Passer au contenu principal

Traitement du Covid-19Le CHUV reçoit des millions pour trouver les anticorps neutralisant le virus

Le Centre hospitalier universitaire vaudois touche un financement européen de 5 millions pour identifier des anticorps capables de «bloquer» le SARS-CoV-2.

Image d’illustration.
Image d’illustration.
Philippe Maeder

On parle beaucoup des vaccins. Dans la lutte contre le SARS-CoV-2, une autre stratégie thérapeutique est explorée: l’administration d’anticorps dits «monoclonaux», déjà utilisés dans le traitement des maladies auto-immunes ou du cancer.

Le Service d’immunologie et allergie du CHUV a décroché un financement européen de près de 5 millions de francs pour ses recherches visant à identifier des anticorps capables de neutraliser le SARS-CoV-2.

«On observe la capacité des cellules à produire des anticorps capables de neutraliser l’agent infectieux. On a déjà de bons candidats»

Professeur Giuseppe Pantaleo, chef du Service d’immunologie et allergie du CHUV

Les anticorps sont des protéines de défense de notre système immunitaire. Les chercheurs du CHUV travaillent à partir du sang de patients infectés. Il s’agit d’isoler les cellules B (lymphocytes) spécifiques au Covid-19. «On isole 2000 à 3000 cellules B et on les fait pousser en culture, explique le professeur Giuseppe Pantaleo, chef du Service d’immunologie et allergie. On observe leur capacité à produire des anticorps capables de neutraliser l’agent infectieux. On a déjà de bons candidats (ndlr: les travaux ont débuté en avril)

Traitement et prévention

Le CHUV espère pouvoir isoler d’ici à la fin de l’année 2020 plusieurs anticorps avec un haut pouvoir neutralisant.

Ces anticorps pourraient être utilisés dans les traitements des patients ayant contracté le nouveau coronavirus (dans la phase précoce de l’infection, a priori) pour éviter que ce dernier ne se développe. Ils pourraient aussi être administrés en prévention chez les personnes vulnérables comme les seniors.

Courte durée de vie

«Contrairement au vaccin, les anticorps ne donnent pas une protection à long terme, précise le Pr Pantaleo. Ils survivent entre deux et trois semaines. Mais on peut imaginer les modifier et prolonger leur vie en vue de les administrer au patient tous les deux à trois mois.»

Actuellement, la plupart des anticorps sont donnés par voie intraveineuse. Mais l’industrie est en train d’étudier un autre moyen: une «simple» piqûre que le patient pourrait se faire lui-même.

CHUV élu européen

C’est CARE (Corona Accelerated R&D in Europe) qui finance la recherche du CHUV à hauteur de 5 millions. Parmi les 37 partenaires impliqués dans ce gros projet européen, l’hôpital vaudois est la seule institution en charge du développement d’anticorps monoclonaux humains comme stratégie thérapeutique.

Le CHUV cherche par ailleurs des anticorps capables de neutraliser tous les types de coronavirus dits «bêta», «dans l’éventualité de l’émergence d’un virus SARS-CoV-2 contenant des mutations résistantes notamment».