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SolutionsDes ambassadeurs pour mieux trier le PET

L’association PET-Recycling Schweiz mène jusqu’au 17 octobre une grande campagne cantonale de sensibilisation près des écopoints installés à Genève.

Veronica, ambassadrice du PET, en plein travail d’information sur un écopoint de Plan-les-Ouates. Photo: Lucien Fortunati.
Veronica, ambassadrice du PET, en plein travail d’information sur un écopoint de Plan-les-Ouates. Photo: Lucien Fortunati.
TDG

Vous les avez peut-être déjà croisés. Ils portent des t-shirts bleus frappés du logo PET jaune et bleu. Ces jeunes sont des ambassadeurs et ambassadrices du recyclage de ce polyéthylène téréphtalate (son nom scientifique), une matière synthétique de la famille des polyesters. Elle est bien connue de tous, on ne compte plus les bouteilles de boissons en PET. Mais on les confond parfois avec d’autres emballages. Ce qui est très regrettable lorsqu’on trie ses déchets.

C’est pour cela que PET-Recycling Schweiz, une association fondée en 1990, mène jusqu’au 17 octobre une grande campagne cantonale de sensibilisation près des points de collecte genevois. Les ambassadeurs et ambassadrices, des étudiants formés pour l’occasion, sont là pour vous aider à faire les bons choix.

Opération sur le terrain

Veronica, rencontrée à Plan-les-Ouates la semaine passée, est l’une de ces ambassadrices. «C’est ma deuxième semaine sur le terrain. Ça se passe bien, les gens sont très polis, mais il y a encore du boulot!» C’est-à-dire? «Notre objectif est d’aider les personnes se rendant sur les écopoints, ainsi que les passants, à trier correctement le PET à boissons.» Munie d’un questionnaire basique façon quiz, Veronica les aborde avec trois questions: s’agit-il d’une bouteille? Contenait-elle une boisson (mais pas du lait, considéré comme un aliment)? La bouteille est-elle en plastique PET frappé du logo idoine? «Il ne s’agit pas seulement de leur dire ce qui est juste ou faux, mais aussi de les informer plus complètement, poursuit l’étudiante. Par exemple sur ce que deviennent les bouteilles en PET, où jeter les autres déchets (bouteilles d’huile, de lait, de shampooing, contenants en plastique), où se trouvent les autres écopoints les plus proches, les avantages écologiques que représente le recyclage du PET à boissons, etc.»

«Les gens utilisent quotidiennement le PET, mais ne le connaissent pas bien, enchaîne Pascal Simonetto, responsable du bureau romand de PET-Recycling Schweiz. Il faut savoir, entre autres, que le recyclage de cette matière sert en priorité à confectionner de nouvelles bouteilles en PET, mais aussi d’autres produits de qualité supérieure, tels des vêtements de sport, des tentes, des sacs à dos, etc.

Genève bon élève

Le recyclage permet également chaque année l’économie de dizaines de millions de litres de pétrole. Près de 45’000 tonnes de ces bouteilles ont été vendues en Suisse en 2019, et 36’000 tonnes ont pu être recyclées.»

Genève est-il un bon élève en la matière? «Il sort du lot, grâce à ses 500 écopoints, relève-t-il. Leur nombre élevé est sûrement dû au fait que le canton n’applique pas la taxe au sac, d’où la volonté de l’État de bien trier les déchets.»

Ainsi, en 2019 toujours, 1200 tonnes de bouteilles en PET ont été collectées dans les écopoints gérés par les communes et 400 tonnes sur des points de collecte volontaire (entreprises, piscines, centres sportifs par exemple). «À cela s’ajoutent 50 tonnes provenant des Migros genevoises, précise Pascal Simonetto. Nous n’avons pas de chiffres précis pour les autres commerces de détail, qui, contrairement aux collectivités publiques, ont l’obligation d’installer des points de collecte du PET.»

Offensive à Plan-les-Ouates

Plan-les-Ouates figure parmi les cinq meilleures communes genevoises en matière de récupération du PET. Mais c’est un combat de tous les jours, reconnaît Valentin Irschlinger, l’«agent vert» de la Commune et bras droit de la déléguée à l’environnement. «Nous avons choisi d’installer un maximum d’écopoints sur le territoire communal, soit 24, avance-t-il. D’autres projets sont en cours, en fonction de la construction de nouveaux immeubles ou quartiers. Cela répond au souhait de nos habitants, qui désirent bien trier leurs déchets. Mais malheureusement, on retrouve régulièrement des bouteilles en PET dans les poubelles.»

Par ailleurs, la proximité de la frontière française pose parfois quelques problèmes, «car en France, le tri ne s’opère pas de la même manière qu’en Suisse, indique-t-il. Il y a donc un risque que des personnes, même bien intentionnées, jettent leurs déchets dans la mauvaise benne.»

Chasse aux corps étrangers

Et si l’usager de l’écopoint se trompe? «C’est dommageable, bien sûr, pour deux raisons principales, explique Pascal Simonetto. D’une part, s’il y a trop de corps étrangers dans une benne de récupération du PET, la Commune ne touche pas la rétribution prévue. D’autre part, si la proportion de matières étrangères est trop élevée, le recyclage n’est plus possible ou n’en vaut plus la peine. Certains écopoints genevois ont hélas des taux de corps étrangers (plus de 25%) bien au-dessus des valeurs de villes suisses comparables. Raison pour laquelle nous mettons sur pied des actions de sensibilisation, avec l’aide des communes genevoises.»