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L’invitéeDernier renfort pour la défense de Tariq Ramadan

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Saïda Keller-Messahli
Saïda Keller-Messahli
Annick Ramp

Citoyen suisse d’origine égyptienne, superstar de certains cercles musulmans et de la gauche tiers-mondiste, Tariq Ramadan a été ces dernières années l’intervenant vedette de plusieurs congrès des Musulmans de France au Bourget.
Les années 1990 ont vu non seulement l’émergence de plusieurs organisations nationales et paneuropéennes des Frères musulmans, mais aussi celle d’une figure censée représenter un islam «modéré» et compatible avec les valeurs démocratiques.
Acclamés par certains musulmans de banlieues en manque de représentation politique, ses livres et cassettes connaissent une large diffusion. Le Qatar l’adoube en finançant la chaire d’islamologie de la prestigieuse université d’Oxford où il enseigne. Et en 2005, après les attentats de Londres, Tony Blair lui demande de rejoindre un groupe de recherche contre l’extrémisme.
Mais plusieurs plaintes pour viol sont déposées contre lui en 2017. La chute du professeur d’islamologie autoproclamé et du modèle d’éthique musulmane sidère le monde. L’Université d’Oxford lui donne son congé. Puis, en septembre 2019, dans un communiqué de presse, les Frères musulmans stipulent que le comportement de M. Ramadan équivaut à une trahison et qu’il contredit les principes moraux attendus d’un prédicateur de l’islam. Mais, en dépit de leur désaveu officiel, ils continuent de le défendre.
En France, Tariq Ramadan a été mis en examen pour le viol de quatre femmes et, en Suisse, un acte d’accusation identique est en cours. Incarcéré en 2018 à la prison de Fleury-Mérogis et ensuite à celle de Fresnes pendant neuf mois, il obtient sa libération contre une caution de 300’000 euros, la remise de ses passeports et l’interdiction de quitter le territoire français.
Depuis le début des investigations, Tariq Ramadan n’a cessé d’attaquer la justice française pour racisme systématique et partialité des juges. Il prétend être persécuté au seul motif de sa religion, mais se garde bien de reconnaître que parmi ses victimes présumées de viol, toutes sont musulmanes ou intéressées à l’islam.
Son entourage attaque avec beaucoup de zèle tous ceux qui ne voient pas en lui la pure lumière de l’islam «européen». Une enquête laisse cependant entendre que 60 à 85% de ses adeptes sur Twitter ne seraient pas réels, car la plupart d’entre eux n’ont émis qu’un seul tweet et n’ont pas de profil.
Pour le défendre, ses partisans auraient obtenu des détails personnels sur «Christelle», une de ses victimes, en corrompant un membre alors actif de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure). Depuis, ils n’ont cessé de harceler cette femme sur les réseaux sociaux et jusque dans sa rue.
Suite à cette inquiétante révélation, Tariq Ramadan a engagé un troisième groupe d’avocats pour assurer sa défense. Nabila Asmane et Ouadie Elhamamouchi sont des avocats militants spécialisés dans la lutte contre l’islamophobie. Ils arrivent à point nommé pour renforcer le narratif victimaire classique des Frères musulmans.