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Lettre du jour Départ dans une solitude totale

Thônex, 16 novembre

Genève, dans sa grande sagesse sanitaire, a préféré refermer ses commerces et lieux accueillant du public. Soit!

À y regarder de plus près, on se posera quelques questions.

Les patients en EMS sont enfermés dans leur chambre, sans aucune activité quotidienne ni stimulation cérébrale et physique. C’est une accélération du passage vers l’au-delà.

Que comprennent-ils de cet isolement? Ne se sentent-ils pas comme des pestiférés? Même les «relations» par Skype, qui n’étaient pas idéales, ont cessé. Ils n’ont plus que quatre murs et quelques soignants masqués venant apporter de la nourriture et des soins.

Des décisions inhumaines ont conduit les patients à l’isolement avec, pour conséquence logique, une mortalité très élevée due à la tristesse et au sentiment d’abandon principalement.

L’interné laissé dans son coin vit son «départ» dans une solitude totale. Cet état de fait culpabilisera sa famille pour le reste de ses jours: ne pas avoir résisté aux mesures, ne pas avoir désobéi à l’État et cautionné ainsi l’abandon de son proche.

Un sentiment de lâcheté et de regret prendra alors le dessus, mais il sera trop tard.

À l’heure où la Suisse alémanique et le Tessin vivent quasi normalement (hôtels, restaurants, commerces, EMS, sont accessibles), nous laissons défiler des grévistes non masqués pour une bonne partie, avec une bienveillance émouvante, alors que le bon peuple bien obéissant se voit privé de la presque totalité de sa liberté et d’un minimum de rapports humains.

De qui se moque-t-on?

Michèle Sonzogni

5 commentaires
    JJB

    Il serait souhaitable que notre conseil d’état lise cet article et se dépêche de rectifier le tir!!

    Tellement vrai