monde est pour (au moins en public), mais personne ne veut être le premier.