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AfghanistanLe groupe État Islamique prend d’assaut une prison

Dimanche, des hommes du groupe État islamique ont attaqué la prison de Jalalabad. Les combats sont toujours en cours et il y a au moins trois morts.

L’attaque aurait également fait des dizaines de blessés.
L’attaque aurait également fait des dizaines de blessés.
KEYSTONE

Des combattants du groupe djihadiste de l’État islamique ont lancé dimanche une attaque d’envergure contre une prison de l’Est de l’Afghanistan. Ces combats interviennent aux dernières heures de trois jours d’une trêve globalement respectée entre les talibans et les forces afghanes, sur fond d’espoir de pourparlers de paix.

Dimanche soir, après avoir fait exploser un véhicule des hommes armés ont pris d’assaut la prison de Jalalabad, où sont détenus de nombreux talibans et membres du groupe État islamique (EI). L’assaut a fait au moins trois morts et cinq blessés, selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Tareq Arian.

Dans un communiqué publié par son agence de propagande Amaq, l’EI a revendiqué l’attaque. Les djihadistes du groupe État islamique n’étaient pas partie prenante de la trêve entre talibans et forces de sécurité.

«Les combats continuent»

«Les combats continuent» et «un certain nombre» d’assaillants «ont pris position sur un marché près de la prison et affrontent les forces de sécurité, a expliqué à l’AFP Attaullah Khogyani, porte-parole des autorités de la province de Nangarhar, dont Jalalabad est la capitale, assurant que les forces gouvernementales «contrôlent la situation».

Un porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid a nié toute responsabilité du groupe dans cette opération. «Nos moujahidines ne sont pas encore autorisés à mener des attaques», a-t-il assuré à l’AFP, à quelques heures de la fin d’une trêve de trois jours, décrétée jusqu’à dimanche à minuit à l’occasion des festivités musulmanes de l’Aïd al-Adha.

Selon un haut responsable sécuritaire afghan ayant requis l’anonymat, certains assaillants ont réussi à prendre position dans l’un des miradors, et empêchent les forces de sécurité d’entrer dans l’enceinte de la prison.

Détenus évadés

Un nombre – variable, selon les sources – de prisonniers est parvenu à s’échapper dont certains ont été repris. «Environ 100 prisonniers, probablement plus, ont tenté de s’échapper de la prison» mais la plupart ont été rattrapés, a assuré Tareq Aziz, porte-parole de la police du Nangarhar.

Une autre source sécuritaire s’exprimant sous le couvert de l’anonymat a elle dénombré «au moins 300» détenus évadés, estimant qu’environ les deux-tiers avaient été à nouveau capturés. Selon cette source les assaillants ont distribué des armes à des prisonniers.

Même revendiquée par l’EI, cette attaque sanglante a de fait interrompu trois jours de calme relatif à travers le pays, les autorités n’ayant fait état d’aucun heurt majeur depuis le début vendredi de la trêve, troisième pause seulement en 20 ans de combats entre talibans et forces afghanes.

Processus de paix

Avant l’attaque, Sediq Sediqqi, porte-parole du président afghan Ashraf Ghani, avait émis le vœu d’une prolongation du cessez-le-feu au-delà de dimanche. «Nous espérons que les talibans ne vont pas reprendre les violences» après la fin de la trêve, avait-il déclaré.

Le respect de la trêve a aussi fait espérer une avancée dans le timide processus de paix récemment entamé. Le président Ghani et les insurgés ont laissé entendre que des pourparlers sans cesse repoussés entre gouvernement et talibans pourraient débuter après l’Aïd.

Les autorités afghanes ont libérés depuis vendredi 300 détenus talibans supplémentaires, portant leur total à plus de 4900 dans le cadre d’un échange de prisonniers considéré par les talibans comme un préalable à toute négociation de paix. Kaboul refuse toujours d’en libérer des centaines d’autres considérés comme trop dangereux par le président afghan.

AFPE/AFP