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Encre bleueDes balcons silencieux

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«Aujourd’hui à 20  heures je serai sur mon balcon pour taper des mains afin de montrer aux infirmiers et à tout le personnel de l’hôpital que nous sommes en pensées avec eux. Et que je les remercie.» Josette m’a écrit ces mots en début de semaine.

Alors, le soir dit, je suis allée ouvrir la fenêtre et j’ai tendu l’oreille. Pas le moindre applaudissement. Rien. À part les pétarades d’une moto en goguette, c’était silence radio.

Josette doit habiter dans un autre quartier. Elle a sans doute tapé dans ses mains avec une belle énergie. Qui sait si son exemple a poussé ses voisins à faire de même? Et les voisins des voisins? Et ainsi de suite? Mais ça semble plutôt mal parti…

Car la plupart des gens en ont désormais marre de tout. Même de la solidarité. Même de ces petits signes de connivence que l’on se faisait d’une fenêtre à l’autre après les applaudissements. Même de ces rendez-vous qui permettaient de supporter ce temps de semi-­confinement en témoignant notre reconnaissance au personnel médical.

Faut dire qu’au printemps c’était nouveau. Il y avait l’espoir de s’en tirer sans trop de dégâts. L’envie d’être soudés face à l’adversité. Et puis on allait vers le beau. Vers l’été.

Là, nous n’allons pas vers des jours meilleurs. Ça se sent. Il y a de la lassitude, des craintes. Des grognes.
C’est le retour au chacun chez soi, chacun pour soi, retranché derrière son masque. À l’abri des autres. Dommage!
À 20  heures, à l’heure de la seconde vague, les balcons sont silencieux. La faute au froid sans doute aussi. Ou à la nuit qui tombe si vite.

Les applaudissements chaleureux sont remplacés ça et là par des masques grimaçants de Halloween, éclairés parfois par une bougie. Animation assurée au balcon. Mais c’est pas pareil...

14 commentaires
    BoTaNIc

    Il faudrait aller applaudir devant le parlement qui cherche à baisser le traitement de ces employés d'Etat, indispensables.