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Bande dessinéeDes canards plein les cases

Pour son premier album, Flavie Ndam raconte en images la fameuse fanfare genevoise des Cropettes.

Flavie Ndam, une auteure à suivre.
Flavie Ndam, une auteure à suivre.
Ph. Muri

Elle joue aussi bien du saxophone qu’elle manie le stylo et l’aquarelle. Fraîchement diplômée de l’École supérieure de bande dessinée et d’illustration (ESBDI) à Genève, Flavie Ndam a parachevé son cursus en réalisant un album de BD consacré à la Fanfare des canards des Cropettes. Une formation bien connue dans le canton, au répertoire éclectique et aux costumes colorés. «J’en fais partie depuis 2017 et je la trouve tout simplement incroyable», raconte la jeune femme de 22 ans, enthousiaste.

Elle qui a suivi le Conservatoire à Apples (VD), puis à La Chaux-de-Fonds avant de débarquer au bout du lac, s’est rapidement intégrée dans ce band composé à la fois d’amateurs et de professionnels. «Il y a beaucoup de respect et d’amour entre les musiciens. Comme on n’a pas tous le même niveau, on sait qu’à certains moments, il va survenir des fausses notes. Mais ce qui est plus fort que tout, c’est l’envie de jouer ensemble.»

«Patos in les Cropettes», détail de la couverture.
«Patos in les Cropettes», détail de la couverture.
AGPI

Passionnée par la BD de reportage elle apprécie notamment les albums de Joe Sacco, avec lequel elle a eu l’occasion d’échanger lors d’un workshop à l’ESBDI en février dernier –, Flavie Ndam a interrogé différents membres de la fanfare des Cropettes pour son album. «J’ai posé plein de questions, pris une foule de notes et de croquis. Les anecdotes ont fusé.»

Pas à l’abri d’un couac

Dans une première partie, elle évoque l’histoire de cet orchestre burlesque fondé en 1994 à l’Îlot 13 dans le quartier des Grottes, et composé de saxos, clarinettes, trompettes, trombones et autres percussions. L’occasion d’expliquer en images le pourquoi du comment de ces canards jamais à l’abri d’un couac. La suite du récit se déroule à Milanun déplacement mémorable – avant une conclusion racontant en images un concert à lÉcurie. La bédéaste y brosse le portrait de nombreux musiciens.

«Ce premier album me donne l’envie d’effectuer d’autres reportages en BD»

Flavie Ndam, auteure

Tiré à 600 exemplaires et édité par l’Association genevoise pour la promotion de l’illustration et de la bande dessinée (AGPI), «Patos in les Cropettes» doit son titre à un morceau composé par le directeur de la fanfare, Cédric Schaerer. «Patos, ça veut dire «canard» en espagnol», précise la jeune biographe des musiciens du cru, qui ne compte pas s’arrêter en chemin. «Ce premier album m’a énormément fait progresser. Il me donne l’envie d’effectuer d’autres reportages en bande dessinée, peut-être dans le domaine du cirque, du côté du social ou des communautés LGBT.» En parallèle, Flavie Ndam travaille sur un polar scénarisé par un de ses amis. «Et je n’abandonne pas la musique», précise cette auteure à suivre.

«Patos in les Cropettes», par Flavie Ndam. Éd. AGPI
Dédicaces par Flavie Ndam, Papiers gras, 1, pl. de l’Île. Di 1
er nov., 13 h - 15 h