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L’éditorialDes plages, oui, mais
plus vite

Les Genevois disposeront d’un nouveau lieu de baignade au quai Wilson. L’Exécutif de la Ville vient de déposer un crédit d’étude pour cette réalisation. L’idée n’est pas nouvelle, elle date de 2017. Mais il faudra encore passer par de multiples études, un nouveau concours d’architectes et des débats politiques pour qu’elle se concrétise… en 2025 au mieux. Il aura donc fallu huit longues années pour aménager modestement ce bout de quai.

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Le contraste est saisissant avec les pistes cyclables qui ont surgi ces jours dans la ville. Profitant du coronavirus et de son état d’urgence, elles ont été tracées en quelques semaines à peine. Certes, à la hussarde et à titre provisoire. Mais il en restera toujours quelque chose.

Ce décalage entre les deux temporalités révèle un constat sans équivoque: les autorités sont trop lentes à aménager des espaces publics. Et ce n’est pas un caprice de baigneur de le dire. Avec ce déconfinement qui n’en finit pas, les Genevois seront nombreux cet été dans la ville. Les canicules futures vont encore les jeter dans les rues à la recherche de fraîcheur. Et la classe moyenne, qui n’a plus les moyens d’un chalet à la montagne, viendra grossir les cohortes d’estivants.

Les autorités n’ont pas pris la mesure de cette nouvelle donne. Au printemps dernier, elles ont promis la plantation de nombreux arbres pour lutter contre les îlots de chaleur et rendre la ville plus agréable. Rien n’est venu. Il devient donc impératif que les communes et l’État revoient leur manière de travailler pour accélérer le mouvement. Cela doit passer aussi par une réforme de la justice, dont la lenteur permet aux opposants de tout poil de jouer la montre et d’engluer les projets. À l’avenir, on ne jugera plus seulement les projets sur leur qualité mais sur leur rapidité d’exécution.

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