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CoronavirusDes ONG de la Genève internationale en danger

La plupart des organisations internationales à Genève s’attendent à des difficultés financières dès 2021. Certaines parlent même d’une menace significative.

Les réunions de la Genève internationale ont presque toutes été annulées et les ONG déplorent un impact sur leurs liens avec l’ONU et les organisations internationales (archives).
Les réunions de la Genève internationale ont presque toutes été annulées et les ONG déplorent un impact sur leurs liens avec l’ONU et les organisations internationales (archives).
KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Quelques ONG de la Genève internationale estiment être en danger pour le maintien de leurs activités dans les prochains mois en raison de la pandémie. Au moins une trentaine ont réduit leur personnel et le même nombre le prévoit dans les six prochains mois.

Selon un sondage mené ces dernières semaines par la structure en charge de l’accueil de la Genève internationale, la plupart des organisations s’attendent à des difficultés à plus long terme, dès 2021. La situation dépendra de la poursuite du financement de donateurs eux-mêmes confrontés à d’importants défis.

Parmi les 450 ONG identifiées, environ 125 ont répondu. Quelque 5% d'entre elles disent être en danger et une soixantaine parlent d’une menace significative. Pour le moment, seule la Plateforme de Genève sur le désarmement a annoncé récemment la fin de ses activités, trois ans après son lancement. Trial International a lancé un appel face aux difficultés auxquelles elle s’attend dans les prochains mois.

Presque toutes les ONG disent avoir été affectées, même si 54% parlent d’un impact peu élevé, et 79% ont dû réduire leurs activités. Ces derniers mois, toutes les réunions importantes, à quelques exceptions près, ont été annulées ou reportées. L’Assemblée mondiale de la santé a eu lieu, mais en ligne.

Parmi les ONG qui ont répondu au sondage, près de 90% ont des échanges avec l’ONU et les organisations internationales, dont deux tiers déplorent un effet négatif de la crise sur ces liens. Plus de 70% du total ont dû annuler des réunions prévues à Genève.

Peu d’augmentations de fonds prévus

Côté finances, plus de la moitié a été confrontée à une baisse de revenus. Une sur six environ devra faire face à un retrait de la contribution de donateurs, contre un report dans plus de 40% des ONG et un recul pour plus d’un tiers.

Autre indication, 60% n’ont demandé aucun soutien gouvernemental. Seuls 10% prévoient une augmentation de leur budget cette année, contre plus de 50% qui anticipent un recul.

Le secrétaire général de Terre des Hommes (TdH) Suisse, qui rassemble 23 collaborateurs à Genève et œuvre dans dix pays, affirme que l’incertitude pèse sur certains rassemblements, comme la Marche de l’espoir, qui alimentent l’enveloppe de son institution. Des dispositifs numériques sont évalués au cas où ceux-ci ne pourraient avoir lieu dans quelques mois, a-t-il dit lors d’une conférence publique. Il redoute que, dans de nombreuses régions, les enfants soient les «premières victimes» de la crise économique que la pandémie provoque.

Difficultés pour MSF

Pour Médecins Sans Frontières (MSF) Suisse, les difficultés récentes sont plutôt opérationnelles dans l’immédiat. L’inquiétude sur les fonds porte plutôt sur 2021, a estimé sa directrice Liesbeth Aelbrecht. Depuis mars, l’ONG n’a pu envoyer qu’un quart des personnes prévues dans les différents pays où elle œuvre à l’étranger.

Il y a un mois, elle avait appelé à réglementer l’accès au matériel de protection individuelle pour ceux qui sont «en première ligne», sous peine de devoir réduire certaines de ses activités. «La situation s’est un peu améliorée» mais elle reste «préoccupante», selon Mme Aelbrecht.

Comme l’a montré le lancement mercredi de la Fondation de l’OMS, de nombreuses organisations cherchent à diversifier leurs donateurs au travers d’entités indépendantes. Ce scénario devrait se poursuivre dans les prochaines années, estime un responsable des liens avec les ONG de la Genève internationale. «Genève reste une plateforme très importante», affirme encore de son côté la directrice de MSF Suisse.

(ATS/NXP)